Michel Urvoy que faut il essayer encore contre le chômage ?

 

Certes on n’a pas tout essayé, pire encore patronat  et gouvernement ont depuis 1993 développé  des multiples formes de précarisation de l’emploi sans effet sur le chômage au contraire.
Les réponses esquissés par M Urvoy me semblent reposer sur des présupposés contestables pour analyser le chômage aujourd’hui :

La surestimation des emploi dits vacants des centaines de milliers dit il, suivant le MEDEF et la ministre. Pôle Emploi estime entre 100 et 150 000  ce nombre ce qui  relativise l’impact sur le chômage : c’est une proportion infime des 3,2 millions d’offres. Ils n’ont un effet négatif que sur un petit nombre d’entreprise et de territoire. Ça n’a pas empêché la création depuis 2015 d’un million d’emplois y compris dans l’industrie où les experts nous prédisaient la baisse définitive de l’emploi.
Il faudrait peut être s’interroger sur  la faible croissance des salaires (1,8 % contre 3 en 2007) alors qu’il y aurait des difficultés de recrutement : et si les emplois « en tension » trouvaient  leur origine dans le mélange conditions de travail difficiles- bas salaires ?

C’est affligeant de voir M Urvoy reprendre le discours du chômeur fainéant : chacun connaît, a entendu parler, connaît quelqu’un qui connaît un profiteur qui se vautre dans le luxe avec ses allocs chômage inférieures au seuil de pauvreté. Que ce discours soit repris par des élus ou des ministres ne lui confère aucune vérité scientifique. Chômeur-euse-s cherchent du travail mais quand les offres d’emplois durables  représente moins d’un quart des inscrits, peut on reprocher aux  chercheur-euse-s d’emploi de n’en avoir pas trouvé? Enfin le chômage aujourd’hui n’est plus le non travail absolu , pour une bonne partie des personnes travaillent et sont en chômage à temps partiel , il n’ont donc pas peur de se lever tôt quand on veut bien les embaucher .

Il y a un oubli dans la tribune de M Urvoy c’est le développement de la précarité qui n’est pas évoquée. Le s multiplies emplois précaires ne sont pas un marchepied pour l’emploi : au mieux ils prolongent de manière illégale les périodes d’essai, au pire ils deviennent un mode normal d’emploi : ils développent des travailleurs pauvres soumis à l’accumulation de difficultés d’insertion sociale .Pour les sénior-e-s c’est trop souvent l’entrée dans une spirale vers le chômage de longue durée.  Au total ce sont des  millions qui sont dans ce « halo du chômage » ;  s’il y a 3 millions de chômeurs à temps plein à un moment donné, ce sont 10  millions qui subissent le sous-emploi.

Seule une politique économique radicalement différente sera à la hauteur pour abolir ce chômage de masse. Ce n’est pas la cas de ce que propose M Urvoy.
Le retour aux territoires est une bonne chose sauf s’il se réduit à du dumping et à la concurrence : c’est le cas sur le problème du logement ( et la mobilité ) on le voit avec acuité pour les saisonniers mais impact dépasse largement ces emplois : il faut au local et aussi au national un plan de développement du logement social accessible.
L’expérience ce « territoires zéro chômeurs » pour intéressante qu’elle soit est limitée  dans son nombre (et aussi dans sa pérennité) : elle fait la preuve que – si on prend en compte la dignité des personnes- il n’y a pas d’inemployables dans cette société. Il faudrait en tirer des conclusions e termes de droit et de formation.
Que peut on faire ?
 - Revenir à un service public de l’emploi et de la formation  qui se fonde sur le respect des droits des chômeur-euse-s, leur reconnaître d’être acteur-trice de leur avenir ; Ceci passe par une indemnisation décente qui leur assure la possibilité de vivre. Une formation qui ne soit pas dictée par a demande immédiate d’un patronat à courte vue incapable de penser al production sur le  moyen et long terme (avec la vitale dimension écologique).
- Créer des emplois dans les services publics et dans le secteur coopératif et pour répondre à la transition écologique
- Une réduction du temps de  travail à la place la réduction sauvage d’aujourd’hui et mette fin à une réorganisation du travail (épuisement, souffrance au travail, management nocif, conditions de travail indécentes..) que permet aujourd’hui le chantage au chômage. Prendre sur les actionnaires et les profits qui explosent  permet de la financer « sans dévaloriser la feuille de paye ».
Mais tout ceci suppose plus de démocratie et une vraie lutte contre les inégalités : c’est l’inverse de ce que fait aujourd’hui le gouvernement

 

larticle de Ouest France https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-contre-l...

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Auteur: 
Adanet