Macron vedette du JT de TF1…

Les familiers du JT de 13 heures sur TF1, qui ont su apprécier sur la longue durée Jean-Pierre Pernaut, ont été choyés. Plus d'une heure d'entretien avec Emmanuel Macron, dans une salle de classe de l'école de Berd'huis (village de l'Orne, au coeur du Perche).

Le présentateur de TF1, véritable monument du paysage télévisuel français, était en charge d'une grande mission : faire entendre la voix de ces millions de Français de la France profonde qui « se sentent oubliés, brimés », et de lui poser « les question que vous vous posez ».

L'école, le terrorisme, les hôpitaux et les Ehpads, les ressources des collectivités locales, l'augmentation de la CSG, la diminution à 80 kilomètres heure sur certaines routes, Notre-Dame-des-Landes, les facultés occupées… Tout ou presque tout a été évoqué, et même la Syrie, mais peu l'Europe et pas du tout les migrants… Quant à la grève de la SNCF, c'était le morceau substantiel d'un entretien agrémenté de reportages auprès de Françaises et Français de diverses villes et villages.

Le Président n'a été surpris par aucune question, ni jamais mis en défaut. Il a au contraire affiché tout au long une calme et fière autorité. « Je vais être clair » ; « Je sais où emmener le pays » ; « Quand je dis que je fais, je fais » ; « J'irai au bout » ; « Les difficultés ne m'arrêtent pas »…

Il a même dégainé quelques bottes secrètes. Du mépris pour les cheminots ? Évocation du grand-père cheminot ! De la dureté pour les retraités ? Invocation de « beaucoup de considération pour nos aînés » ! La vitesse limitée pour piquer de l'argent aux automobilistes ? Le montant des PV sera intégralement versé aux hôpitaux qui soignent les blessés de la route ! Président des riches ? Les riches n'ont pas besoin d'un président, il est le « président de tous les Français » !

Et de la compétence à revendre, en particulier sur tous les sujets « un peu technique », comme la fiscalité, ou le poids de la dette qu'on va laisser à nos enfants...

Surtout une volonté lucide à toute épreuve. Dans un monde qui change si vite et si fort, nous sommes restés trop longtemps sans rien faire, il est donc plus que temps de se remuer. Cela sans entretenir des « craintes illusoires » (compris les cheminots et leurs syndicats ?). Par exemple agir pour un grand service ferroviaire, public à 100 %, soutenu massivement par l’État, ce qui permettra d'améliorer la qualité et la sécurité, voire d'ouvrir de nouvelles petites lignes… Donc, « la réforme est indispensable », et cesser avec « l'hypocrisie collective » sur le sujet.

Il faut y aller ! Jusqu'au bout !

Et de conclure qu'à Notre-Dame-des -Landes « l’ordre républicain est rétabli ». Dans les facultés, doivent se calmer les « professionnels du désordre » et réviser les étudiants, avertis qu'ils sont qu'il n'y a aura pas « d'examens en chocolat » (sic)…

De cet exercice de communication parfaitement maîtrisé il est clair que Jean-Pierre Pernaut, riche de sa longue expérience, est sorti pleinement convaincu des grandes qualités de son jeune et brillant invité vedette.

Francis Sitel

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