L’expérience d’Aporrea. Médias alternatifs, débats critiques et processus bolivarien

Un trait caractéristique de la révolution bolivarienne a résidé et réside dans la prolifération et l’essor des médias communautaires et alternatifs, en réponse à l’hégémonie capitaliste sur les moyens de communication et le contrôle de leur contenu. C’est un phénomène qui s’est développé dès le début de la révolution dirigée par Hugo Chávez mais surtout depuis la victoire populaire face au coup de force d’avril 2002.

Aporrea : l’espace médiatique et le débat dans la révolution bolivarienne

L’un des médias alternatifs les plus importants et les plus référencés de la révolution bolivarienne est sans aucun doute le Site Web de Communication Populaire Aporrea.org, à la fois site, messagerie et agence de presse des mouvements populaires vénézuéliens. Il s’agit bien du média le plus remarquable, le plus consulté et le plus utilisé de la révolution bolivarienne et du chavisme, un véritable phénomène en termes de communication. Le nombre de consultations varie avec les péripéties de la lutte de classes et le climat politique du processus bolivarien, passant de plusieurs dizaines de milliers de visites quotidiennes à cent mille et jusqu’à plus de deux cent mille visites en fonction de l’intensité des conflits et des débats qui marquent la vie politique du pays.

Entre 30 % et 60 % des connections viennent de l’international, le site est la principale référence mondiale sur la révolution vénézuélienne, répartis entre les autres pays latino-américains, les États-Unis et l’Espagne.

Depuis treize ans, Aporrea est une fenêtre ouverte au peuple, avec des informations, des reportages, des documentaires de dénonciation, des documents audio et des vidéos élaborés au cœur et en collaboration avec les mouvements sociaux et les composantes politiques de la révolution bolivarienne. Les informations des organisations syndicales, communales, paysannes, indigènes, de genre et de sexe, populaires de tout type ou d’associations politiques et culturelles qui s’inscrivent dans la défense de la révolution trouvent dans Aporrea un lieu par excellence pour leur diffusion nationale et internationale. Les informations des médias officiels et conventionnels sont également publiées. Mais ce qui fait l’originalité d’Aporrea c’est la multitude d’auteur(e)s qui y écrivent et y polémiquent, allant de militants chavistes de base qui donnent leur avis, jusqu’à des intellectuels éminents, des dirigeants politiques et des universitaires qui débattent des problèmes cruciaux de la révolution. Aporrea s’est pratiquement imposée comme le principal instrument et le lieu du débat politique, de l’expression et de la discussion démocratique dans le cadre du chavisme, où on peut trouver les positions, critiques et propositions de beaucoup de mouvements et courants, d’auteurs d’articles et d’essais, des travaux de recherche, des propositions théoriques ou de simples réflexions de citoyens qui partagent leurs expériences et leurs préoccupations sur les événements et les perspectives de la révolution.

Par ailleurs, le Forum d’Aporrea est le lieu où s’entrecroisent les commentaires sur l’actualité quotidienne et les matrices d’opinion, où se produisent souvent des joutes colorées entre contributeurs de différentes tendances politiques, tant au sein du chavisme qu’émanant de l’opposition, sous la condition que ces échanges s’inscrivent dans un cadre respectueux. Cette ouverture et ces facilités ouvertes à la libre expression, le peuple bolivarien et les porte-parole de ses organisations ne les trouvent pas dans les médias privés, dominés par le capital et les partis de droite qui derrière une apparente ouverture s’appuient sur des agences occultes qui manipulent et falsifient les informations. Ils ne les trouvent pas non plus dans les médias peu développés et bureaucratisés de l’État, alors qu’ils devraient se mettre au service de la base sociale du processus révolutionnaire et du pouvoir populaire. Pour la droite, Aporrea est la voix du chavisme radical, intransigeant face à l’impunité et mordant avec la conciliation, une parole combative, le corps de l’intelligence sociale de la révolution qui lance des alertes ou appelle à la mobilisation dans l’urgence à chaque tentative de renverser le pouvoir bolivarien. C’est pourquoi la bourgeoisie et les secteurs contre-révolutionnaires la détestent, même si elles ne cachent pas leur curiosité pour les critiques et le ton irrévérencieux dont elle fait preuve face au gouvernement, à l’opposé de la mansuétude manifestée par les militants cooptés et gérés par la bureaucratie.

Après la disparition de Chávez, alors que la polémique révolutionnaire se développe face au gouvernement de Nicolás Maduro, l’engagement d’Aporrea en faveur des voix critiques qui s’élèvent du peuple, pour la confrontation d’idées, la dénonciation de la corruption et le contrôle populaire, la place qu’elle donne aux informations sur l’inconsistance et les insuffisances de la politique gouvernementale, la mise à nu de traîtrises et d’escroqueries, tout cela lui a valu la méfiance et jusqu’à une franche hostilité de la caste de fonctionnaires privilégiés et de cadres dirigeants du gouvernement ou du parti au pouvoir, le PSUV. Le rôle d’Aporrea comme espace d’expression de la critique et de propositions alternatives pour la révolution bolivarienne a suscité un profond courroux parmi les secteurs dirigeants très susceptibles qui sont allés jusqu’à les dénoncer publiquement ou en privé comme des « infiltrés », des « agents de la CIA » ou des « saute-barrière », qualificatif attribué à ceux qu’on accuse de déserter le chavisme.

En pleine discussion sur les mesures prises par le gouvernement Maduro, accusé par certains d’avoir abandonné l’héritage de Chávez, Jorge Giordani, l’ancien ministre de la Planification qui a conduit la politique économique sous Chávez et a été destitué par Maduro, a publié dans Aporrea une lettre intitulée « Témoignage et Responsabilité face à l’Histoire » qui a été lue par plus de 250 000 personnes. Un autre ancien ministre de Chávez, Héctor Navarro, sanctionné et évincé de la direction du PSUV pour avoir pris la défense de Giordani, a également été lu par des dizaines de milliers d’internautes. Dans les rangs du pouvoir, au gouvernement et à la direction du PSUV, Aporrea est considérée de plus en plus comme un laboratoire d’informations et d’opinions critiques qui obéit à une ligne éditoriale d’inspiration conspiratrice. C’est ne pas comprendre que les mouvements populaires et les personnes qui envoient leurs articles agissent de façon spontanée, qu’Aporrea ne donne pas à voir une réalité artificielle mais celle que perçoit un vaste éventail d’acteurs sociaux et politiques de la révolution bolivarienne. Aporrea ne fournit pas une information distordue en fonction d’intérêts et d’intentions propres à son équipe éditoriale mais offre de façon vivante les éléments permettant un diagnostic de la situation politique et les sentiments et les réactions qui se manifestent dans la base sociale et parmi les franges les plus actives du processus révolutionnaire. À la différence d’Aporrea, les médias du pouvoir proposent une vision édulcorée par les bureaucrates qui s’alignent sur la propagande gouvernementale, ce qui occulte toute critique, toute opposition qui relève de l’affrontement entre le peuple et la bureaucratie. Les médias du pouvoir, monopolisés par leurs administrateurs, ne sont pas les médias du peuple révolutionnaire. Par ailleurs, les médias privés, outre leur appât du gain, sont des engrenages des plans conspirateurs de la bourgeoisie et de la droite, des prophètes du désastre et du chaos, des émissaires du désespoir. Ils laissent très peu de place à la critique constructive vu que leur raison d’être, outre les affaires, est la destruction du processus révolutionnaire et le rétablissement au pouvoir de leurs formations politiques et patronales.

La naissance d’Aporrea

Aporrea a été créée en mai 2002, portée par la résistance au coup d’État antichaviste du 11 avril et à la grande mobilisation du 13 qui a rendu le pouvoir au commandant Hugo Chávez. La veille du coup d’État contre-révolutionnaire, les mouvements populaires à Caracas et les réseaux sociaux à l’échelle nationale se sont coordonnés pour affronter l’épreuve qui se dessinait et ont formé l’Assemblée populaire révolutionnaire (APR). C’est de là que vient le nom d’Aporrea, qui signifie également « golpea con una porra » (« frappe avec une matraque »). Aporrea est devenue le média ouvert à cet espace, et s’est ensuite consacré àe promouvoir la réalisation d’une Rencontre nationale des organisations populaires avec le président Chávez. Elle s’est tenue en sa présence au mois de septembre et l’un des fondateurs du site a été chargé de présenter à Chávez la plate-forme de lutte adoptée par les mouvements. Aporrea a été créée par un petit groupe de révolutionnaires expérimentés dans l’édition de publications ouvrières et de gauche, militants socialistes d’orientation trotskyste engagés dans la lutte politique populaire déjà sous la IVe République (avant l’arrivée de Chávez au pouvoir) et dès le début du processus bolivarien. Avec l’aide d’un camarade vivant à l’étranger compétent en matière d’informatique, ils ont pris l’initiative de préparer cet outil pour la lutte révolutionnaire et de le mettre au service de l’avant-garde chaviste.

Quand ils ont commencé à travailler sur le projet de ce nouveau moyen de communication, la nuit même du coup d’État, ils l’ont fait en pensant que ce serait une arme pour le combat politique dans la clandestinité, si le coup d’État était victorieux et que s’instaure un gouvernement dictatorial dont on ne pouvait prédire la durée. Mais le peuple vénézuélien a été capable d’une riposte rapide et puissante, et le 13 avril Chávez a été sauvé et rétabli à la tête de l’État constitutionnel dans l’unité civico-militaire révolutionnaire. Alors qu’Aporrea avait été conçue pour faire acte de résistance, elle s’est trouvée confrontée au lendemain du coup d’État avorté à des tâches nouvelles, visant à consolider la victoire révolutionnaire et à prévenir de nouvelles attaques, avec pour horizon l’approfondissement de la révolution. Aporrea s’était déjà fait reconnaître comme média quand une répétition des menées subversives entre fin 2002 et début 2003 s’est produite, avec le blocage-sabotage du secteur pétrolier et la fermeture par les patrons de beaucoup de centres de production et de commerces dans tout le pays. L’apparition d’Aporrea, et de quelques radios communautaires et alternatives, offrait au mouvement populaire de meilleures conditions pour tenter de rompre l’encerclement médiatique subversif imposé par les médias privés, auxquels ne suffisaient pas les médias de l’État à l’époque, Venezolana de Televisión et Radio Nacional de Venezuela. Les limites des médias officiels étaient clairement apparues, neutralisés par la subversion en leur qualité de médias exclusifs du pouvoir, incapables d’exprimer la spontanéité du mouvement populaire et de refléter son autonomie dans la lutte.

Pendant les journées d’avril 2002, les collectifs populaires ont fait le siège des grands médias privés de dimension nationale et se sont dits prêts à en prendre le contrôle pour sanctionner leur rôle dans le coup d’État. Mais le gouvernement n’a pas voulu s’engager dans cette voie et a           fait office de mur de contention face aux organisations de quartier, aux syndicats et aux mouvements de différents secteurs sociaux engagés dans la défense de la révolution. C’est ainsi qu’a pu se poursuivre la campagne subversive de ces médias avec comme nouveau point culminant la préparation et la promotion de la paralysie de l’industrie pétrolière, de très loin la principale source de devises du pays. La mention d’Aporrea dans les premières émissions du programme Aló Presidente de Chávez et son rôle dans la mobilisation populaire contre le sabotage de l’industrie pétrolière ont contribué à la reconnaissance d’Aporrea comme média alternatif de large audience, dont le mouvement populaire a fait l’une de ses armes de communication essentielles. Cela a été rendu possible par la multiplication d’initiatives autonomes à la base et par l’apparition spontanée de journalistes improvisés, Aporrea s’affirmant comme diffuseur quotidien de nouvelles et de prises de position politiques. L’Assemblée populaire révolutionnaire est l’un de ces phénomènes alluvionnaires du mouvement populaire vénézuélien, qui apparaissent et disparaissent sous différentes appellations en fonction des exigences de la situation. Actuellement, elle est animée par un collectif de travail et de lutte qui a pris la forme d’une association sans but lucratif, avec des liens vers une infinité de mouvements et d’organisations sociales et politiques de la révolution bolivarienne, ainsi qu’avec d’autres médias communautaires et alternatifs, dans un échange constant avec le site web.

Les médias alternatifs et la communication révolutionnaire, hier et aujourd’hui au Venezuela, face à l’hégémonie capitaliste et à l’État

À l’époque de Chávez, le Venezuela a vu se créer plus d’un millier de médias communautaires et alternatifs, principalement à l’initiative de collectifs autonomes dans les quartiers populaires. On en a comptabilisé davantage mais tous n’étaient pas authentiques. Ils se sont développés comme un phénomène propre à la révolution bolivarienne, sans initiative institutionnelle, avec une légitimité sociale originelle, liée aux luttes communales et à la défense des conquêtes de la révolution. Mais leur enracinement social et le soutien politique de Chávez leur ont donné une formidable impulsion et leur ont permis de bénéficier du soutien des organismes gouvernementaux pour s’équiper et obtenir une licence pour émettre au niveau des quartiers et des municipalités. Quand les institutions ne fournissaient pas l’aide nécessaire et faisaient obstacle à leur mise en service, quelle qu’en soit la raison, les communautés et les mouvements populaires forçaient le passage et obtenaient la validation de leurs projets par leur mobilisation soutenue. Pourtant, le développement des médias communautaires et alternatifs n’a pas progressé au même rythme que celui des conseils communaux et des autres formes d’organisation du pouvoir populaire. Dans la plupart des cas, les médias se sont développés d’abord et ont même joué un rôle d’impulsion de ces organes avant de se mettre dans une plus ou moins grande mesure à leur service. Les cas sont rares d’organisations communales ou de mouvements sociaux qui disposent de moyens de communication propres différents.

La révolution bolivarienne aurait dû mettre en place un système public de communications gérées par le pouvoir populaire et les mouvements, mais il n’en a rien été. Le Programme de la patrie présenté à l’origine par Chávez en 2012 s’engageait dans ses dispositions générales à « renforcer l’usage des moyens de communication comme instrument de formation pour la transition au socialisme, en valorisant les valeurs citoyennes » tout en veillant à « l’usage responsable et critique des moyens de communication ». Il précisait que « dans ce cadre, il est indispensable de développer la recherche sur la communication en tant que processus humain et outil de transformation et de construction sociale » (Programa de la Patria, Objetivo General 2.5.7.2). Il s’agit aussi de « consolider la régulation sociale des moyens de communication en tant qu’outils pour le renforcement du pouvoir populaire, en organisant et en développant le Système national de communication populaire (radios et télévisions communales, journaux communaux, écologistes, ouvriers, jeunes, partisans, syndicaux, paysans et autres) en tant qu’espace où s’articulent des signifiants et des rapports produits dans le cadre de la pratique de la communication sociale et humaine, en vue de transformer la réalité dans le cadre du Pouvoir populaire organisé » (Programa de la Patria, Objetivo General 2.5.7.3). À l’inverse, c’est le contrôle des médias par le capital privé et l’appareil d’État qui s’est prolongé et renforcé, mais aussi du fait de la direction politique bolivarienne qui s’est écartée des objectifs fixés par le Programme de la patrie. Les décideurs se battent pour l’hégémonie dans les médias dans le cadre de la propriété privée et veulent prendre le contrôle des médias privés par le biais d’investisseurs proches du pouvoir, au lieu de permettre qu’ils soient soumis au contrôle social.

Au-delà des collectifs militants qui se consacrent à la communication communautaire et alternative, les organisations sociales et celles du pouvoir populaire ne se sont pas fixé comme priorité la construction d’organes de communication autonomes, ni la création d’un rapport de forces qui leur permette de s’engager en position favorable dans la lutte médiatique avec leurs propres armes. Elles sont confrontées à leurs faiblesses et aux obstacles qui les empêchent de produire leur propre information, de rendre compte de leurs cheminements et de leurs luttes et de prendre position le moment venu face aux problèmes sectoriels comme nationaux. Le peuple a arraché des conquêtes importantes dans le domaine de la communication avec la révolution bolivarienne, mais la majeure partie des médias restent aujourd’hui aux mains de sociétés privées dont les dirigeants ne sont pas toujours dans l’opposition ou sous le contrôle du gouvernement. Les principaux médias sont entre les mains de capitalistes ou de fonctionnaires. L’objectif révolutionnaire de les remettre aux mains des mouvements sociaux, des travailleurs et des communautés organisées, qui s’inscrivait dans une vision antibureaucratique de la « transition au socialisme », n’a pas été atteint.

Aujourd’hui, les médias communautaires et alternatifs ne se développent plus et ont du mal à survivre, victimes de problèmes de financement et de durabilité. Il y a quelques mois a été annoncée la création d’une chaîne de télévision de la centrale syndicale officielle, mais on ne sait rien sur ce qu’il en est de ce projet couvert par le secret bureaucratique. On semble plutôt aller vers la subordination de ce type de médias à l’État et au parti au pouvoir. Et ceux qui sont partisans de son autonomie pour favoriser un exercice intransigeant de la critique sont, par la logique même de leur lutte et de leurs revendications, de plus en plus pris à partie et rejetés par les instances officielles. On peut observer par ailleurs la transformation de médias privés en prétendus médias communautaires et alternatifs, alors qu’ils ne le sont en aucune façon, dans la mesure où ils ne sont pas vraiment la propriété des communautés ou des mouvements, mais celle de collectifs restreints contrôlés par des familles, de petits et moyens entrepreneurs, de fonctionnaires de l’État ou de groupes religieux. Leurs programmes se différencient très peu de ceux des chaînes commerciales et ils s’emploient à gagner des espaces publicitaires en laissant derrière eux l’essence révolutionnaire de la communication populaire.

Tout cela s’accorde parfaitement avec les attentes politiques d’une caste bureaucratique qui ne cherche pas à approfondir la révolution mais impulse au contraire une contre-réforme, en préconisant une conception où « coexistent des modèles », tout en conservant le contrôle politique confisqué aux groupes économiques qui les détenaient : économie capitaliste mixte étatique-privée, combinée avec quelques politiques sociales élémentaires et le discours « bolivarien », toujours moins socialiste, pour préserver leur pouvoir. Cela ne la dispense pas de violents accrochages avec l’impérialisme. On ne peut pas dire pour autant que la communication populaire soit entrée dans une période franchement régressive. Il s’agit plutôt d’un processus de réorganisation écartelé entre l’assimilation et la résistance, dont l’issue dépendra du cours qu’adoptera la lutte du peuple en défense des conquêtes de la révolution, en faveur de la reprise et d’une nouvelle impulsion d’un projet transformateur d’essence socialiste. Depuis plusieurs années, les médias communautaires et alternatifs se sont employés à se coordonner à l’échelle nationale, avec la tenue de rencontres, d’assemblées, d’ateliers et de mobilisations pour obtenir l’adoption d’une Loi de communication populaire et, également, une réforme de la Loi de télécommunications. Dans ces processus participatifs, des propositions ont vu le jour qui veulent mettre fin au « latifundium médiatique » privé et de la communication bureaucratique du pouvoir. Pour le moment, les projets sont dans des tiroirs de l’Assemblée nationale, sans que les députés se préoccupent d’avancer résolument dans la direction de la transition au socialisme en matière de communication, en faisant pencher la balance en faveur de la communication populaire sous contrôle social exercé par les communautés organisées, les mouvements sociaux et le pouvoir populaire.

Gonzalo Gómez Freire, cofondateur de Aporrea.org et militant de l’organisation Marea Socialista. Traduit de l’espagnol (vénézuélien) par Robert March. Publié dans le n°25 de Contretemps.

 

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