Les meilleurs vœux de Gattaz !

Le Président du MEDEF, Pierre Gattaz, est « prêt à jouer le jeu » avec Hollande. Il est content : « Le Président de la République a parlé d’abus de la protection sociale ». Eux, les patrons, ont dit qu’ils étaient capables de créer un million d’emplois.

Sinistre répétition : le tournant de 1983 avait été pris par le gouvernement Mauroy-Mitterrand avec la même logique. Et on connaît les suites…

Yvon Gattaz, le père, avait exigé des allègements de charges en promettant que les patrons allaient créer 471000 emplois. Exigences satisfaites, dès le 16 avril 1982, lors de la grande réunion gouvernement - CNPF à Matignon : arrêt de l'augmentation des charges des entreprises, écrêtement de leur taxe professionnelle en échange de l'engagement d'investir. En 1982, Yvon Gattaz rencontra sept fois en tête-à-tête le président François Mitterrand à qui il fait part de l’exaspération des chefs d'entreprises : « Les entreprises sont exsangues, il faut stopper les saignées qu’on leur impose pour financer le progrès social ». L’événement le plus spectaculaire de cette période fut le rassemblement de 28 000 chefs d'entreprise dans le tout nouveau parc des expositions de Villepinte, le 14 décembre 1982 qui changea la nature des rapports entre le CNPF et le gouvernement. En 1986, Yvon Gattaz devient président d'honneur du CNPF, aujourd'hui rebaptisé MEDEF.

Hollande veut tenir son cap, dit-il. Mais son cap est à l’opposé des attentes populaires !

Après les patrons bretons, plus écoutés que les mobilisations populaires en Bretagne et ailleurs, voilà l’état-major du CNPF-MEDEF en selle. La droite et le PS ont trouvé leur « mentor » : les conseillers en politique néolibérale, antisociale, au nom des « intérêts de la France dans la concurrence internationale ». Dans son interview au Monde (lundi 6 janvier), Gattaz fils a même des accents à la Montebourg : « faire en sorte que les entreprises reviennent telles des abeilles butiner les fleurs françaises », et faire en sorte que les citoyens aient du travail.

De telles connivences, publiquement revendiquées, ont un sens : la grande coalition, en France, sera entre Gattaz et Hollande comme celle entre Merckel et le SPD en Allemagne. Cela permettra que les ambitions et les calculs des chefs de la droite aient le temps de se développer jusqu’à de nouvelles échéances importantes. Pendant ce temps, les destructions des formes de la solidarité seront terribles, si on laisse Hollande faire ce qu'il a promis aux patrons.

Un début d’année rude : ne nous laissons pas mettre le dos au mur. Les moyens pour une politique totalement différente existent.

Avis aux socialistes et aux membres d’EELV qui ne voudraient pas être dirigés par le patron des patrons : venez construire avec nous l’alternative que le plus grand nombre souhaite ! Mettons en œuvre une transformation radicale, sociale et écologique ! C'est possible à condition de changer la propriété des grandes entreprises, de les socialiser et de les démocratiser, comme les services publics, en les mettant au service de productions respectueuses de l’écologie. Personne n’est de trop dans notre société. Toutes les situations de précarisation, de pauvreté et de souffrance au travail appellent un sursaut.

D'autres mesures d'urgence s'imposent : rejet de la fiscalité injuste à commencer par les mesures sur la TVA, arrêt du projet de Notre Dame des Landes (manifestons le 22 février !), refus des fermetures d’entreprises et de leur réorganisation, fin des attaques contre la SNCF et créations d’emplois pour l’école et la santé.

Ce n’est donc pas sans raisons que nous disons « halte au feu ». Les polémiques au sein du Front de gauche doivent cesser : soyons, ensemble, le moyen de mobiliser pour le changement !

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