Pour un Front de gauche actif dans la jeunesse

Cette intervention a été préparée pour le Conseil national élargi du Front de gauche du 6 septembre 2014. Elle n'a pu être faite faute de temps, mais cette contribution écrite doit permettre de lancer le débat.

La jeunesse est un milieu social pouvant connaître des mobilisations spontanées et radicales. Cela a été le cas à plusieurs moments dans l'histoire ; plus récemment, la fin des années 2000 a été marquée par de nombreuses luttes dans la jeunesse : contre le CPE, les suppressions de postes dans les lycées, la LRU...
Cela s'est également vu durant l'année écoulée, alors que de façon générale les luttes sociales peinaient à se développer : contre les expulsions (octobre-novembre), contre le FN (mai), en solidarité avec la Palestine et face à la complicité du gouvernement français (juillet-août) ; dans une série d'universités ont eu lieu des mouvements face aux conséquences de l'austérité budgétaire.
Sans mythifier le rôle de la jeunesse, il faut se saisir de ces mobilisations et de celles qui peuvent éclater. Bien que souvent dispersées, partielles, avec une formulation politique incomplète ou ambiguë, elles peuvent être des points d'appui cruciaux dans la construction d'un rapport de force et la crédibilisation d'une alternative.

L'intervention dans la jeunesse est nécessaire pour diffuser les idées de gauche dans les générations qui viennent, mais également pour rajeunir nos organisations et créer du neuf. Bien que les jeunes soient particulièrement touchés par l'austérité (précarité, éducation, retraites...) et sensibles aux discriminations, la conscience politique y est moindre que par le passé, même si pour une part elle peut s'exprimer différemment (engagement associatif). La montée des idées nationalistes et racistes parmi les jeunes devrait nous alarmer.

Jusqu'à présent l'intervention jeune des forces du Front de gauche ou qui y sont liées a été dispersée et insuffisante dans les mobilisations, le plus souvent sans unité des composantes du Front de gauche. Pas suffisamment réactives, nos organisations ne sont surtout pas en mesure d'animer nationalement les luttes. Même en période électorale, l'activité sur ce terrain a été difficile et épisodique. Si l'intervention autonome de chaque composante est évidemment légitime, les stratégies dans la jeunesse limitées à l'auto-construction tombent loin des nécessités de l'heure.

Une réponse conséquente serait de nous inspirer des villes comme Tours ou Clermont-Ferrand où des comités jeunes du Front de gauche fonctionnent, regroupant les membres de toutes les composantes présentes localement ainsi que des non-encartés. Des cadres jeunes du Front de gauche ouverts aux lycéens, étudiants et jeunes travailleurs permettraient à des jeunes souvent méfiants envers les partis politiques de s'engager.
Des campagnes communes pourraient être menées dès cette rentrée : contre l'austérité dans les lycées et les université, contre le TAFTA, de même que dans les différents cadre collectifs qui viennent à apparaître.

Il s'agit de relancer la dynamique du Front de gauche par une ouverture et un travail commun à la base, et de renforcer son action dans et pour les luttes. C'est loin d'être valable seulement pour la jeunesse, mais cela revêt là une importance particulière, d'autant que nous partons aujourd'hui de loin.

Louise P. et Nicolas V., pour les jeunes d'Ensemble !

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