Mélenchon et le bilan d’Evry

Dans une note publiée sur son blog lundi 26 novembre, Jean-Luc Mélenchon fait le bilan suivant de l’échec de la candidature de France Insoumise à la législative partielle d’Evry : «La campagne de second tour, contre mon avis formellement exprimé, s’est faite sur le thème d’une soi-disant « gauche rassemblée », avec guirlande de sigles et tout le reste du décorum de ce genre de discours. La profession de foi est entièrement construite sur ce thème. Le résultat est le suivant. Au premier tour sans « gauche rassemblée », nous faisons le même pourcentage qu’en juin 2017. Au second tour avec la « gauche rassemblée », nous faisons moins qu’au second tour de 2017. Cela mérite réflexion. »

Ainsi ce serait le soutien affiché des forces de gauche (PCF, Génération(s), Ensemble !...), qui se sont mobilisées au second tour Farida Amrani pour qu’elle soit élue députée, qui serait responsable de son échec.

Pour les forces de la gauche alternative qui ne se résignent pas à la dispersion existante, la situation  est sans issue !

Si elles ne soutiennent pas la France Insoumise, elles sont accusées de faire le jeu de Macron et du pouvoir en place.

Si elles soutiennent la France Insoumise, elles sont accusées de la faire perdre.

De toute façon elles sont présumées responsables et coupables…

Cela est d’autant plus étonnant que quelques jours avant le second tour, plusieurs dirigeants de FI avaient critiqué l’absence d’engagement clair de la direction du PS et d’EELV à appeler à voter pour FI (ce que paradoxalement Jean Luc Mélenchon critique lui aussi dans sa note de blog… alors qu’il pourrait y voir une saine clarification vis-à-vis des « guirlandes de sigles »).

Pourtant, si on ne se limite pas à une vision binaire en noir et blanc, on pourrait se risquer à quelques autres hypothèses pour expliquer l’échec d’Evry.

Notamment le fait qu’une « législative partielle », sur une seule circonscription, rend plus difficile pour les électeurs la perception de l’enjeu national que cette élection peut avoir, d’où la difficulté d’élargissement au second tour pour les candidats de la FI (à la différence des législatives de juin 2017).

On pourrait même se risquer à penser que la réaction souvent jugée excessive et violente de Jean Luc Mélenchon aux perquisitions judiciaires disproportionnées qu’a subi la France Insoumise en septembre dernier a pu laisser des traces dans l’électorat à gauche.

Mais ce ne sont que des hypothèses. Pour avoir une explication réelle, il faudrait écouter les électeurs d’Evry, comprendre leurs raisons, pourquoi certains ne se sont pas déplacés…

L’échec de Farida Amrani est un échec pour toute la gauche. La défaite de LREM à Evry aurait ajouté une pierre aux difficultés de Macron pour imposer sa politique de plus en plus contestée.

La question de la convergence entre les forces de la gauche alternative se reposera dans de prochaines échéances. Mais l’unité au dernier moment ne suffit pas. Elle doit s’inscrire dans un projet commun et une démarche de rassemblement qui reste plus que jamais d’actualité.

François Calaret

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François Calaret