Marches du 22 mars sur Madrid, marches pour la dignité

Faire converger des marches pour la dignité, contre l'austérité et les coupes budgétaires, au départ des quatre coins de l'Etat espagnol sur Madrid le 22 mars, c'est l'initiative lancée il y a cinq mois environ.

C'est notamment le syndicat andalou des travailleurs (SAT) qui a lancé ce projet de marches de la dignité, en le proposant d'emblée aux nombreux collectifs et organisations qui se mobilisent quotidiennement dans tout l'Etat espagnol. Et les réponses et l'engagement de nombre d'entre eux ne se sont pas fait attendre. Les assemblées du 15-M -le mouvement des Indignados-, les associations de quartier, les marées en défense de la santé et de l'éducation, tout le spectre politique et syndical à la gauche du PSOE( Intersindical, CGT, CNT …), les assemblées de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca -PAH, plate-forme contre les expulsions et en faveur d’un logement digne- et bien d’autres collectifs ont rejoint l'appel très rapidement.

Les confédérations syndicales- CCOO et UGT- ne se sont pas associées à cette initiative. Toutefois le sommet social de Madrid (issu de la dernière grève général et qui comprend CCOO et UGT ) a apporté un soutien - tardif et sans implication réelle – ce qui montre que le succès de cette initiative a obligé certaines organisations à bouger.

Les points essentiels du manifeste et les revendications des Marches pour la dignité sont ceux qui sont au centre des mobilisations dans l'Etat espagnol : non au paiement de la dette, non aux coupes budgétaires ; oui au travail et au logement dignes et aux droits sociaux garantis.

Huit «colonnes» sont donc parties du nord, nord-est, sud-est, sud, sud-ouest, nord-ouest, extérieur et international. La colonne du nord-est a été la première a se mettre en marche alors que le 25 février une marche de Catalogne a débuté et passe par Lleida, Alcañiz et Saragosse. Le départ des autres marches s’égrène depuis début mars.

Chaque « colonne » s'organise avec sa propre commission logistique : dans chaque ville ou village, les marcheuses et marcheurs sont accueilli-es par des collectifs, partis, syndicats, centres sociaux, assemblées 15-M qui prennent en charge leur lieu de repos et leur repas. Certain-es marcheurs-euses ( de cinquante à soixante-dix environ) assurent l'ensemble du trajet tandis que pour toute sorte de raisons – mais y compris physique - d'autres ne participent qu'à des portions de trajet.

Selon les participant-es , dores et déjà, ces marches ont atteint un objectif : aller à la rencontre des habitant-es lors de leur passage, habitant-es qui les accueillent le plus souvent chaleureusement.

A Madrid, se prépare avec énergie l'accueil de la marche à la fin de cette semaine et l'organisation d'une mobilisation de grande ampleur : manifestation, débats, assemblée.

A suivre...

Sophie Zafari 17-03-2014

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