Macron : à droite toute !

Macron a mouillé sa chemise dans le théâtre du Grand débat. Le jeudi 25 avril, à l’Elysée, il a nommé sa pièce : « l’art d’être Français ». Mais ce qu’il joue, c’est l’art de tromper un pays qui s’est reconnu derrière les Gilets jaunes et les mobilisations populaires. Un pays profondément remué par une crise sociale, politique et démocratique qui l’a désigné comme le Président en chef des inégalités. Le contraire de la République sociale qui est au cœur des espérances !

Certes, Macron a senti le vent du boulet. Après les 10 milliards affichés en décembre 2018 pour le « pouvoir d’achat », il en débourse encore autant d’ici 2021 (primes). Il annonce même un minimum de 1000 euros pour la retraite des artisans ou commerçants (tout en discréditant les régimes spéciaux dits « injustes » des salarié-es). Il promet la garantie pour les femmes seules de percevoir leur pension alimentaire.

Il fait passer pour une générosité l’alignement des retraites sur l’inflation, alors que c’est lui qui avait décidé la désindexation. Et que la vraie justice est l’indexation sur les salaires ! Mais surtout, alors qu’il prétend lutter contre l’hypocrisie, il allonge la durée de cotisation pour percevoir une retraite décente.  L’âge légal est maintenu à 62 ans, mais l’âge réel sera à 64 ans ! il prend donc les Français pour des imbéciles.

Sur les exigences portées par cinq mois de mobilisations, Macron ne bouge pas. La suppression de l’ISF est maintenue. Chez lui, le mot « salaire » doit disparaitre. A une journaliste, il répond brutalement qu’il est contre l’augmentation du SMIC, qui détruit la « compétitivité ». Il baisse les cotisations salariales et patronales, ce qui détruit la sécurité sociale. Quant aux salaires, il propose une solution aux patrons : verser une prime. Méprisant !

Macron fait un geste sur le droit au référendum : un million de signatures suffiront pour l’exiger au lieu de 4, 5 millions actuellement. Sous pression des luttes, il promet de ne pas supprimer d’école ou d’hôpitaux. Mais il ne dit mot des classes et des services : maternités supprimées, urgences débordées ! Il relance une « décentralisation » qui pourrait aboutir à une inégalité des droits selon les territoires. Et la privatisation de la fonction publique est en marche.

Au lieu des revendications populaires, c’est Marine Le Pen que Macron a entendu, en promettant une fermeté redoublée contre les migrants et la fermeture des frontières.

Face à cette grande tromperie, il convient donc de riposter par une relance des mobilisations :

- opposer à Macron la plate-forme d’exigences issues des Assemblées populaires avec les Gilets jaunes et les syndicats ;

- appuyer ces revendications par des référendum citoyens dans tout le pays ;

- organiser avec les syndicats le blocage des secteurs-clefs de l’économie.

Fin du Grand débat ! Oui à la poursuite des luttes !

26 avril 2019

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