A Nice, « L'humain d'abord » en campagne

Lancée dès le mois de novembre par des Assises citoyennes aux échanges intéressants et à la participation prometteuse (plus d’une centaine de participant-e-s), la campagne électorale du Front de Gauche avec toutes ses composantes est d’abord une campagne de terrain qui a commencé dès le mois de décembre par des réunions de quartier dans les deux quartiers populaires emblématiques de la ville (L’Ariane, Les Moulins) et à Nice-Nord, où existe une assemblée citoyenne du Front de Gauche très présente. 

Ce choix n’a rien du hasard. Il procède d’une démarche donnant la priorité à ces quartiers délaissés et périphériques, et à une question symbolique dans les quartiers Nord : celle du devenir du Ray, où l’emplacement de l’ancien stade de l’OGC Nice suscite la convoitise immobilière. 
Eco-immobilière, pourrait-on ajouter, tant la qualification d’éco-quoi que ce soit est devenue une marque de fabrique d’un maire UMP, Estrosi, dont on connaît bien les penchants xénophobes et racistes -voir récemment ses propos sur les Roms- mais dont on sait moins les grotesques prétentions écologistes dans l’habillage du bétonnage (l’OIN appelée Eco-vallée) d’une part, et d’autre part l’autoritarisme combiné à la mégalomanie. Deux traits, de même que les penchants racistes, qui rappellent en moins flamboyant l’ancien maire de Nice : Jacques Médecin, dont Estrosi a été l’une des créatures.

Dans ces trois premières réunions, nous étions présents avec nos camarades qui vivent dans ces quartiers, de même que l’ensemble des composantes locales (PCF, PG) de la liste du Front de Gauche, mais aussi une partie des colistiers et des colistières non-membres du PCF, du PG ou des composantes organisées d’Ensemble (Alternatifs, FASE, GA, GU). 
A noter que ces colistiers et colistières composeront plus du tiers de la liste : c’est la troisième originalité de la liste « L’Humain d’abord », après la première que constitue cette liste en elle-même dans l’histoire de la ville (le PCF avait toujours jusque-là choisi l’alliance avec le PS au premier tour) et la seconde qu’a été le choix participatif de son intitulé (« L’Humain d’abord ») par les participant-e-s aux Assises citoyennes de novembre 2013.

Cette campagne électorale a été dopée par la réussite du meeting du Front de Gauche, le 24 janvier, dans lequel sont intervenus, dans la salle comble et enthousiaste du théâtre de l’Ariane, Arthur Leduc - dont le choix de numéro 3 de la liste relève d’une volonté de renouveler et rajeunir notre représentation - et Alima Boumedienne-Théry pour Ensemble, Roseline Grac et JL Mélenchon pour le PG et Bob Injey pour le PCF, à la fois comme tête de liste et responsable national du PCF. 
La semaine suivante, une nouvelle réunion publique a permis la présentation du programme municipal, résultat d’une écriture collective de plusieurs semaines. Ce programme prend la parti de l’internationalisme et de l’altermondialisme de manière originale, et fait une place importante à l’écologie et aux droits des femmes aux côtés des thèmes plus classiques tels que le logement, la démocratie ou les questions sociales et éducatives.

Les semaines qui viennent seront l’occasion de nouvelles réunions de quartier et d’initiatives thématiques, notamment sur le thème du droit à la tranquillité. Combinées au travail de terrain en continu, elles devraient aussi permettre une bonne couverture médiatique locale, comme c’est déjà le cas.

Alors que la liste NICEA (dont 4 ex-membres figurent dans les 15 premiers noms de la liste), soutenue par les Alternatifs et la LCR, avait obtenu un résultat modeste (2%) en 2008 et qu’aux législatives de 2012, les résultats cumulés des candidatures du Front de Gauche et de la Gauche alternative oscillaient selon les trois circonscriptions locales entre 4,5% et 6%, les premiers sondages ont accordé d’abord 6% puis plus récemment 7% à la liste « L’Humain d’abord ».

C’est un encouragement pour la suite, avec en ligne de mire le résultat de Mélenchon à Nice aux présidentielles de 2012 (9%). Et vu la qualité, l’ouverture citoyenne et le caractère réellement unitaire de cette campagne, on ne voit pas pourquoi l’objectif d’ancrer une gauche authentique et rassemblée dans cette ville -si difficile pour la gauche- ne serait pas atteint, au-delà du résultat de cette élection.

Bruno Della Sudda

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