Ouh là là, comme ils sont énervés tous les partisans de NDDL !

Françoise Verchère, co-présidente du CéDpa, répond à certaines attaques

Philippe Grosvalet menace d’aller en justice, car « avec ou sans E.Macron l’aéroport se fera ! ». « Le Président n’est pas au dessus des lois », ajoute-t-il. Certes, mais il nous semblait que l’aéroport était un projet d’État et que donc l’État seul pouvait décider de sa poursuite ou de son abandon, non ? Et de quelle loi exactement parle P. Grosvalet ? Mystère…

Décidément très en verve, le même P. Grosvalet affirme qu’il faut absolument une ligne ferroviaire digne de ce nom entre Nantes et Rennes, qui passerait par… NDDL bien sûr. Aurait-il oublié qu’il avait lui-même à l’automne 2014 regretté (en off, certes, à la table du déjeuner suivant la session) que viennent en débat public les fameuses Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de Loire, dans lesquelles s’insérerait cette ligne, jugeant alors que tout cela était programmé entre 2030 et 2050 et qu’il était bien inutile d’en parler en 2014 ? Ne serait-il pas temps de reconnaître que la liaison tram-train Nantes-Châteaubriant n’a pas été pensée intelligemment ? Mais peut-être ne veut-il pas faire de peine à Jacques Auxiette, ancien président de la région, et à Gilles Bontemps ancien vice-président communiste, qui se sont « arrangés » avec la commande publique mais qui pourfendent avec ardeur les « hors la loi » de NDDL ? (cf article de Médiacités du 20 septembre 2017)

L’actuel Président de la Région n’est pas en reste ! Lui aussi tempête, menace, s’insurge, contre les médiateurs d’abord, puis contre l'un des bureaux d’étude retenus, Carbone 4. Cerise sur le gâteau qui me flatterait presque si tout cela n’était ridicule, le SMA s’étrangle à l’idée « qu’une opposante appelant publiquement à s’opposer physiquement au démarrage des travaux » participe aux réunions de controverse face à la DGAC. En quoi est-ce le signe d’une éventuelle partialité de la médiation ? Bruno Retailleau ne l’explique pas. Je représente effectivement avec d’autres le CéDpa aux réunions actuelles, comme je l’ai fait pour toutes les autres instances (Commission du dialogue, groupes Cuvillier, CNDP, etc.). On ne peut pas dire que pour l’instant nos positions aient été reconnues. Qu’en sera-t-il cette fois ? Nous n’en savons rien mais si cela peut rassurer Bruno Retailleau, qu’il sache que nous ne sommes pas en osmose avec les médiateurs ni en accord avec un certain nombre de leurs hypothèses. Et nous pourrions nous aussi nous insurger publiquement que l’étude sur la piste soit confiée à l’IFFSTAR et CEREMA qui ont travaillé et travaillent pour la DGAC et le projet NDDL. Simplement, jusqu’ici, nous avons respecté ce qui nous était demandé, à savoir une totale discrétion sur le travail en cours. Nous aurions pourtant préféré que tout fût public pour éviter la suspicion. Nous l’avions d’ailleurs demandé, en vain.

Monsieur Retailleau nous semble en tout cas bien mal placé pour donner des leçons de morale, lui qui a fait financer une campagne de publicité pour l’évacuation de la Zad, hors toute compétence de la Région, et qui a lancé une pétition manipulée sur le même sujet. On sait bien que son rêve de conduire lui-même les forces de l’ordre à l’assaut s’est effondré en même temps que s’écroulait la statue vertueuse de son mentor François Fillon. Mais la déception se soigne, il y a de bons psychologues dont c’est le métier. Il y a aussi le jeu pour oublier. Interville n’existe plus, dommage, car vingt après, B. Retailleau aurait pu une nouvelle fois gagner... avec un petit coup de pouce de Chiabodo bien sûr ! (cf Canard enchaîné du 27 septembre).

Mais la position la plus formidable est peut-être celle du maire de Saint-Aignan de Grandlieu. Le LAC, la préservation du LAC, de sa faune de sa flore, sa Zone Natura, ses protections européennes, voire mondiales, il nous en a parlé cent fois, prétextant que l’aéroport menaçait ce joyau. Et voilà qu’il construit sans autorisation une passerelle malgré la loi littoral ! Gêné ? Pas le moins du monde... Quand l’État lui demande logiquement de la démonter, il attaque l’État en référé ! Et qui vient cette fois appuyer la position de l’État ? Les associations environnementalistes, ces affreux naturalistes qui ont trouvé à NDDL des espèces protégées non identifiées que le Préfet refuse pourtant de voir ...Ubu est de retour !

Reconnaissons au maire de Saint-Aignan qu’il s’occupe aussi des habitants et pas seulement des oiseaux. Il veut aussi attaquer l’État pour mise en danger de la vie d’autrui car Nantes-Atlantique n’a pas encore de PPBE (Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement). « Mise en danger de la vie d’autrui » voilà qui nous rappelle un des arguments fallacieux utilisés, celui de la sécurité. Car dans ce cas, il lui faudra d’abord prouver que Nantes-Atlantique est plus dangereux et plus pénalisant pour ses riverains qu’Orly, Roissy, Marseille, Toulouse, Bordeaux et autres aéroports français... Cela dit, M. Lemasson a raison de demander un PPBE, nous l’avons fait également, comme nous demandons aussi la révision du Plan de Gêne Sonore depuis des années ! Un PPBE est en effet obligatoire à partir de 50 000 mouvements, atteints désormais à Nantes-Atlantique. Ce plan devrait permettre, si tous les acteurs jouent le jeu, d’améliorer les conditions des habitants survolés, notamment la nuit. Nous l’avons déjà dit mais recommençons : oui, les avions font encore du bruit, même s’ils en font moins qu’avant, oui ce serait mieux qu’ils n’en fassent pas du tout, comme ce serait mieux que les voitures soient silencieuses, de même que les usines, les trams, les hélicoptères du Samu, les balayeuses et les camions poubelles. Mais nous pensons qu’on peut concilier un aéroport qui ne sera jamais Roissy (et c’est heureux !) et une vie correcte pour les riverains. C’est en tout cas ce que nous défendons auprès de la médiation...

Le 3 octobre, Françoise Verchère

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