Pour une vraie politique de gauche, par Didier Paillard (maire de Saint-Denis)

A Saint-Denis (93), les militant-e-s d'ENSEMBLE (GA, FASE et non-encarté-e-s) participent activement à la campagne de Didier Paillard, maire de Saint-Denis, aux côtés des militant-e-s du PCF, du PG, de la GU et des sympathisant-e-s du Front de Gauche. La campagne est également soutenue par la section locale d'EE-LV, le MRC, des militants locaux du PRG et bien d'autres. L'extrême-gauche sera représentée par des listes autonomes du NPA et de LO.

Le principal opposant à Pailard et sa liste large de rassemblement est le député PS, Mathieu Hanotin, qui mène une campagne axée essentiellement sur la propreté et la sécurité et une critique en règle de la gestion municipale, responsable selon lui de tous les maux de cette grande ville de banlieue. En effet, le PS ici, comme dans d'autres villes 'communistes' de la banlieue, dépense une énergie folle à ravir la ville ... de la gauche, soutenu sans aucun doute par une grande partie de l'électorat conservateur. Déjà en 2012 la dynamique de Mathieu Hanotin qui lui a permis d'arriver en tête au 1er tour puis de battre le député sortant, Patrick Braouezec, a été assurée par l'effondrement de l'électorat de l'UMP.

Les militants de la GA et de la FASE, et maintenant d'ENSEMBLE, ont longtemps défendu l'idée qu'un des axes majeurs de notre campagne devait être de critiquer la politique menée par le gouvernement Hollande-Valls-Ayrault d'un point de vue de gauche, anti-austérité, antiraciste et pour une vraie politique de gauche - ce qui n'empêche pas d'argumenter sur le bilan de l'équipe sortante et de proposer un renouvellement.

De leur côté, les partisans de Hanotin ont tout intérêt à essayer de faire oublier la politique de leur gouvernement et le contexte national et international en général, pour se concentrer sur tout ce qui ne va pas à Saint-Denis. C'est malheureusement une stratégie qui pourrait leur réussir, car avec le développement du chômage et de la précarité, la crise du logement - particulièrement aigüe à Saint-Denis -, l'arrivée de quelques centaines de migrants Roms qui essaient tant bien que mal de survivre dans des conditions dégradantes dans des campements de fortune au bord du canal, des autoroutes et des lignes de chemins de fer, et bien d'autres problèmes sociaux, une partie de la population risque d'exprimer son mécontentement par un vote contre le 'sortant'. Quant au potentiel du FN, c'est un des inconnus de ce scrutin, et même si le parti de M Le Pen n'a pas fait de 'bons' scores ici depuis quelques années, on peut craindre que la droitisation d'une partie de l'électorat populaire de toutes origines qu'on observe au plan national ne touche même ce bastion historique de la gauche radicale. Enfin, la présence d'une liste socialiste dissidente (le Parti socialiste de gauche, PSG) conduite par un ancien dirigeant, et de listes indépendantes, communautaires ou pas, risque de brouiller encore plus cartes.

Dans cette situation, la campagne de Didier Paillard, et le Front de Gauche, bénéficiera d'une clareté politique exemplaire. C'est donc un signe positif que vient d'envoyer le candidat avec ce nouveau tract:

Pour une vraie politique de gauche

Non Monsieur le président, le problème de la France ce n’est pas le coût du travail mais le coût du capital.

En 20 ans la part de cotisations sociales payées par les entreprises est restée stable et s’élève aujourd’hui à 158 Milliards d’ € ; dans le même temps, celle des prélèvements financiers (dividendes, frais bancaires) sur les richesses produites a doublé pour atteindre 299 Milliards d’ €. Dans cette période, la situation de l’emploi et du pouvoir d’achat pas ne s’est pas améliorée.

Le nouvel allègement de charges de 30 Md € annoncé par le Président ne fera qu’augmenter les marges des entreprises. Ces vielles recettes, éternel dogme de la droite, n’ont jamais créé d’emplois Il suffit d’ailleurs de voir les mines gourmandes des représentants du patronat et d’entendre leurs vagues promesses pour s’en convaincre

Le président de la République avait fait campagne pour « le changement maintenant » et il avait promis de s’attaquer à « son pire ennemi, la finance ». Aujourd’hui la désillusion est immense de le voir lui, son gouvernement, ses députés, tous élus il y a seulement 20 mois sur une ambition à gauche, reprendre à leur compte la politique antisociale et inefficace menée par la droite. Allègement de charge, salaires en berne, baisse considérable des dépenses publiques, je ne sais pas si c’est social- démocrate ou social-libéral, mais je sais que ce n’est pas une politique de gauche.

A Saint-Denis, le rassemblement de plusieurs formations politiques de gauche et écologiste autour de ma candidature pour les élections municipales nous rend plus forts pour développer une véritable politique de gauche au service des habitants. Ce rassemblement est clair sur le projet et les engagements. Il nous permet de construire avec les Dionysiens les réponses solidaires et concrètes aux difficultés économiques et sociales qui s’aggravent.

 

 

 

Blog
Auteur: 
Colin de Saint-Denis