Nantes, la vérité sur la mort d'Aboubakar Fofana doit être dite

« Toute la lumière et la plus grande transparence sur les circonstances de ce décès seront faites », vient de déclarer le Premier Ministre en visite ce jeudi matin à Nantes. Quarante huit heures après la mort d’Aboubakar, le moins qu’on puisse dire est que cette vérité officielle est très compliquée à écrire car les témoignages des personnes présentes rue des Plantes mardi soir sont toutes convergentes : Aboubakar a été tiré à bout portant, à hauteur du conducteur, « comme un chien » rapporte le quotidien Presse-Océan.

Ce ne serait même pas une énième bavure policière, mais bien un meurtre. Un meurtre qu’on cherche à taire ou maquiller en dénigrant la victime.

Ce crime, et le refus de le reconnaitre comme tel par les autorités au plus haut sommet de l’Etat, nourrit la haine d’une large frange non seulement de jeunes mais plus largement d’habitants.

Certes, plusieurs dizaines de jeunes hommes se trompent totalement de cible en incendiant locaux associatifs et publics ou en s’en prenant à des commerces et aux transports collectifs. Mais l’assassinat d’un des leurs, d’un semblable, et le mensonge qui l’accompagne ont été plus forts que les appels à la raison. Et, aujourd’hui, la répression ne peut pas restaurer le calme et la confiance. Tout au contraire.

Ce soir*, la marche blanche appelée par la famille d’Aboubakar Fofana sera l’occasion de lui rendre hommage, de le pleurer et d’affirmer notre solidarité à sa famille et ses amis. Mais aussi d’exiger que la vérité sur les conditions de sa mort, à 22 ans, soit enfin dite.

*18h rue des Plantes, tram ligne 3, arrêt Longchamp.

Ensemble!44

Nantes le 5 juillet 2018, 14h30
 

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