Poutine intensifie la répression : Appel d'un.e militant.e russe

Un appel d’un socialiste russe : ‘Poutine intensifie la répression’

Une offensive sur le front militaire entraîne toujours une attaque sur le front domestique, et la guerre russo-ukrainienne n’est pas une exception à cette règle.

Plus la Russie s’enfonce dans une guerre d’agression, plus la répression tombe sur les militants sociaux et anti-guerre à l’intérieur du pays. Personne entre nous ne se sent en sécurité aujourd’hui, alors que les services de sécurité de Vladimir Poutine parlent ouvertement d’une répression imminente, des rassemblements contre la guerre sont dispersés, et des activistes sont arrêtés par la police et la Garde Nationale.

La guerre ne dure pour l’instant que depuis une semaine, mais nous avons déjà les exemples suivants où le pouvoir “resserre les vis” :
• Les services spéciaux menacent d’appliquer l’Article 275 du Code pénal russe – « Trahison de la patrie » – à des militants anti-guerre (ou « anti-armée ») pour des reportages objectifs. La peine peut aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. La propaganda contre la guerre peut aussi tomber sous la coupe de cet article.
• Ils interdisent aux médias d’utiliser les mots « guerre » et « occupation ». Les médias oppositionnels qui restent, comme Ekho Moskvy (L’Echo de Moscou), sont en train d’être fermés.
• Roskomnadzor - le Service fédéral de supervision des communications, de l’informatique et des mass médias -  a demandé à dix médias de supprimer des articles sur la guerre d’Ukraine. Les autorités considèrent qu’ils contiennent des « informations inappropriées ». La demande fut reçue par Mediazona, Dozhd, Novaya Gazeta, Echo Moskvy, InoSMI, New Times, Svobodnaya Presse, Krym.Realii, et les publications spécialisées Zhurnalist et Lenizdat.
• En commentant la situation de l’armée russe aujourd’hui, il faut citer exclusivement des sources russes.
• L’Office du Procureur Général de la Fédération de Russie prétend que le réseau social Facebook est coupable de violations des droits humains et liberté fondamentaux et des droits et libertés des citoyens de la Fédération de Russie - dont ceux qui garantissent la liberté des mass médias. Facebook et Instagram subissent des malfonctions, rendant impossible de contacter des camarades étrangers à temps. 
• Des réservistes ont commencé à avoir des contrôles des bureaux d’enregistrement militaire et de recrutement chez eux, afin, disent-ils, de “clarifier des données”. Il y a toutes les raisons de croire que ce sera d’abord les activistes contre la guerre qui seront visés.
La confrontation entre la Russie et l’OTAN est entrée dans une nouvelle phase, La guerre est déjà dans les quartiers résidentiels de l’Ukraine opprimée. Des Russes qui célébraient l’expansion impériale de Poutine en 2014 sont aujourd’hui mécontents.
Les prix commencent à augmenter au point qu’un effondrement social en Russie est presque inévitable, et des entreprises quittent la Russie à un rythme étonnant. La frénésie patriotique est visiblement beaucoup moindre qu’il y a huit ans.
La situation est extrêmement grave, et il n’y a eu rien de comparable dans l’histoire récente de la Russie. Toute communication avec des camarades étrangers pourrait être la dernière. Nous demandons à tou-tes les activistes contre la guerre et de gauche qui s’y intéressent de partager ce message. La Russie de Poutine a coupé les liaisons aériennes avec la grande majorité de pays, rendant quasi impossible l’émigration pour cause d’asile politique. Il est du devoir des socialistes internationaux d’aider les militants anti-guerre et du mouvement social qui ont fui la Russie, si possible, en les protégeant contre l’extradition vers le gouvernement de Poutine.
La tâche des socialistes russes, d’autre part, est de résister aussi longtemps que possible dans la base arrière impérialiste au centre de la Russie.
Liberté aux peuples ! Mort aux empires !
Mercredi 2 mars 2022
 

Blog
Auteur: 
Colin de Saint-Denis