Les municipales à Caen...

Le discrédit du gouvernement est sensible. Hollande a comme objectif la transformation du Parti socialiste français en un « New Labour », suivant les pas de Tony Blair.

Pour les municipales, à Caen, cette situation nationale se décline. Le maire sortant, Philippe Duron, est aussi député et responsable de la politique d’austérité menée par le Président. Il ne s’est pas démarqué, contrairement à certains élus de la Région. Il a voté l’ANI et tous les textes s’attaquant au niveau de vie des salarié(e)s.

La droite, au pouvoir de la mairie depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ne sait trop sur quel leader compter. Elle en a de trop. Conséquence, trois listes à droite sont annoncées, dont une du Front National. Il faut souligner que les haines à droite sont profondes et tenaces. Fait aggravant, la droite UMP et ses alliés ne sait trop comment se différencier politiquement de Hollande et par-là même de Duron. Le débat politique patine et ripe sur des questions annexes passant par des attaques ad nominen du député maire.

Pour le moment, à un peu plus de deux mois de l’échéance, cette élection – c’est le moins qu’on puisse dire – ne passionne pas les foules. Si ce climat délétère se poursuit, il faut craindre une très forte abstention et une montée apparente du Front National, du bleu marine.

A gauche, trois listes aussi pour le moment toujours. Une de EELV, avec comme tête de liste Rudy L’Orphelin, ex-adjoint de Philippe Duron et donc issu de la majorité municipale ; une conduite par Philippe Duron incluant les élu(e)s du PC et celle conduite par Etienne Adam réunissant toutes les composantes du Front de Gauche sauf le PC évidemment à laquelle s’est adjoint un NPA sensiblement en perte de vitesse, « L’alternative à gauche ». LO fera liste à part vraisemblablement sans encore l’annoncer.

Un Front de gauche fissuré

Sur le Calvados, et sur Caen en particulier, les composantes du FdG – PC, PG, GA, GU, FASE – avaient réussi à faire vivre un comité de liaison qui se réunissait régulièrement et était à l’initiative des campagnes électorales et de réunions publiques de débat.

La préparation des municipales a provoqué un débat intense dans le PC. La décision de construire une liste FdG ou de passer un accord avec le PS dés le premier tour a coupé le PC en deux dans un premier temps. Les dirigeants, soucieux de conserver un semblant d’unité, ont attendu pour faire voter les militant(e)s. Et ont fait attendre les autres composantes. Finalement, c’est à plus de 80% début décembre que la décision a été prise de faire liste commune avec le PS. Les élu(e)s ont gagné.

La réaction du PG a été de quitter le Comité de Liaison. Nous avons décidé, GA, GU, Fase de rester et de continuer à débattre avec le PC. La préparation des élections européennes détermine aussi cette position. En même temps, la profondeur du débat dans le PC suppose de rester et d’essayer de peser sur les évolutions futures. D’autant que, à Hérouville – la ville voisine faisant partie de l’agglomération, longtemps ville de gauche désormais dirigée par un Modem – le PC participe à une liste citoyenne menée par un non encarté, Joël Letensorer, qui bénéficie d’une dynamique visible et peut faire jeu égal avec la liste du PS.

Notre liste, l’alternative à gauche

La liste, qui n’est pas encore totalement constitué,e est une liste ouverte à tous les acteurs et actrices de la vie sociale et sociétale. Nous avons décidé d’une double tête de liste d’un commun accord, Etienne Adam (« Ensemble ») et Béatrice Dupont, non encartée et candidate du FdG aux élections législatives.

La campagne que nous voulons mener, pour cette liste d’alternative à gauche, est une campagne citoyenne. Nous voulons, sur la base du refus de toute politique d’austérité, une campagne en lien avec les associations qui défendent les droits pour toutes et tous pour faire la démonstration que la politique peur changer la donne. Qu’il est possible de développer les services publics par une régie municipale de l’eau, par des transports gratuits, par la priorité au logement social, par une politique de la culture et surtout par le développement de la démocratie en créant des lieux de socialisation pour recréer du collectif.

L’Acte 3 de la décentralisation a commencé à se mettre en place par la création des Métropoles. La traduction en sera une dépossession des compétences des autres collectivités territoriales. Cette nouvelle donne invite à s’interroger sur des formes de pouvoir anti démocratiques privant les citoyen(ne)s de toute possibilité d’intervention. La technocratie est l’autre face de la médaille de la barbarie.

Les jeux sont ouverts. Il est difficile de faire un pronostic qui ne soit pas un vœu pieu et une certitude dénuée de tout fondement matériel. La campagne sera décisive. Il nous faudra convaincre... Reconnaissons que ce sera difficile dans cet environnement où tout débat politique semble voué à l’échec, où règne un adage « On n'attendait rien d’eux… Et ils nous ont quand même déçus »…

Nicolas Béniès

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