A notre ami et camarade Louis Aminot. Haut les coeurs !

Louis Aminot nous a quittés dans la nuit du 15 au 16 avril, à l'âge de 76 ans.

Non sans nous avoir averti de la gravité du mal contre lequel il se battait depuis des années. Un mal revenu depuis quelques mois avec, et pendant des semaines, beaucoup trop de souffrances. Toutefois, il témoignait d'une telle volonté de vivre, de continuer le combat militant engagé de si longue date, de participer et de faire aboutir tant de projets en cours, pour lesquels il prévoyait ce qu’il faudrait faire s’il allait mieux, qu'il est difficile d'admettre qu'il ait dû céder, finalement…

Entré dès l'âge de 15 ans aux Jeunesses communistes, apprenti, puis ouvrier à l'Arsenal de Brest, militant CGT et du PCF, vingt quatre ans durant élu de Brest, sa ville de cœur  et d’action, un temps adjoint à la politique sportive, Louis était communiste.
Ouvrier, communiste, révolutionnaire… Le discrédit que tant d'autres attachent à ces mots, Louis à aucun moment n'y a cru.

Il lisait, discutait, continuait à se cultiver, réfléchir, apprendre.
Louis n'a rien ignoré ou sous-estimé des vicissitudes de ce combat communiste qui a donné sens à sa vie. Longtemps militant du Parti communiste, ouvrier et militant de l’Arsenal, localement animateur reconnu de nombreux groupes de militants, il rompit cependant avec celui-ci en 1986. Assumant les changements de relations avec ses amis et ses proches, il participa avec toute son énergie et ses compétences à la création et à l'intervention du courant des Rénovateurs communistes. Il devait ensuite rester membre des Communistes unitaires, rejoindre la FASE, puis ensuite Ensemble !
Dans le même temps il a participé à l'animation du R.E.A.L. (Rencontre des élus et des acteurs locaux), dont il avait récemment accepté d'être le président, et de l’Association Formation et citoyenneté qui assure des formations pour les élus.

Dans tous ces espaces, on n'oubliera pas de si tôt son apport vigoureux, ni ses coups de gueule pour secouer les inerties, obliger à cesser les piétinements, alors qu'il y avait urgence à faire bouger les choses. En particulier sur cette question qui lui tenait tant à coeur, et sur laquelle il avait le sentiment de se heurter à beaucoup d'incompréhensions et de résistances : la paix, le désarmement, l’abolition des armes nucléaires… Il jugeait qu'en ce qui concerne les industries d'armement il fallait articuler étroitement la critique de la dépendance de celles-ci à l’impérialisme français et les débats nécessaires, difficiles, pour que les projets de fermetures et reconversions soient prises en en charge par les travailleurs eux-mêmes. Groupe de travail, articles, réunions sur le sujet, chantier à ouvrir sans attendre, Louis ne manquait ni de propositions ni de détermination !

Louis va nous manquer beaucoup. Pour poursuivre ce travail qu'il nous a incités à prendre en charge.

Mais pas seulement. Nous perdons  un militant de valeur et un ami chaleureux, dont l’absence nous est déjà et restera longtemps douloureuse.

Adieu Louis. Ce combat qui fut le tien, nous le continuerons en pensant à toi.

Le mouvement Ensemble !

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Ensemble Finistère !
Haut les Cœurs !
A Notre Ami et Camarade Louis Aminot

 

Louis Aminot, 76 ans, est décédé dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 avril 2018.
Entré aux Jeunesses Communistes à l’âge de 15 ans, il adhère au Parti Communiste Français pendant son service militaire.
Ouvrier de l’Arsenal de Brest comme électricien, adhérent de la CGT,  il sera de toutes les luttes syndicales et ouvrières, de tous les combats politiques.
Engagé et militant du quotidien, il devient cadre de la Fédération du Finistère-Nord du PCF, avant de rompre avec le PCF en 1986, suivi par plusieurs centaines d'adhérents , pour rejoindre les rénovateurs communistes.
Il fut élu communiste à Brest pendant 24 ans, de 1977 à 2001, et fut notamment adjoint à la politique sportive.
Toujours membre des Communistes Unitaires, Louis s'était engagé dans les Comité Unitaires Anti-Libéraux puis avait participé à la création de la FASE avant de rejoindre Ensemble! Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire.
Louis était un combattant révolutionnaire, engagé pour la Paix, le désarmement, pour l'abolition des armes nucléaires.
Nous garderons de Louis le souvenir d'un homme épris de justice sociale, de liberté , de paix et d'humanité. Nous ne lâcherons rien de ses combats.
Comme il le disait toujours, "Haut les Cœurs" !

 
J'apprends à l'instant cette nouvelle bouleversante. Notre camarade et ami Louis Aminot vient de nous quitter pour toujours.
Beaucoup d'entre vous connaissaient ce militant exceptionnel, porteur de la flamme du communisme.
Haut les cœurs !
Laurent Lévy Paris

Haut les cœurs, mais tristesse, tristesse
Catherine Destom Bottin Morbihan

Très grande tristesse
Un vrai honnête homme
Francine Guenoun Paris

Très triste nouvelle en effet.
Amitiés
Myriam Martin Toulouse

Bonjour,

J'apprends avec beaucoup de tristesse la nouvelle du décès de notre camarade Louis Aminot.
Louis était un militant droit et généreux, dont j’appréciais beaucoup les analyses lucides et justes.
Il va beaucoup nous manquer.
Si cela est possible, merci de transmettre mes salutations affectueuses a sa famille et ses proches.
Philippe Marliere Londres

Très triste d'apprendre cette nouvelle. J'avais beaucoup d'amitié pour lui et nous avions partagé ensemble mais sur des voies différentes la même critique à l'égard du PCF . 
Condoléances attristées 
Daniel Rome Montreuil

Un homme de bien, communiste de cœur, avec lequel nous échangions aussi à propos de sport
Gérard Perreau Bezouille Nanterre

Je ne connaissais pas Louis Aminot mais j'étais destinataire de renseignements pertinents, tous les jours sur tous les principaux sujets majeurs de notre pays. Très attentif à la paix, aux
politiques de défenses etc...Pour lui il semble que le seul chemin possible ce soit le désarmement, le savoir partagé entre tous, l'amitié entre les peuples, le respect des ressources et de la nature.
C'est quelqu'un que j'aurais aimé connaître. Toute ma sympathie à ses proches et ses amis.
Bernard Jaquin    Argut-Dessus 31440

 Oui, très triste nouvelle ce départ de Louis, je le connaissais bien il était également  ami avec  mon père , Marcel Magagnosc, militant jusqu'au bout , et oui merci à Louis d'avoir toujours mis au débat du nucléaire militaire, de la reconversion de l'industrie militaire..Meilleures pensées à sa famille et tous les amis Bretons
Janie Arnéguy Nimes

Ses articles sur les problèmes militaires vont nous faire cruellement défaut. Quelle tristesse.
Nicole Klémentik

Immense tristesse
Patrick Vassalo Saint-Denis

 

Il est des hommes libres, qui peuvent plier et ne rompent jamais. Il en est qui savent incarner la fierté ouvrière, sans confondre la fidélité et la nostalgie. Il y a ceux qui se disent communistes et il y a ceux qui le sont. Louis était de cette dernière catégorie. Les Grecs anciens, pour désigner un être d'exception, fusionnaient les mots de "beau" et de "bon" et les classiques français parlaient d' "honnête homme". Tous ces mots collaient bien à la personne de Louis. Comment pouvait-on ne pas le respecter et l'aimer pour cela ?
Roger Martelli Paris

Louis de Brest-même!
Notre dernière conversation date de 3  semaines. Louis sortait de l'hôpital, où il avait subit chimio et radiothérapie. C'était dur à vivre disait-il. Il devait revoir son médecin quelques jours après. Il disait aussi avoir besoin de temps pour écrire, il avait encore tant de choses à partager. Mais la force commençait à lui manquer. Cela ne l'avait pourtant pas empêché de rester "connecté". Il avait lu le texte de Genevée and Co  Pour un printemps du communisme et disait que les camarades restaient au milieu du gué. Et la boussole de Louis était bien le communisme.
Louis a fait quelques infidélités à sa ville d'origine, mais son port d'attache c'était bien Brest. Brest-même, Brest et son histoire liée à celle de l'arsenal, des luttes et des résistances qui l'ont traversé. Louis enrageait de voir sa ville tourner le dos à cette culture ouvrière, industrielle de la construction navale. Il enrageait aussi de la voir associée au complexe militaro-industriel du nucléaire. Car Louis se mêlait de la question militaire. Parfois on en avait un peu marre de tous ses messages sur le militaire... On ne peut pas dire que le sujet nous passionne tous, mais comme Louis ne lâchait rien, il avait réussi à constituer un groupe de travail à Ensemble pour élaborer une parole commune sur la question.
Louis avait aussi de saines colères. En AG de l'ACU, ou dans les réunions d'Ensemble, il montait au créneau et parfois nous mettait mal à l'aise, mais il fallait que ça sorte, avec Louis il n'y avait pas de non-dits. Quand on prend des coups tout au long de sa vie, ça forge le caractère. Mais Louis avait un gros cœur, un cœur gros comme ça et quand il appréciait quelqu'un il savait le lui dire.
Merci Louis, pour ton amitié
Bises et fraternité
Haut les cœurs!
Sylvie Larue Rennes

Louis Aminot nous a quittés !

Brestois, jeune communiste de 15 ans, membre du Parti communiste, électricien à l'Arsenal, militant CGT, partisan de la  reconversion à des fins civils de l'arsenal militaire de Brest, permanent du PCF licencié pour contestation politique, communiste révolutionnaire et libre.
Que dire quand un ami nous quitte? Que dire quand un camarade de la trempe de Louis nous quitte ? Que dire quand un auteur nous quitte alors que nous attendions avec infinie impatience la suite de son autobiographie?
Rien! Il n’y a que le silence, la tristesse et un sentiment de solitude. Peut-être rappeler qu’il aimait citer son ami Maurice Kriegel-Valrimont: «Il n’y a aucun mal à être le plus à gauche possible». Et, bien entendu, continuer le combat, puisque ce n’est toujours qu’un début, avec Louis caché dans les plis de notre mémoire.

Haut les cœurs!

Pierre Cours-Salies, Patrick le Tréhondat, Patrick Silberstein
Pour les éditions Syllepse

Alors ce filou nous quitte. Quand Sylvie me l’a annoncé, cela a été un vrai choc. Nous nous parlions souvent au téléphone. Nous nous étions parlé aussi (comme Sylvie) à sa sortie d’hôpital. Assez longuement. Il y était question de l’initiative que nous avions tenue le 10 Mars et de ce que nous préparions à propos de « l’outre-mer » et des rapports coloniaux. Loin d’être tourné vers le passé, son souci de dégager au présent les moyens de faire vivre le communisme faisait régulièrement partie de nos échanges comme de ses interventions à l’ACU. Sur cette question, même s’il était ouvert aux avis différents, il était intraitable : on ne pouvait pas renoncer au communisme. Cela nous avait conduit à reparler de 1917 et nous, de ce que nous pouvions tirer de l’expérience. Et c’est sur la base de ce même souci qu’il considérait que nous n’étions pas suffisamment alertés par les enjeux de désarmements. Il alertait sur le fait que la course aux armements et la multiplication des lieux de tensions dans le monde était devenu un mode « de gouvernance » des forces du capital.
Nous n’entendrons plus ses interventions véhémentes, ses moments d’indignations. Il voulait prendre le temps d’écrire et ce temps lui a manqué-ce temps nous a manqué à nous aussi.
Salut Louis et comme tu le disais dans tes mails : hauts les cœurs. J’ai vraiment de la peine.
Pierre Zarka

Le 6 Juillet 2012, Louis nous adressait un message, avec pour objet un mot : Communisme.
Le voici ci-dessous, il n'a pas pris de rides !
Je dis comme plusieurs d'entre vous depuis que la nouvelle est arrivée : Hauts les cœurs !

Gilles Alfonsi Saint-Denis

Message de Louis :

Salut à vous,

Croyez-moi, je ne cherche nullement à "emmerder" les camarades et amis-es de nos listes d'infos et de débats. Nous avons les uns-es et les autres beaucoup mieux à faire que de nous taquiner réciproquement pour "savoir" celle ou celui d'entre nous qui pourrait bien détenir la bonne clé ou la bonne recette. D'ailleurs, " Il n'y a pas de modèle pour qui cherche ce qu'il n'a jamais vu ", a écrit Paul Eluard. Là encore, on a le droit de penser le contraire. Comme chacun-e d'entre nous, Paul Eluard avait le droit de se tromper. Mais, en la circonstance, j'aime bien. Bon, il se trouve que tout ce qui touche à "l'idée communiste" m'intéresse, "océaniquement" parlant. Aussi, je veux à mon tour mettre mon grain de sel.

On peut aborder cette question aussi ancienne que l'exploitation et la domination capitalistes ou pré-capitalistes ou "post-capitaliste industriel" par différentes entrées. Par le biais du Parti ? Dans ma jeunesse, j'ai entendu des dizaines de fois mes vieux compagnons me dire (en guise d'alerte ?), "un mauvais outil fait un mauvais ouvrier ". Par celui de la méthode ? La méthode, c'est la route. D'où la métaphore maritime, "la confusion cap horizon garantit le naufrage !". Un jour, un camarade EELV me rétorqua "tous les humains naviguent sur le même bateau !". Ma réponse fusa, "vrai. Les galériens et leurs maîtres fouettards faisaient-ils pour autant le même voyage ?". On peut "moderniser" cette réplique.

Cela dit, j'ignore la meilleure méthode pour l'invention sociale, démocratique, écologique et la mise en convergence du social et du politique. J'ignore de même la meilleure méthode pour la Révolution. Mais, mais, surtout si c'est impossible, ils nous (au sens nous et les nouvelles générations) faudra bien un jour ou l'autre inventer... pour la Révolution ! De culture communiste, socialiste, écologique, libertaire, progressiste, "nous" ne serons jamais assez nombreux à travailler à cet objectif (cap ou horizon ?).

Je vous laisse. Je me prépare en compagnie de quelques FASEUX de Brest à prendre la route pour Notre-Dame des Landes, en 44.

J'ai écrit ce qui suit (extraits) en 2009.
..... À chacun sa valise, comme on dit. « Communiste, encensé, dénoncé, accusé, condamné, viré, maudit. » Debout. Les mains libres. En quête d’une issue révolutionnaire, j’ai agi sous l’influence des enchantements de « possibles communistes déjà entachés des terribles échecs des socialismes d’état ». Sans reniement, sachant d’où vient le mouvement, le futur est mémoire, je me refuse à laisser le passé me tarauder la tête. Négation de « l’idée communiste », les abominations commises en son nom l’ont durement altérée sans atteindre le coeur de sa fécondité émancipatrice. Perversion criminelle, brutal et dogmatique, « l’ordre stalinien », l’avait prise en otage et odieusement violentée. Les communistes émargent au premier rang de ses victimes, également au-delà de ses propres frontières. L’attestent les faits, témoignages et révélations de l’Histoire. L’attestent les luttes sociales et résistances libératrices. Délivrée de ses geôliers, débarrassée de ses oripeaux dogmatiques, après un travail de deuil, approfondi, sans concession, « l’idée communiste » s’épanouira à nouveau, plus belle et rebelle que jamais. Remise en confiance parmi les dominés et exploités, libérée et soutenue par de grands chercheurs, philosophes, artistes et poètes, elle reprend déjà sa route.

..... Au fond, l'idée communiste n’est rien d’autre qu’une formidable "éveilleuse" de conscience, une magistrale créatrice de sens. À leur manière, dans leurs combats et engagements, le monde du travail et celui de la création expriment son désir d’égalité (des droits et devoirs) et sa soif de liberté. Ainsi du Front Populaire, de la Libération et de son Conseil National de la Résistance, des mouvements sociaux et démocratiques déployés de la fin de la guerre d'Algérie à nos jours, en passant par Mai 68. Ainsi des luttes complexes, parfois rudes et cruelles, des peuples des cinq continents pour la démocratie et leur indépendance nationale. « L’espoir, c’est ce qui meurt en dernier », barytonnent les Irlandais. Il suffit d’interroger les peuples. Il suffit de lire le monde, ses prisons et monuments, les plaques de ses rues et avenues. Loin des longs fleuves tranquilles, jointes aux résistances des combattantes et combattants d’aujourd’hui, les résistances d’hier portent haut, très haut, les témoignages des luttes pour la dignité humaine.

..... Tragiques ou pathétiques, les tentatives et expériences du siècle précédent autorisent au moins un enseignement. Des changements durables ne s’épanouiront que dans un extraordinaire affrontement politique, en tant que processus inédit de transformation démocratique poussé jusqu’à la métamorphose, sociale, culturelle, écologique, elle-même démocratique. Dégagée des rites, règles et considérations de type militaire, la révolution vérifie sa force de conviction dans ses capacités d’avant-garde à échapper à l’avant-garde.

Quant à eux, les Rénovateurs communistes écrivaient déjà ce qui suit dans leur Manifeste "La Révolution camarades !", en 1987...
Un. « Être communiste, être révolutionnaire, c’est dire non à l’ordre établi, refuser ordre et désordre capitalistes. C’est en même temps être porteur d’une utopie concrète, le communisme, négation du capitalisme. C’est en même temps affirmer sa volonté de penser, d’inventer, d’agir au coeur de la société existante pour la justice et la liberté, pour construire d’autres rapports au travail et hors travail, d’autres rapports entre les personnes et les groupes, d’autres solidarités collectives. Les tendances au communisme surgissent de la production moderne qui a besoin d’individus libres. »
Deux : « Les valeurs centrales du communisme telles que l’égalité, le libre développement de tous, la solidarité, sont à l’oeuvre sous nos yeux et constituent à la fois le but et le moyen de tous les grands mouvements sociaux, culturels, qui traversent la société. »

Louis Aminot. Apprenti, ouvrier et technicien, de l’Arsenal de Brest de 1955 à 1974. Secrétaire fédéral des Jeunesses communistes (UJCF-29) de 1964 à 1968. Syndicaliste CGT de l’Arsenal de Brest de 1963 à 1974. Membre du secrétariat fédéral du Pcf-29 de 1965 à 1986. Rupture avec le Pcf en 1986. Membre fondateur du courant Rénovateurs communistes de 1984 à 1989. Élu de Brest (Adjoint au maire puis Vice-président de la Communauté urbaine) de 1977 à 2001. Directeur des Relations Publiques de la ville de Sevran (93) de 2004 à 2009. Pacifiste, membre de l’Association nationale des Communistes unitaires et de la FASE, Fédération pour une alternative sociale et écologique. Co-Président de l’association APM-Nautilus. Auteur de nombreux articles politiques et d’analyses sur le sport, la Défense, la paix et le désarmement, et de « Zef ou l’enfance infinie », 2008, Éditions Syllepse.

C'est avec émotion et une grande tristesse que j'ai appris la disparition brutale de Louis Aminot.
C'était un ami, un camarade, un militant politique mais aussi un militant sportif avec les responsabilités qu'il a assumées
à la mairie de Brest.
Je m'associe à l'Hommage qui pourra lui être consacré.
René Moustard 94

Oui, un choc. Plus que triste. Poignant.
Louis Aminot, chair du PCF, avant d’être séparé.
La part d’histoire, et singulièrement du moment crucial dont il était porteur ne doit pas être forclose.
Je conserve dans son message la nécessité d’une démilitarisation des esprits.

Salut et fraternité, cher Louis !...

Aubert Sikirdji Normandie

Je suis moi aussi très attristée.
Je rend hommage à notre camarade aux convictions profondes, sincères et tellement humaines...
Je suis des vôtres par la pensée…

Nadine Stoll Haute Garonne

Louis Aminot s’en est allé.
Notre ami Louis Aminot s’en est allé à l’âge de 76 ans. Il est décédé dans la nuit du 15 au 16 avril à Brest.  
On le savait malade, mais on ne s’attendait pas à un départ aussi rapide. 
Louis était un militant ouvrier qui s’était formé à l’arsenal de Brest. De cette histoire, Il portait en lui les combats pour la Paix et le désarmement nucléaire.

Louis, ne laissait personne indifférent. Son engagement et attachement aux causes qu’il considérait comme juste, il savait les porter, toujours avec la bonne humeur et l’humour qui le caractérisaient. 
J’ai connu Louis au début des années 80 et partagé ses combats politiques et son enthousiasme pour un monde meilleur. Militant communiste, élus en Bretagne dans sa ville de Brest, Louis était aussi engagé dans la rénovation et la refondation du communisme. C’est en 1986 après le 25eme congrès, qu’il a quitté le Parti communiste, mais il continuait à se considérer comme un communiste de l’extérieur. 
En novembre 1993, au moment de l’éclatement de la Yougoslavie, nous participions ensemble à la conférence internationale pour la Paix organisée par l’assemblée européenne des citoyens sur le lac d’Ohrid en Macédoine. C’est de cette époque militante que date notre amitié. Il habitait en Bretagne et moi en Corse, mais nous n’avons jamais perdu le contact.
Toujours membre des communistes unitaires et militant dans le Mouvement Ensemble, il a été de tous les combats ces 30 dernières années pour reconstruire une Gauche de transformation sociale. 
Louis était un homme attachant, sensible, fidèle avec ses amis, un homme de convictions et d’engagements.

Jacques Casamarta
Ajaccio le 16 avril 2018 

Louis,

tu resteras dans mon souvenir à travers l'article que j'avais suivi pour la revue Collectif en 1991 : j'avais alors déjà entendu parler de toi et de tes combats, mais c'est à ce moment que j'en ai compris l'ampleur.

Relier le nouveau sens à donner au travail dans les arsenaux de Brest à la lutte pour la paix, tel était l'enjeu que tu proposais.

Je t'ai retrouvé il y a juste deux ans, à l'université d'été d'Ensemble ! : ce combat était toujours le tien !

avec mon souvenir, Louis-Marie Barnier Val de marne

Relisant quelques intervention et contributions de Louis, sur nos sites, je me souviens qu'il avait évoqué l'envie de donner une suite à "Zep", récit de son enfance et adolescence. Je lui avais alors proposé, en attendant plus, une "carte blanche". Cette "navigation sur la route du changement" est ici:
http://www.communistesunitaires.net/articles/carte-blanche-louis-aminot
Michèle Kiintz-Tailleur Paris

 

Je viens d’apprendre la mort de Louis, Louis était une tête dure et un cœur ouvert.

Depuis plus de 30 ans, du temps des rénovateurs communistes et des comités Juquin, il était un ami, un camarade, un vieux frère ou quelque chose comme ça !!!

Ouvrier, il aimait, ou plutôt il mettait un point d’honneur à rappeler qu’il l’était, parce que c’était d’où il venait, d’où il parlait.

Cela pouvait paraitre exagéré voire exaspérant pour certain, mais pour Louis la Classe, sa Classe ce n’était pas une abstraction, et il suffisait d’une virée, bien souvent nocturne, sur le Port de Brest pour se rendre compte que la Classe ouvrière c’était son chez lui.

Il a été de tous les combats, et pas seulement, comme on l’écrit trop souvent, à gauche de la gauche ; il a été de tous les combats de son camp social !

Militant infatigable de la paix et du désarmement, mais pas par pacifisme béat ou par un humanisme de salon, Louis menait ce combat parce qu’il savait que c’était une des conditions de l’Emancipation sociale, de la Révolution.

Pour lui il n’y avait qu’une gauche, celle du peuple, celle des ouvriers et ouvrières des usines, celle du salariat dans sa diversité. Il ne minimisait pas les différences qui divisaient La Gauche, mais il pensait qu’elles devaient être surmontées, non pour unir les appareils mais pour rassembler sa classe sociale, la seule gauche sur le fond à laquelle il a toujours adhéré.

Conscient que notre émancipation ne pouvait venir que de notre engagement, qu’elle ne pouvait être que notre œuvre, pour paraphraser une autre tête dure, il n’avait de cesse de nous rappeler à notre tache première : étudier ! Étudier la société, ses contradictions, ses potentialités transformatrices. Combien de fois ne m’a-t-il dit tu dois travailler plus ton sujet. Il y a à peine plus d’un mois, je l’appelais pour lui annoncer le décès d’une grande Dame, là encore il m’avait reproché de ne pas m’investir plus sur les questions de l’industrie de l’armement. A cette occasion il m’avait dit : « tu sais nous ne sommes pas nombreux à nous battre là-dessus, il faut nous instruire, c’est compliqué mais sinon il n'y aura que des spécialistes ». Et pour Louis ce nous avait un sens « Prolétarien » !

C’est déjà cet engagement qui le conduisit à s’opposer au PCF dés le début des années 80, Louis n’avait pas attendu que d’autres communistes « critiques », comme on disait à l’époque, s’organisent. Non, Louis avait dit ce qu’il avait à dire et il s’était engagé, contre vents et marées ! Et ce qu’il avait à dire il le résumait dans une seule phrase « Je ne veux plus manifester le Dimanche à L’Ile Longue pour le désarmement, et dès le lundi manifester à Brest pour la construction d’un nouveau bâtiment nucléaire au nom de l’emploi ».

C’est la dénonciation de cette violente et insurmontable contradiction, celle du sur-armement nucléaire, dont nous ne savions à partir de combien de bombes il commençait, qui amena Louis à la rupture avec le PCF, à moins que ce ne soit  le contraire. Rupture il y a eu c’est incontestable, elle peut être minimisée, voir escamotée, comme souvent, car tous se font un devoir de se réconcilier dans l’émotion et dans l’hommage.

Mais cette rupture, l’obligea à travailler bien au-delà de l’âge de la retraite. Car à l’époque, certains ont dû  juger que cotiser à une caisse de retraite pour un ouvrier c’était un luxe. L’organisation dont Louis était permanent lui organisait le minimum vieillesse, les hommages peuvent être chaleureux ! Et quand au bout de son parcours, il lui fallut trouver un employeur à plus de 60 ans, les camarades ne furent pas empressés, même plus de 20 ans après son exclusion.

Qu’importe ! il a poursuivi ses engagements, et donc,  pour la paix et le désarmement aussi.
Des Rénovateurs Communistes, à la Convention pour une Alternative Progressiste, jusqu’à Ensemble ! il nous a souvent rappelés à ce combat, preuve d’une constance et d’un internationalisme chevillés au corps.

Aujourd’hui je vais être triste, lourdement seul, mais aujourd’hui seulement car il n’aurait pas voulu qu’il en soit autrement.

Car si la mort des camarades te laissait toujours dans une angoisse terrible, surtout quand la Camarde les frappait trop jeunes et, on peut dire que la liste fut longue, beaucoup trop longue pour toi ; la nécessité de continuer le combat, le chemin de notre vie en fait, te remobilisait rapidement et totalement.

C’est à cet exemple que je vais essayer de m’attacher, et je suis certain que si un jour je m’égare, si je doute, ou tout simplement me fatigue, une voix ferme et haute, remplie d’embruns et pourtant douce, me dira allez petit gars, haut les cœurs !!!

Alex Legros
Syndicaliste CGT
Membre d’Ensemble
Ex porte parole du MGP Sarthe (2001-2007)

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