Outre-mer: quel colonialisme français ?

Samedi 31 Mars 9h15-17h

26 rue Malmaison 93170 Bagnolet - Métro Galieni

Comment définir aujourd'hui le lien de la France à «ses» Outre-mers.

Il s'agit de percevoir la réalité et la complexité de la nature du lien entre la France et Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Polynésie, Mayotte, Kanaky-Nouvelle-Calédonie. La multiplication des mots, colonial, néocolonial, postcolonial, décolonial, sont pour nous comme une alerte à la nécessité de déchiffrer sérieusement ce qui, depuis la départementalisation, a cessé d'être, ce qui demeure ou ce qui s'est métamorphosé. Les situations, pour spécifiques qu'elles puissent être, ne sont-elles pas néanmoins globalement caractérisables? En outre, nous sommes persuadés que d’ignorer l’existence de ce type de domination est un obstacle à l’émancipation de tous.

L'autre alerte est l'accélération des phases de crise dans ces départements et régions. Nous voulons agir pour la convergence des engagements de là-bas et d'ici. Nos réflexions nous portent à penser qu'il faut entamer ici, le mur de déni de la domination que la France exerce à l'égard de ses «anciennes colonies».

Cependant, nous nous refusons à fonder notre action sur une proposition idéologique. Nous voulons qu'elle se nourrisse des savoirs construits de la recherche.

9h15 Accueil

9h30 «Quel colonialisme français?»

Nous avons choisi de demander à Patrick Bruneteaux d'ouvrir la journée de ce séminaire. Son intervention
abordera les problématiques suivantes :

Peut-on parler d'un cadre colonial persistant mais largement transformé?

La matrice socio-historique de l’esclavage et de la colonisation continue-t- elle d’oeuvrer dans les structures comme dans les habitus?

Guadeloupe, Guyane,aujourd'hui Mayotte, notamment sont le théâtre d'âpres crises sociales. Témoignent-elles d'une rébellion récurrente contre l'ordre colonial, ou sont-elles solubles dans une colonialité apaisée, ce que suggère le retrait -apparent- des courants indépendantistes?

Que nous disent les intellectuels locaux quant à cette potentielle survivance néocoloniale? Que nous apprend la
comparaison entre Césaire et Fanon?

Patrick Bruneteaux est Chercheur CNRS au sein du Centre de Recherche Politique de la Sorbonne (CRPS) /
Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP-Paris)

13h Déjeuner

14h L' après midi sera consacré à Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Le référendum sur l'indépendance se profile.
Nous avons souhaité l’intervention de Stéphanie Graff.

A travers une présentation de l'actualité politique de la Nouvelle-Calédonie, il s'agira d'éclairer l’interprétation et la mise en oeuvre des concepts d’«indépendance», de «décolonisation», d’«autodétermination», d’«autochtonie» dans les revendications kanak et la politique française en matière de droits des pays et peuples coloniaux et de droits des peuples autochtones.

Au regard du droit international, le peuple kanak est autochtone et colonisé. La Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste des pays à décoloniser des Nations unies depuis 1986. Quelles ont été, à travers l’histoire et jusqu’à aujourd’hui, les stratégies politiques et juridiques choisies par le peuple kanak pour avancer dans ses revendications et quel a été le positionnement de l’État français vis-à-vis de ces revendications pour protéger ses intérêts?

La question du droit de vote, point focal des conflits politiques passés et présents, sera également abordée.
Stéphanie Graff est anthropologue et fait des recherches en Nouvelle-Calédonie depuis 2005. Elle vit depuis
plusieurs années en Nouvelle-Calédonie et travaille au sein d'une institution locale. Elle est impliquée au quotidien au coeur des sphères politiques calédoniennes notamment sur les questions qui concernent l'avenir politique et institutionnel du pays. Elle est l'auteur d'une thèse intitulée « Autodétermination et autochtonie en Nouvelle-Calédonie. L'effacement progressif de la question coloniale ». Elle est également chercheur associé à l'Université James Cook en Australie, au Laboratoire DynamE à l'Université de Strasbourg et au sein du Larje à l'université de la Nouvelle-Calédonie.

17h Fin des travaux

Contacts

Réserver un repas / Sylvie Larue : sylvie.larue@wanadoo.fr

Une participation de 10 euros vous sera demandée

S'inscrire au séminaire / Catherine Destom Bottin : bottin.destom@orange.fr

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