Pour Georges Ibrahim Abdallah

Quelques mots pour le plus ancien prisonnier politique d’Europe.

La France détient ce triste record. Georges Ibrahim Abdallah est en prison depuis 30 ans. Sa peine de sureté étant accomplie depuis 1999, Georges Abdallah est ainsi libérable depuis 15 ans.

Rappel des faits : Georges Abdallah est un militant communiste arabe. Au sein du FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine) puis des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), il a lutté dans la résistance palestinienne et libanaise contre la colonisation et l’occupation israélienne dès la fin des années soixante.

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il est condamné à 4 ans de prison, puis en 1987 à la réclusion à perpétuité pour complicité dans l’exécution d’un agent des services secrets israéliens et d’un attaché militaire états-unien. Dans une entrevue à La Dépêche du 7 janvier 2012, Yves Bonnet, directeur de la DST au moment de l'arrestation, juge anormal et scandaleux le fait de maintenir encore emprisonné Georges Ibrahim Abdallah. Ses propos sont sans ambigüité : « il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d'accord, c'est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatila dont les coupables n'ont jamais été punis. Et aujourd'hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu'elle a libéré Maurice Papon ? ». Il pense ainsi à une vengeance d'État, « c'est absolument lamentable » lâche-t-il dans cet entretien.

Des décisions judiciaires insupportables : la cour d’appel de Paris a rejeté ce 26 février 2015 l’appel formé par Georges Ibrahim Abdallah, après un refus par le tribunal d’application des peines, le 5 novembre 2014 de sa dernière demande de libération. Celle-ci avait été déclaré « irrecevable », au motif qu’il n’avait pas fait préalablement l’objet d’un arrêté d’expulsion.

La cour d’appel a donc rejeté une nouvelle fois la demande de libération en raison de l’absence d’une mesure d’éloignement du territoire français, mesure que le ministre de l’intérieur actuel, comme Valls en 2013 refuse de prendre. Et ce malgré des courriers du consulat libanais informant la France de l’acceptation du retour d’Abdallah sur le territoire libanais. Cette atteinte à la séparation des pouvoirs est maintenant flagrante et confirme que le maintien en prison est une décision politique de l’État français plus soucieux de plaire à ses amis états-uniens et israéliens que de droits de l’homme.

Cet acharnement judiciaire est insupportable. De plus en plus de voix, dans notre pays et dans le monde, s’élèvent pour exiger la justice et la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Ensemble ! ne négligera aucun effort.

Christian Darceaux

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