Motion fonctionnement

3) Travailler aux fondements d’une organisation commune

1/ Nom et logo du mouvement

Le nom de notre mouvement est :

Ensemble / Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire

Le logo a été adopté après consultation des adhérents.

2/ Agir en commun dans le Front de Gauche

Une des particularités de notre constitution en mouvement est le fait que ce mouvement est partie intégrante du Front de Gauche, un choix stratégique qui inclut la volonté de voir le Front de Gauche œuvrer à la création d’une nouvelle force politique répondant aux défis du temps. Cette caractéristique a deux conséquences :

Notre mouvement doit préfigurer ce qu’il recommande pour la constitution de la force politique à laquelle devrait œuvrer la totalité du Front de Gauche, dans ses relations aux citoyens et aux mouvements sociaux, son fonctionnement interne, le refus des cumuls des mandats et la démocratisation des modes de scrutins (proportionnelle), la garantie du pluralisme et le respect de la diversité des composantes, etc.

Notre implication dans le Front de Gauche et notre volonté d’y être utile en développant les thématiques et outils qui favoriseront son enracinement et son élargissement politique et social veut dire que notre mouvement agira par le biais du Front de Gauche sur un certain nombre de terrains (par exemple pour les élections, ou pour les campagnes politiques en direction de la société), mais qu’en même temps il pourra assumer des fonctions et des interventions sur des terrains que le Front de Gauche ne prend pas en charge en tant que tel. De même, notre mouvement sera utile par la mise en place d’outils permettant d’impulser et d’alimenter des débats pour la totalité du Front de Gauche.

3/ Mouvement, pluralisme et composantes ou sensibilités

Pour construire une organisation en commun de toutes les composantes impliquées dans le processus, il faut favoriser la convergence de toutes les forces. Notre mouvement sera attirant et utile pour les militant-e-s individuels qui le rejoindront s’il réussit aussi à être une convergence et une combinaison de courants et organisations permettant l’indispensable pluralisme. Les organisations parties prenantes du mouvement en construction poursuivront, si elles le souhaitent, leur existence propre.

Cela doit avoir pour incidence que dans toutes les instances mises sur pieds à tous les niveaux soient représentées les composantes dans leur diversité. C’est aussi une garantie pour que notre mouvement en se constituant n’achève pas son rôle de rassemblement, laissant ouverte la participation ultérieure d’autres courants venus d’autres horizons.

Les courants et organisations d’origine évolueront d’eux-mêmes, dans leur fonctionnalité, certains se dissoudront, d’autres se maintiendront, de nouvelles sensibilités apparaîtront selon l’expérience commune, une autre histoire s’inventera, et le commun prendra de plus en plus de place par rapport au particulier. Mais il est nécessaire, comme garantie du pluralisme des cultures et origines, et garantie contre une uniformisation ultérieure autour d’une force dominante, que le processus de convergence respecte et reconnaisse l’existence de courants d’origine, chacun conservant ses moyens d’expression qu’il possède tant qu’il le juge nécessaire, et puisse exprimer sa culture politique. C’est une richesse pour un mouvement plutôt qu’un inconvénient.

L’assemblée de janvier fera le point sur les décisions des composantes quant à leur devenir. Qu'à partir des composantes fondatrices se crée un cadre spécifique, un courant d'idée doit être vécu comme la poursuite d’un apport particulier à notre construction et non pas comme des barrières organisant des prés carrés. L’expérience de 2014 montre qu’un certain nombre de débats sont transversaux aux composantes ce qui traduit à la fois une dynamique réelle et une démarche volontaire et constructive.

4/ Consensus, larges majorités et débats politiques

Nous privilégions le fonctionnement au consensus. Un principe qui devrait perdurer, même si nous pourrons être amenés à voter sur des questions politiques où des décisions devront être prises mais nous le ferons qu’une fois le débat poussé jusqu’au bout et avec la recherche de très large majorités.

Le fonctionnement au consensus nous évitera le recours aux rapports de force dans notre mouvement. Certains pensent qu’il a l’inconvénient de pousser à un fonctionnement aseptisé, et donc dépolitisant. Il nous faudra donc combiner fonctionnement au consensus et ouverture de débats politiques sur le fond, qui resteront ouverts sans pousser à des prises de décision mais qui permettront de développer des arguments et des logiques politiques qui sont indispensables à la vie démocratique dont notre mouvement a besoin.

Le consensus n’est pas l’unanimité. C’est d’abord un processus de construction d’une décision commune. Le consensus suppose l’absence de blocage, le blocage pouvant venir d’une partie du mouvement qui estimerait que la décision serait contradictoire avec ses convictions profondes. Si des adhérent-e-s ou une partie du mouvement manifeste un désaccord qui ne remet pas en cause ses convictions profondes, elle pourra se mettre en réserve de la décision prise.

Cela n’empêche pas qu'après toutes les tentatives menées, il puisse arriver qu'un sujet sur lequel nous devons prendre obligatoirement une décision ne fasse pas consensus. Dans ce cas, l'instance concernée peut proposer un vote pour prendre une décision à la majorité qualifiée des deux tiers. Ce principe doit rester l'exception. L'essentiel se règle de manière politique : il ne faut qu'aucun participant à Ensemble ! soit de fait poussé dehors par une décision et inversement trouver les moyens pour qu’aucun désaccord n’interdise une action largement souhaitée.

5/ Créer des collectifs locaux, leurs rapports aux militants, au niveau national

Nous cherchons à créer des collectifs locaux du mouvement et de les ouvrir aux militant-e-s syndicalistes, associatifs, altermondialistes et aux militant-e-s proches du Front de Gauche qui ne sont pas membres d’une de ses composantes et qui veulent participer à la création de notre mouvement.

Les collectifs locaux se constituent dès qu’un nombre significatif d’adhérent-e-s (autour d’une dizaine) est atteint et après avoir impliqué toutes les composantes présentes localement. La connaissance réelle de l’état du nombre de collectifs (et plus largement de fait du mouvement) est une condition démocratique nécessaire de fonctionnement.

Les adhérent-e-s pourront également se regrouper dans des collectifs de proximité qui ne se définiraient pas sur des bases uniquement géographiques, mais sur d’autres critères de regroupement choisis par les militant-e-s. Ces collectifs seront en lien avec les autres collectifs du secteur et participeront comme les autres aux instances de coordination aux différents niveaux géographiques.

Tous les adhérent-e-s sont membres d’un collectif. Des correspondants (secrétariat/trésorerie du collectif) doivent connaître le nombre des adhérents et tiennent à jour la liste des membres du collectif local, connue de ses membres. Enfin, un des enjeux pour 2015 est que les adhérent-e-s deviennent cotisants à la hauteur de leur possibilité.

Les collectifs locaux bénéficieront d’un pourcentage de 50% des cotisations versées par les adhérents.

Les collectifs locaux désignent leurs instances locales et leurs délégués au Collectif National. Ils sont responsables du respect des règles du mouvement (parité hommes/femmes, pluralisme des représentations et instances, recherche du consensus).

Les collectifs au regard des enjeux politiques et de construction doivent trouver les moyens de se coordonner et de partager les informations en fonction des besoins ressentis (départemental et/ou régional).

Pour les élections, le choix du ou des candidat-e-s sont du ressort des adhérent-e-s du territoire concerné.

Le mouvement que nous voulons construire entend être profondément démocratique, refusant tout centralisme et dirigisme dans son fonctionnement. Cela implique bien sûr de respecter l’autonomie des collectifs locaux, mais la question de l’implication des militants ne doit pas être masquée par le rôle décisif donné aux collectifs locaux. Les nouvelles formes d’engagement militant passent aujourd’hui par une exigence de transparence, mais aussi par la volonté des militants de choisir leurs terrains et thématiques d’intervention ainsi que les rythmes de leur investissement.

La participation à notre mouvement peut se faire soit à travers une adhésion individuelle, qui implique le paiement d’une cotisation et entraine l’adhésion au mouvement national et au collectif local, soit – pour les courants et organisations et groupes qui le souhaiteraient – à travers une participation collective.

Tout adhérent-e peut recevoir ou consulter les comptes-rendus de toutes les réunions des structures d’animation du mouvement (Collectif National, Équipe d’Animation Nationale, structures thématiques, etc.), il peut se doter d’un outil d’expression individuel (blog) ou collectif (blog ou édition thématique). La liste des blogs et éditions sera consultable par tous sur le site web du mouvement.

6/ Les commissions

Les commissions thématiques sont des structures qui irriguent la réflexion et les propositions au sein d'Ensemble !.

Elles sont validées par le Collectif National. Une place spécifique doit leur être faite et reconnue. Chaque adhérent peut s'inscrire aux commissions.

Elles peuvent se réunir physiquement lors des CN et lors d'initiatives internes qu'elles peuvent être amenées à prendre. Les commissions peuvent organiser des réunions nationales en accord avec la trésorerie nationale.

Elles doivent être en lien régulier avec l'EAN et les adhérents et bénéficier de blogs thématiques sur le site par exemple.

7/ Mise en place de structures nationales

Notre mouvement se dote de deux structures nationales :

Un Collectif National, chargé de discuter et de prendre position sur toutes les grandes questions politiques. Il se réunira au moins une fois par trimestre, et autant que de besoin (notamment si les collectifs locaux le demandent).

Le Collectif National est composé de représentant-e-s des collectifs locaux, de délégations des composantes, de personnalités impliquées dans le mouvement social proposées par l’Équipe d’Animation Nationale et cooptées par le Collectif National, et des membres de l’Équipe d’Animation Nationale de notre regroupement, les représentant-e-s des collectifs locaux devant représenter au moins 3/4 des participants au Collectif National.

Les représentant-e-s des collectifs locaux sont désignés par ces collectifs pour chaque réunion, ils peuvent alterner, assurant une représentation pluraliste et permettant une rotation possible.

Un collectif peut envoyer deux représentants au Collectif National dès qu’il a au moins 10 adhérent-e-s mais des collectifs peuvent se regrouper pour atteindre ce nombre et assurer la parité et la diversité de représentation. Les collectifs peuvent envoyer 2 représentant-e-s, par tranche de 20 adhérents.

Une Équipe d’Animation Nationale, dont la composition nominale sera travaillée par un groupe dont l'activité se poursuivra pendant l’AG. La liste de l'EAN, proposée par le groupe de travail, sera soumise à l'approbation des délégué-es lors de l'assemblée constitutive. Le Collectif National peut modifier la composition de l’EAN.

L'EAN est un collectif de militant-es chargé-es de mettre en œuvre, au plan national, les décisions du collectif national Elle est constituée en veillant à assurer le pluralisme et la meilleure représentation géographique et militante du mouvement.

A titre transitoire, ce pluralisme est assuré :

- par des membres des composantes fondatrices du mouvement

- par des personnalités issues du mouvement social.

L'EAN est en outre composée de militant-es qui assurent la présence d'une réalité militante locale.

Les éléments relatifs à son fonctionnement seront communiqués aux collectifs locaux, ainsi que les dates des réunions et leur ordre du jour ; l’Équipe d’Animation Nationale sera en charge de faire les propositions politiques qu’exigera la situation, de porter la parole de notre mouvement, d’éditer le matériel de communication (site, bulletins, tracts, ...), d’impulser et d’organiser le développement du mouvement et de veiller aux questions de démocratie et d’organisation. L'EAN doit repérer les thèmes en débats qui circulent sur les listes de diffusion ou sur le site à partir de contributions individuelles ou de collectifs, favoriser les échanges et confrontations et alimenter les débats du collectif national. L'enjeu pour 2015 est de permettre à la fois une meilleure anticipation des débats à organiser, de préparation des CN, de suivi et de transmission des décisions prises, et une meilleure animation de notre mouvement permettant un va et vient des commissions et collectifs vers l'EAN et inversement.  C'est le seul moyen pour cerner les débats et les rendre  vivants au sein du mouvement.

Il n’en demeure pas moins que le rythme des réunions, peut être un frein à la participation que ce soit des militants issus des régions ou de banlieue, des parents, notamment des femmes. Des modalités particulières (type skype, alternance avec des réunions les vendredi soir/samedi matin, mise en place d'un secrétariat ouvert) doivent permettre une participation large.

8/ Porte-parolat

Pour les interventions à caractère général, le contenu des messages qui devront être porté sera sous la responsabilité de l’Équipe d’Animation Nationale et une liste de porte-paroles (à parité) membres de l’Équipe d’Animation Nationale sera proposée. L’Équipe d’Animation Nationale est en charge de porter la parole de notre mouvement, cela ne veut pas dire que tous les porte-paroles doivent en faire partie : nous privilégierons, sous le contrôle de l’Équipe d’Animation Nationale, les prises de parole par les militant-e-s qui sont les plus investis dans les combats et thématiques sur lesquels notre mouvement pourrait avoir à prendre position.

9/ Finances

A terme les sources de financement de notre mouvement seront multiples (souscriptions, donations, etc.) mais surtout de trois ordres :

- Les cotisations des membres et les souscriptions, le rôle des trésorières et trésoriers locaux des collectifs est déterminant en la matière : de ce fait, elles-ils sont informés régulièrement de l'état des cotisations remontées directement nationalement ou par leur propre soin.

- Le financement public,

- Le reversement partiel des indemnités des élu-e-s.

Depuis avril 2014 Ensemble ! s’est doté entre autres d’une grille indicative de cotisation, le principe du reversement aux collectifs locaux de la moitié des cotisations, dons… versés à l’association de financement nationale (ce qui permet une déduction fiscale de 66 % des sommes versées).

Les cotisations peuvent se faire par prélèvement automatique (seul moyen qui garantit une régularité des versements et permet réellement des projections budgétaires), par chèques ou par CB (sur le site). Les trésoriers locaux sont informés régulièrement de l’état des cotisations locales. Le reversement par le national se fait en général trimestriellement.

La page « perso » sur le site donne aux trésorières et trésoriers la liste des « inscrit-e-s » et des « adhérent-e-s » de leur collectif.

L’année 2015 doit faire en sorte que les adhérent-e-s – voire les inscrit-e-s – soient tou-tes des cotisant-e-s !

10/ Publications

Nous décidons d’éditer un certain nombre d’outils de communication :

- Un bulletin régulier (2 par trimestre), «Ensemble !», à destination du public, sous forme électronique mais aussi imprimé et diffusé dans les lieux de débat et d’action (meetings, manifestations, débats) permettant ainsi une visibilité du mouvement. Le mode de financement de l’impression et de la diffusion, afin que tous les collectifs puissent en bénéficier, seront rediscuté par le Collectif National.

- Une courte lettre aux adhérents diffusera les informations sur les actions en cours et dans laquelle est impliqué le mouvement.

Nous sortons des tracts de notre propre mouvement régulièrement sur les questions que nous choisissons. Nous poussons le Front de Gauche à publier et imprimer des tracts et affiches du Front de Gauche.

11/ Système d’information

Le système d’information de notre mouvement combine un site web public et un système d’information informatique qui offre de nombreuses fonctionnalités aux militant-e-s comme aux collectifs locaux. Il sera réalisé par un groupe de travail intégrant des militant-e-s des différentes composantes sous la responsabilité de l’Équipe d’Animation Nationale.

Le site web est le vecteur d’expression pour les prises de position de notre mouvement, ses propositions politique et l’animation des campagnes qu’il décidera de mener. Il est aussi un lieu de débats ouverts où pourront s’exprimer les adhérents de notre mouvement mais aussi tous ceux et celles qui s’intéressent aux débats de Front de Gauche et aux grandes questions auxquelles nos sociétés sont confrontées.

Derrière la façade du site web nous avons un système d’information dans lequel chaque adhérent a sa page personnelle sur laquelle il gère sa cotisation au mouvement et peut s’abonner aux listes mails qui l’intéressent, recevoir les mises à jours des blogs et éditions qu’il veut suivre et ouvrir un blog s’il le souhaite ou participer aux éditions thématiques (blogs collectifs sur autant de sujets que les adhérents voudront en ouvrir).

Des personnes non adhérentes à notre mouvement peuvent s’inscrire sur le site web et ainsi recevoir des informations par mail et participer aux débats en cours, permettant ainsi à cet espace de devenir un lieu clé de la vie politique et intellectuelle du Front de Gauche et au-delà.

Les collectifs locaux disposent avec ce site et ce système d’information d’un outil important pour l’animation de la vie des collectifs et du cercle plus large de tous ceux qui s’intéressent à notre mouvement et pourront, s’ils le décident, bénéficier d’un site web public qui leur permettra de faire connaître leurs initiatives.

L’existence de ce site web et de ce système d’information coexiste avec les outils d’informations et site web des composantes d’origine.

12/ Un groupe de travail « Actualités de l’émancipation »

Sa tâche est la mise en œuvre d’un centre de réflexion et de formation par les débats et les publications. Il est rattaché au Collectif National.

13/ L’international

La question des relations internationales de notre mouvement inclue notre participation aux initiatives altermondialistes et aux mouvements de solidarité avec la lutte des peuples, pour la liberté, la démocratie, l’émancipation, contre toutes formes d’exploitation, pour la maîtrise de leurs richesses et pour leur indépendance.

En ce qui concerne l’Europe, nous poursuivons le processus d’intégration d’»Ensemble !» au Parti de la Gauche Européenne (PGE).

 

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