Lutte pour les sans-papiers à Lyon

LYON-MIGRANT.E.S :
DEUXIEME  APPEL POUR UNE REGULARISATION DEFINITIVE                                                           
Signée par 90 structures et 200 personnalités une Lettre Ouverte /Pétition: https://blogs.mediapart.fr/pour-la-regularisation-definitive-des-sans-papiers/blog/200420/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-pour-la-regular

Dans la ville de Gérard Collomb Maire puis Ministre de l'Intérieur, ça ne rigole pas avec les migrant.e.s dans le fil droit de sa vision  fantasmée ( « ne pas créer un   appel d'air ,  «  ils viennent faire du  benchmarking  des droits sociaux »... se situant sur le terrain glissant de l'extrême-droite et qui a pour conséquence une « chute de droits » ( CIMADE) contenue dans sa Loi « Asile - immigration ».                                                                                                                     
Pas banal : un appel à la régularisation durable des sans-papiers en France et en Europe à l'appel d'une Coordination C.I.E.L ( Collectif .Intersquats.Exil.e.s.Lyon et Environs) https://www.facebook.com/InterSquats-exil%C3%A9es-Lyon-et-environs-102218888081118/?ref=py_c.
Il s'agit d'une  coordination  de squats de l'agglomération lyonnaise tels que : le  squat de la Croix-Rousse « Collège sans frontières Maurice Scève » (plusieurs centaines de personnes tous des jeunes hommes d'Afrique de l'Ouest) et d'autres  de taille variable  dont familles avec enfants : «  Augustine », « ECG », « Feyzin », « Lafayette » et « Arloing ») ; ces quatre derniers ouverts à la suite de  l'expulsion de  l'emblématique  squat de « l'Amphi Z » ( plus de deux cent  personnes ) à Villeurbanne .

Pas banal non plus que cet appel sous forme de « Lettre ouverte au président de la République » paru le 25 avril sur un blog de Médiapart, ait recueilli la cosignature de 90 structures associatives, syndicales et politiques , dont Ensemble ! Et 200 personnalités locales et nationales (artistiques, culturelles, universitaires , associatives, syndicales et politiques).

En fait cet appel vient de loin : de  2 ans de luttes dans l'agglomération lyonnaise  pour un hébergement digne et pour le respect des droits de migrant.e.s ,MNA (Mineurs Non Accompagnés), demandeurs d'asile, sans papiers . 2 ans de luttes ayant favorisé une convergence entre la quasi totalité des forces  associatives, syndicales et politiques  de soutien aux migrants ( des cathos de gauche aux libertaires) avec un mouvement de mobilisation citoyenne individuelle d'une partie de la jeunesse notamment étudiante et d'une partie des habitants au voisinage de ces squats, encourageante. 
   
Et maintenant la bataille pour la régularisation :pétitions et convergences 

Depuis l'annonce de la régularisation massive des sans papiers sur son sol par le gouvernement portugais au nom de considérations sanitaires et de droits humains tout à fait justes et qui le seront toujours à la fin de la pandémie comme le souligne la Lettre ouverte de CIEL, se multiplient les réflexions, discussions et prises de positions pour une régularisation massive et pérenne :   https://blogs.mediapart.fr/pour-la-regularisation-definitive-des-sans-pa...

Il y a une opportunité en ce moment de confinement où les plus fragiles parmi les fragiles sont rendus plus « visibles » et du fait de la prise de position d'une centaine de parlementaires français qui posent la question politique au plan national. 
C'est pourquoi le Collectif Soutiens/Habitants de l'ex Collège Maurice Scève et la Coordination inter-squats lyonnaise ont lancé une pétition sur le texte de la Lettre Ouverte, et posent la question sur leur  blog d'une convergence de tous ces appels, avec les parlementaires ,pour porter ce débat nationalement dans l'opinion publique et au parlement car les vagues réponses de Castaner sur France- Inter ( « la France a déjà régularisé comme au Portugal ») sont irrecevables.

Alors que la Coordination Européenne des Syndicats  (Cf Hebdomadaire « Humanité Dimanche » d' avril)  pose la question de la régularisation a l'échelle Européenne , c'est sur une véritable campagne argumentée pour laquelle devraient s'entendre toutes les forces concernées à l'origine de multiples appels à « régularisation », soit auprès de Prefets , soit auprès du Chef du Gouvernement ou du Président . Voir les informations correspondantes sur ces blogs: :https://blogs.mediapart.fr/pour-la-regularisation-definitive-des-sans-papiers

L'engagement d'Ensemble !

Ensemble ! Sur la base de son orientation de fond réclamant une autre politique publique en matière d'accueil des migrants et une autre politique sur la question des migrations, se revendique du libre droit à la circulation et à l'installation des migrant ainsi que d'une citoyenneté de résidence. Ensemble ! Intervient activement sur cette question au plan local dans plusieurs villes et à réalisé une brochure nationale en 2019 intitulée « De l'air, ouvrez les frontières !» .

Nos militants sur Lyon,Villeurbanne et dans la coordination inter-squats prennent  leur part aux côtés des habitants et de tous les soutiens . En ayant le souci permanent d'interpeller les pouvoirs locaux de la Métropole, de la Préfecture et le Gouvernement  pour exiger d'eux la mise en œuvre des  moyens dont ils peuvent se doter pour assumer leurs responsabilités sociales et humaines, leurs  obligations légales.

Dans ce combat long et difficile , des avancées sont possibles comme par exemple celle que constitue l'annonce par la Métropole de Lyon de la création de 1500 places de logement supplémentaires pour qu'à la sortie du confinement « personne ne retourne à la rue ». C'est  ce  qu'exigeait de longue date et à travers de longues luttes avec occupation d'écoles, le mouvement « Jamais sans Toit ». Autre exemple, la bataille de l'AMIE( Accompagnement Mineurs Isolés Etrangers)  , de la CUM ( Coordination Urgence Migrants) , de l'inter-squat pour la reconnaissance de la présomption de minorité et la protection de tous les MNA est en train de se concrétiser : relogement des centaines de MNA des hôtels sordides vers des logements décents en foyers ou en placement familial, en appartements locatifs. Ceci  avec suivi  éducatif ( même si un article de Médiacité montre bien aussi les failles de certaines associations ayant répondu aux appels d'offres). Des « référès libertés » individuels menés contre la Métropole ont abouti au placements de nombreux mineurs dont la Métropole avait contesté la minorité.. Devant l'avalanche de condamnations par le tribunal administratif s'appuyant sur le contentieux de la Cour européenne des droits de l'homme et sur l'état d'urgence sanitaire, la Métropole a de fait reconnu que le suivi de ces jeunes était  de son ressort et a accepté une médiation et une mise à l'abri dans des hébergements dépendant de l'Aide sociale à l'enfance.

Une centaine de demandeurs d'asile ont été hébergés par l'OFII après des mois d'attente …

Mais ces avancées sont minimes et toujours susceptibles d'être remises en cause.
Les mesures de confinement sont encore plus difficiles à appliquer faute de moyens  encore plus insuffisants (masques etc...) pour les migrant.e.s et par le maintien d'une politique répressive et discriminatoire dans les actes ( refus de fermer les Centres de Rétention,  expulsions et répression policière ).
La bataille pour la régularisation des sans papiers est une tâche d'utilité publique. C'est possible et c'est le moment.

Ensemble!69
Lyon 08/05/2020

HISTORIQUE DES SQUATS RECENTS SUR LA METROPOLE DE LYON-
D'abord la création du squat « Amphi Z » à Villeurbanne-Cusset et sa lutte audacieuse  :                  

Depuis plusieurs années ce sont des centaines  de   personnes migrantes seules, ou en familles avec enfants qui se retrouvaient ...à dormir à la rue ou dans des voitures ou dans des camps de fortune dont elles étaient sans cesse chassées alors que la riche Ville de Lyon et sa Métropole comptent plus de 2000 locaux vides (mis « sous vidéosurveillance » à hauteur d'un budget de 1,8 M d'€ rien que pour l'année 2018 en ce qui concerne la Métropole !). 

A la rentrée 2017 , au sein même de la manifestation  des syndicats du 27/09, un cortège c'était formé à l'initiative d'étudiant.e.s les soutenant pour protester contre l'expulsion, le matin même , de dizaines de mineurs isolés et demandeurs d'asile dormant dans des abris sommaires sur la plateforme du chantier de de la Gare de la Part-Dieu.            

L 'indignation de cette jeunesse prit la forme d'une initiative audacieuse et salutaire : l'occupation de l'amphi C de  l'Université Lyon 2 sur le campus de Bron . Cette occupation, avec le soutien de l'Institution dans un premier temps, dura plusieurs mois et constitua un tournant dynamique dans le mouvement de solidarité aux migrant.e.s sur la Métropole de Lyon, lui donnant un vrai « coup de jeune ».Expulsés à nouveau « manu militari » de la fac,c'est dans un ancien centre de formation des Pompiers désaffecté de Villeurbanne , que l'occupation  rebondit dans ce qui allait devenir pendant plus d'un an, un des plus important squat de l'agglomération : «  l'Amphi Z ».Lieu de répit, lieu de vie, lieu d'organisation et de lutte pour des dizaines de migrants qui purent enclancher des soins, des scolarités, des apprentissages et des parcours de régularisation avec succès pour certains , pas pour  d'autres . Ceci jusqu'à leur expulsion le 11 septembre 2019… au terme d'une résistance, y compris sur le terrain juridique, de plusieurs mois ayant permis de populariser dans l'espace public la question des « migrants » c'est à dire la question de la crise de leur accueil humain et digne et respectueux de leurs droits.      

Entre temps … la création du squat de l'ex « Collège Maurice Scève et de sa lutte au cœur de Lyon , à la Croix-Rousse : https://www.facebook.com/CollegeMauriceSceve/
L'été caniculaire 2018, les habitant.e.s à proximité des jardins de la Grande Côte dans le 1er arrondissement de Lyon ,alertèrent leur Maire Nathalie Perrin-Gilbert* , sur le fait que des dizaines de très jeune gens originaires d'Afrique de l'Ouest, dormaient dans les jardins adjacents et faisaient la queue devant le local de « Forum Réfugiés » . Association à laquelle la Métropole de Lyon ( créée en 2015) avait délégué via un marché public,  l'évaluation de la minorité  des MNA ( Mineurs non accompagnés) mineurs isolés etrangerst. Sur cette nouvelle compétence ( la Métropole de Lyon prenant les compétences sociales d'un Département sur le territoire de ses 59 communes membres ), peut-être plus que sur les autres , l'impréparation fut flagrante car Forum Réfugiés n'en a ni la vocation ni les moyens ( 25 places de mise à l'abri pendant  l'évaluation)  … et fut vite débordé. La Maire du 1er arrdt  interpella le Maire de Lyon, les 8 autres maires d'arrondissement pour trouver une solution , même provisoire et d'attente , pour ces jeunes mineurs. Le  silence des réponses fut aussi intense  que la température de ce mois de juillet finissant. La maire du 1er trouva une  solution «  a minima » : l'ouverture d'un lieu de répit pour ces jeunes migrants dans une salle dépendant de l'arrondissement, la « marmite Colbert ». Une convention avec la CUM (Coordination Urgence Migrants) fut signée. Ils  purent durant les 2 mois de non occupation de cette salle par les Associations pour leurs activités, être secourus et orientés ( nourriture, soins, démarches administratives, logement d'urgence...) avec l'aide de près de 80 habitant.e.s bénévoles. Cette dimension de secours immédiat face aux carences propres des administrations et du pouvoir politique local n'a jamais été conçue comme une action caritative mais comme s'inscrivant dans un combat politique pour mettre la Métropole de Lyon, la Préfecture, et la Ville de Lyon devant leurs responsabilités. Ainsi dès le premier Conseil métropolitain de rentrée en septembre 2018, eut lieu un rassemblement de plusieurs centaines de personnes pour exiger que la Métropole de Lyon assume ses responsabilités légales et prenne correctement en charge le sort des MNA avec l'appui des services de l'ASE. La réponse fut … un renouvellement du marché à Forum réfugiés. La Métropole, plusieurs mois après a commencé  à redimensionner les services d'acceuil, en ouvrant des appels d'offres à  de nombreuses autres associations  pour un hébergement et un suivi de ces jeunes** ( foyers, familles d'accueil, paartements éducatifs...). Mais cela ne s'est concrétisé partiellement  que mi 2019 et en attendant c'était toujours la rue pour des dizaines de gamins d'où la décision de « réquisition citoyenne » du squat en septembre 2018. Depuis lors , l'occupation et l' auto-organisation pour un solidarité citoyenne large  ne s'est jamais démentie à ce jour. Une  prise en charge des lieux et des enjeus par les jeunes habitants eux-mêmes , réelle même si elle reste compliquée.a vu le jour. En effet, les batailles pour la reconnaissance de leur minorité et la protection des jeunes par la Métropole et l'ASE ont été longues et âpres mais ont débouché sur des prises en charge de nombreux jeunes MNA qui furent les premiers habitants de l'ex-Collège. Restent les MNA non reconnus par la Métropole et qui font appel de cette décision souvent infondée. Mais désormais, ce sont une majorité de jeunes majeurs et demandeurs d'asile qui (sur) vivent dans les  lieux car, pour eux aussi, la Préfecture dont ils dépendent administrativement n' a pas pris ses responsabilités à la hauteur des besoins. Il aura fallu une mobilisation forte auprès de tous les acteurs et de l'opinion publique pour obtenir une « médiation » et un « diagnostic social » démarré juste à la veille du confinement et, bien évidemment ce dernier  aggrave tout et oblige les soutiens et les « référents » des jeunes habitants sur place  à intégrer les contraintes du confinement et un suivi sanitaire spécifique complexe mais réel.Heureusement, une solidarité « inter-squats » a toujours existé pour protéger les plus fragiles ( jeunes femmes seules ; femmes  enceintes ou avec bébés , familles déboutées qui ne pouvaient pas rester à l'ex - Collège M Scève)mais qui se présentaient  à la permanence d'accueil  souvent orientées par des « citoyen.ne.s lambda » mais aussi par les Commissariats et même Forum Réfugiés !. Cette solidarité s'est  formalisée et a pris une dimension politique avec la création de la coordination C.I .E.L .

Extraits de sa plateforme constitutuve ;
« La création de l’InterSquats de Lyon et environs a trois objectifs :
Échanger les informations entre les différents sites
- Mutualiser les moyens humains, techniques et logistiques en fonction des besoins
- Mobiliser habitant. e. s et soutiens à l’occasion des événements publics. »                                         

Des rendez-vous de mobilisations sont déjà pris en solidarité avec le squats menacés d'expulsion dont le jugements on tous été reportés ainsi que pour le proçès pour « délit de solidarité » de  Pierre-Alain Mannoni qui doit se tenir à Lyon après celui de Cédric  Herrou.

* ayant quitté le PS en 2012 et créé un groupe politique local le Gram ( Groupe de réflexion et d'Action métropoitaine) et réélue en 2014 sur une liste Front de Gauche -Gram
**comme la Loi en fait ( encore) obligation aux Départements et à la Métropole de Lyon(vu son statut spécifique.

Ensemble ! 69
Lyon 08/05/2020

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