Maïté Mola : « Changer le système est l’unique alternative »

Maïté Mola, vice-présidente du PGE et membre de la direction de Izquierda Unida (Espagne), était aux côtés d’Alexis Tsipras lors de la présentation de sa candidature à Paris. Nous l’avons interviewé.

 

Q: Quel a été l’impact des manifestations contre la remise en cause du droit à l’avortement ?

Il y a eu des manifs énormes dans beaucoup de villes, notamment à Madrid, et surtout les militantes féministes et la gauche en Espagne étaient très encouragé-e-s par le fait que des rassemblements avaient lieu dans toute l’ Europe. C’est la preuve que le droit des femmes fait partie des sujets qui re-mobilisent fortement.

Q: Comment la campagne européenne s’annonce-t-elle en Espagne ?

Le problème fondamental que nous aurons en Espagne, et ailleurs aussi, c’est que pour le Parti Populaire (droite au pouvoir) comme pour le Parti Socialiste, les élections européennes n’ont aucune importance. Ils s’en foutent, que la participation soit de 30% ou de 70 %. Ils vont essayer de faire une contre-campagne de bas niveau pour que personne ne comprenne l’importance de la question de l’Europe. Alors pour nous la gauche, il va être décisif de pouvoir toucher et mobiliser les personnes. C’est pour cela que la figure d’Alexis Tsipras comme candidat commun à la présidence de la commission européenne est importante, même s’il n’y est pas vraiment candidat, puisque c’est la commission ou le parlement européen qui désignera le président, pas les citoyens. Sa candidature donne un sens éthique et moral important à notre campagne, en Espagne ça va beaucoup compter, et c’est vrai que la gauche aura sans doute un succès important, parce que par sa voix elle se fera entendre encore plus clairement. Il y aura pour nous, la Gauche Unie, des enjeux importants : dépasser les 10%, avoir une présence au Parlement européenne pour enrichir la Gauche européenne, mais aussi préparer pour les élections générales qui nous attendent juste après.

Q: Le Parti de la Gauche Européenne a tenu son congrès à Madrid, quels en ont été les traits marquants ?

Le congrès a réellement marqué une étape nouvelle. C’est la première fois qu’un document politique est approuvé avec une majorité absolue de 76 %. Dans les autres congrès nous avions des différences plus accentuées, et n’avions pas encore réussi à avoir une unité claire sur une base programmatique commune, utile dans tous les pays, qui reprend les propositions formulées par le sommet alternatif d’Athènes de juin 2013. Désormais le pari du PGE, c’est de parvenir à réaliser l’unité de la gauche. L’intérêt de faire une gauche nouvelle, ça doit être de se baser sur une gauche anticapitaliste et anti-impérialiste. Mais sans laisser personne de côté : lors des élections en 2011, la Gauche Unie a réuni 2 millions de votes, 7 %, une part importante du vote des Indignés, et en même temps s’est constituée au parlement une « gauche plurielle » regroupant cinq formations politiques, (la Gauche Unie, Initiative pour la Catalogne-Les Verts, Gauche unie et alternative, Union aragonaise), à partir de différentes expériences que nous faisons dans les régions. La droite et les partis de la social-démocratie européenne ont échoué absolument. Changer le système est l’unique alternative, et si ce n’est pas la révolution demain, c’est au moins, comme en Amérique Latine, des changements radicaux pour se préoccuper des personnes, du chômage, des services publics, ce que vous appelez en France l’« Humain d’abord ». Je suis optimiste, le PGE peut entrainer avec lui un travail commun avec les syndicats, les mouvements contre l’austérité, sans chercher à les envahir ou les dominer, chacun dans son espace, pour être demain en mesure d’impulser quelque chose de nouveau pour une autre Europe.

Publié dans le bulletin de mars d'Ensemble.



 

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