Le Grand Port de Guadeloupe ou la contagion NDDL

Février, c'est  carnaval dans la Caraïbe !  Retenant cette période pour lancer une furtive enquête publique d'à peine 30 jours sur le projet de "Grand Port de Guadeloupe", le gouvernement escompte un faible intérêt populaire, néanmoins alibi lors de probables conflits. Pour le LKP ce projet de port  dissimule l'ambition de faire de la Guadeloupe la plaque tournante du commerce de marchandises dans la Caraïbe. Du monde entier devraient  débarquer chaque année en Guadeloupe pas moins de 1 200 000 containers.

Tel Notre-Dame-des-Landes, le projet est vorace en terres, il prévoit la construction d'infrastructures propres à l'accueil des super-cargos chargés de milliers de caisses en provenance du canal de Panama, élargi pour la circonstance. Du NDDL dans le texte : le plan gouvernemental évoque la création de centaines d’emplois.

Pas subjugué, pas dupe, le LKP dénonce un projet redoutable pour la Guadeloupe et les îles caraïbéennes : le  Grand Port est un danger pour l’environnement. La construction de cette plateforme exigera de creuser au-delà de 17 mètres de profondeur. Les excavations et le dépôt des matériaux extraits entraîneront la destruction des fonds marins, de la faune et de la flore pour des décennies. Exit les plages mondialement connues de Goyave à Marie-Galante, de Sainte-Anne et Saint-François.

Mais ici et là-bas, le capitalisme a des idées : verdissement des murs de l'Ayroport, restauration des communautés coralliennes par immersion de récifs artificiels dans la Caraïbe !

Le Grand Port serait un désastre pour l’agriculture, l’agro-transformation et la petite industrie. Les containers achemineront aussi bien des ignames que des patates ou des ananas, melons et autres produits manufacturés, en provenance de pays où le travail est encore plus mal payé qu'en Guadeloupe. À terme, pourquoi pas du sucre ? interroge vertement le LKP.

Le Grand Port annonce aussi la mort du foncier agricole. Sans production, plus de terres agricoles, il faudra bien stocker les containers sur différents sites. Les plaines fertiles livrées à la spéculation immobilière deviendront d'immenses zones de stockage, tailladées de routes d'accès.

Le Grand Port tueur d’emploi. La création d’emplois sera inférieure à la destruction d’emplois directs et indirects engendrée par ce projet. Entre faillites d'agriculteurs, disparition des terres agricoles, de l’agro-transformation, de la petite industrie, des commerces : des milliers d’emplois sont dans le viseur. Problématique connue en Loire Atlantique et sur tous les sites retenus pour de grands projets inutiles, coûteux, dangereux.

Enfin le Grand Port apparait funeste pour l’ensemble caraïbéen. Déjà menacé dans ses identités, il se résumerait vite à la seule activité de consommation, défait de toute capacité de production, à terme condamné à mort.

Le LKP appelle les Guadeloupéens à se rendre dans les mairies concernées, à manifester leur mécontentement, à s’opposer au projet.

Préserver la terre, préserver la vie des hommes et des territoires, ici et la-bas ! Verre de rhum, verre de lambig, nos luttes sont faites pour se rencontrer...

Catherine Destom-Bottin. Publié sur le site de Cérises.

 

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