Lutte contre l'homophobie : la grande trahison

Deux ans après l'arrivée au pouvoir de François Hollande, un an après l'adoption d'une loi au rabais sur le mariage pour tous, la colère est grande au sein du mouvement LGBT.

Dans une communiqué diffusé à l'issue du second tour des présidentielles, l'inter-LGBT s'était félicité de la victoire de François Hollande : « pour la première fois la France a un président de la République favorable à l’égalité des droits pour les Lesbiennes, Gays, Bi et Trans (LGBT), et cela permet d’envisager l’avenir avec espoir mais génère aussi des attentes immenses de la part des LGBT. »

Ce sentiment était sans aucun doute largememt partagé au sein des LGBT et bien au delà. Le ton n'est plus le même aujourd'hui, le communiqué du 2 mai, intitulé «  Les enfants des familles homoparentales, nouveaux bâtards de la République ? » dénonce violemment le gouvernement .

Et pour cause ! François Hollande avait semblé, pendant sa campagne, défendre l'égalité pleine et entière sur la question du mariage, de l'adoption, de la famille, tout en évitant néanmons de parler du droit des trans. Il avait annonçé, en fanfare, dès son élection, un long débat parlementaire sur la question, jusqu'au vote de la loi qui eu finalement lieu en mai 2013. Mais il fallait hélas comprendre rapidement qu'il s'agissait pour lui de se parer d'un vernis de gauche pour mieux masquer les attaques antisociales qu'il préparait déjà. Mais le vernis n'as pas tenu.

Car, en 2014, l'égalité n'est pas là, loin s'en faut. Le mouvement de haine que la droite, l'extrème-droite et les réseaux catholiques ont organisé pendant de long mois a eu de terribles conséquences sur les LGBT. La violence des propos politiques, largement relayée par les média, s'est traduite dans le quotidien par la libération d'une parole homophobe qui n'osait plus s'exprimer.

A la veille de la journée mondiale contre l'homophobie, ce 17 mai, l'association SOS-Homophobie fait le constat accablant que l'année 2013 a vu littéralement exploser le nombre d'actes et de manifestations homophobes : une augmentation de 78% par rapport à 2012 ; une agression homophobe a été enregistrée tous les deux jours, soit une hausse de 54%.

Ce mouvement réactionnaire n'a pu se développer ainsi que parce qu'il a été accompagné pas après pas par les reculades, les trahisons du gouvernement et du Parti Socialiste. La « manif pour tous les réactionnaires » avait déjà été galvanisée lorsque François Hollande avait évoqué, dès novembre 2012, « la liberté de conscience » pour ces maires homophobes qui prétendaient refuser les mariages pour tous et toutes. Ils avaient alors multiplié leurs mobilisations. Ils ont pu finalement crier victoire quand le gouvernement et ses parlementaires ont décidé de reporter la question du droit à la PMA pour toutes les femmes à une éventuelle loi sur la famille, pour finalement l'enterrer après une nième manifestation réactionnaire début février 2014.

Comme pour tourner un peu plus le couteau dans les plaies des LGBT, le nouveau premier ministre Manuel Valls s'est permis fin avril d'aller annoncer, depuis le Vatican, qu'il s'opposera à tout texte sur la PMA. Il s'est aussitôt attiré le soutien d'un Jové Bové, qui candidat EELV aux européennes, peut ainsi s'assoir tranquilement sur les revendications de son propre mouvement. Pour couronner le tout, Laurence Rossignol, la nouvelle secrétaire d'État à la Famille a donné une nouvelle tribune médiatique à Frigide Barjo en la recevant pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Face à ces trahisons multiples, il faut prendre acte que le Parti socialiste ne défend plus les revendications des LGBT. Il faut qu'une autre perpesctive se développe que celle simplement institutionnelle. Une perspective qui s'ancre sur l'activité propre des LGBT pour lutter contre l'homophobie et porter leurs revendications au quotidien dans le mileux scolaire, les lieux de travail et les quartiers et pour construire comme cela a été possible des mobilisations revendicatives de masse pour leurs droits et en riposte aux homophobes. Une perspective qui cherche aussi les convergences avec les lutte contre les oppressions sexistes, racistes et contre l'exploitation et les politiques d'austérité.

Avec le Front de Gauche, Ensemble veut contribuer à ces convergences et portera ces exoigences lors des elections européennes du 25 mai.

Nicolas Verdon

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