A Pau, l'élan d'une liste citoyenne à l'initiative du Front de Gauche

Sous le (beau) titre d' « Une ville pour nos vies », futurs candidats et comité de soutien ont commencé à faire vivre des ateliers citoyens et à aller à la rencontre de la population sur les marchés, dans les quartiers. Une liste qui se veut ouverte, faisant large place à des acteurs locaux du mouvement social, personnalités, militants associatifs ou syndicaux.

Parti communiste, Parti de Gauche et FASE-Ensemble 64 en sont partie prenante et moteurs.

Cela n'a pas été si évident : comme dans bien d'autres villes, les cultures différentes, les expériences passées ne traçaient pas d'emblée une voie commune et déterminée. Mais la situation politique nationale, les orientations de plus en plus ouvertement néo-libérales d'un gouvernement Hollande largement soutenu par les élus du PS ont aidé à la décision de tous et bien nous en a pris au vu des derniers développements nationaux comme locaux.

Il faut dire qu'avec un François Bayrou en lice, jouant son maintien dans l'arène politique, les manœuvres ne manquent pas : alliance en cours UMP/ Bayrou, changement de tête de liste au Front national pour tenir compte de l'écho national supposé de ces élections. Quant au PS, il n'en finit pas de se déchirer en public et par voie de presse. La députée-maire sortante, en grande difficulté, ne se représente pas. C'est David Habib, le maire de la ville voisine de Mourenx (complexe de Lacq-Total...) qui a été imposé par Solferino, en lieu et place du « dauphin » désigné. Il n'a pas hésité à faire voler en éclat le « pacte » avec la majorité sortante, provoquant de grandes amertumes chez des « sortants ». Un autre ex-PS, ex-maire à la mort d'André Labarrère, est en embuscade : Yves Urieta, prêt sans doute à faire ensuite alliance avec le plus offrant.

Pas facile dans ces conditions de rendre lisibles les enjeux d'une élection municipale dans une ville moyenne confrontée aux difficultés d'emploi, à la montée des inégalités, dans une communauté d'agglo atone.

A Pau aussi, l'humain d'abord !

Les coupes budgétaires vont coûter cher aux citoyens et aux collectivités locales. Pour beaucoup de jeunes, de retraités, il est de plus en plus difficile de vivre correctement au quotidien ou même de se loger.

Peut-on rêver d'une autre ville, plus humaine, plus solidaire, plus écologique ? C'est ce que proposera le programme en cours d'élaboration avec les ateliers citoyens. Déjà, la campagne pour la gratuité des transports publics est en cours, la réflexion avance sur les circuits courts et une autre façon de « nourrir la ville », d'autres questions ( jeunesse, logement, démocratie, éducation, culture...) se sont approfondies dans la richesse d'échanges , même vifs, entre militants de divers horizons pour proposer un programme cohérent et alternatif.

Ce qui fonde la démarche collective avait été clairement notifié par un accord en novembre 2013 :

- une liste montrant la diversité des sensibilités politiques et des acteurs sociaux/associatifs,conduite par Olivier Dartigolles.

- une campagne collective et citoyenne, une animation et une communication collégiales

- infliger une nouvelle défaite à la droite et à l’extrême droite

- faire de cette élection et des prochaines municipalités des points d’appui pour refuser la politique d’austérité du gouvernement, pour refuser l’asphyxie des collectivités territoriales.

- mettre en œuvre des politiques communales :

  • pour le développement du service public

  • pour toutes les personnes les plus touchées par la crise

  • pour impulser des radicalités concrètes

  • pour favoriser un nouveau développement de la démocratie active

  • pour mettre en œuvre des politiques écologiques audacieuses

- avec l'hypothèse (en cas de score inférieur à 10% !) d'un rassemblement au 2ème tour pour battre la droite, par une fusion démocratique en proportion des résultats du 1er tour, sans négociations programmatiques.

Tout ça ne se fait bien sûr pas sans tensions, petites ou grandes, en cours de route mais personne ne perd de vue l'objectif prioritaire : faire entendre dès ces élections le refus de la politique gouvernementale, fédérer nos batailles passées et à venir...

Isabelle Sargeni-Chetaud

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