Municipales à Amiens

Le 20 décembre dernier les gauches amiénoises tenaient leur fête de l’unité en conclusion de la phase de rassemblement engagée le 23 juin par François Ruffin, fondateur de Fakir et député de la première circonscription de la Somme (sur le site du Courrier Picard, l’article de Térézinha DIAS pour l’édition du 21 décembre). Les huit principales formations de gauche composeront la moitié de la liste commune : trois de Picardie debout !, trois du Parti Communiste, trois de la France Insoumise, dont Evelyne Becker – cégétiste Goodyear et seconde sur la liste - trois d’Ensemble !80, quatre d’Europe Ecologie les Verts - dont Emilie Thérouin, quatrième sur la liste - deux du Parti socialiste, un.e de Génération.s, un.e de Place publique.
Premier sur la liste, et pourfendeur de la promotion immobilière dérégulée qui sévit à Amiens, l’architecte Julien Pradat a été de toutes les discussions depuis l’été. Aussi, une des clés de l’accord électoral est l’ambition commune de composer la liste à 50% des très nombreuses individualités qui dans la ville s’engagent ou cherchent à s’impliquer sans passer par les formations existantes : les deux premiers mois de campagne s’astreignent à développer les initiatives de campagne et les comités de quartier des gauches avec une dimension spécifique : faire émerger les prises de responsabilités et les candidatures de femmes et d’hommes, jeunes et moins jeunes, de nationalité française ou pas, intérimaires ou en CDI, travaillant dans les importantes fonctions qui font société (enseignement, petite enfance…) ou dans l’économie ordinaire, la recherche etc.
Amienscestletien.fr tient à jour l’agenda de ces trois à cinq cafés citoyens de quartier qui réunissent autour de la tête de liste collégiale tel ou tel réseau de sociabilité. De son côté, François Ruffin après avoir tenu meeting avec Eric Piole le 10 novembre recevra Jean-Luc Mélenchon salle Valentin Haüy le 16 janvier, avant Sébastien Jumel, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann…
Autre singularité du moment : la volonté de dégager dix priorités des gauches pour changer le quotidien des habitant.e.s et des salarié.e.s à Amiens dès 2020. Que la liste commune soit l’opposition municipale 2020-2026 ou qu’elle compose l’exécutif de la nouvelle mandature. C’est une centaine de femmes et d’hommes qui impulsent depuis le 15 novembre apparitions, groupes d’initiatives, rencontres… et qui finalisent ce choix de dix engagements prioritaires. Très majoritairement des trentenaires et des quadragénaires.
Un premier résultat est là : l’humiliation d’avoir eu à voter à l’élection régionale de décembre 2015 entre Le Pen et Xavier Bertrand pour cause d’effondrement du PS, d’EELV et du PC est en passe d’être surmontée. Réinvestir les moments électoraux de vraies ambitions de gauche redevient possible à Amiens.
C’est d’autant plus important que l’arrogance et la brutalité des droites amiénoises battent de nouveaux records. Et Macron a pris deux longues journées dans sa ville natale pour décliner l’accord national LREM-UDI et surtout y associer l’homme fort de LR, le très droitier et affairiste Alain Gest. L’objectif élyséen : qu’Amiens figure en haut de la liste des villes qui auront réélu la droite dès le 15 mars au soir.
Gest ne s’est pas trompé sur le rôle que lui a réservé l’Elysée : dès le 20 décembre, il accusait la candidate Evelyne Becker de faire fuir les multinationales. Premier exercice du droit de suite des gauches le 28 janvier à Mégacité : le procès intenté par plus de 500 ex-salarié.e.s de la multinationale Goodyear à leur ancien employeur y examinera la justification ou la non justification économique de la liquidation d’un collectif d’un gros millier de salarié.e.s, intérimaires et sous-traitants non compris.

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Auteur: 
Eugène Bégoc