Premier bilan de l'Université d'été d'Ensemble ! (25-28 août 2014)

1- Sur la préparation de cette première UDT ont pesé des contraintes fortes :

° Tout d'abord le fait qu'il s'agissait d'une première. Nous disposions les uns et le autres d'acquis (ceux des universités des Alternatifs, de la FASE, de l'ex-LCR...), mais autre chose était d'inventer une université d'Ensemble.

° Surtout le fait que nous envisagions cette UDT comme s'articulant à des Estivales du Front de gauche. Jusqu'à la fin juin nous avons travaillé avec les partenaires du FdG, en particulier les représentants du PG, à la préparation de telles Estivales. Cela à juste titre, puisqu'il est clair que leur absence est un signal négatif envoyé quant à l'état du FdG (et le contexte de crise politique fin août n'a fait que renforcer le déficit politique résultant de cette inexistence). C'est en fait très tardivement que PC et PG ont fait connaître leur refus de la formule minimum qui avait finalement été préparée (le dimanche 24 août, à Paris).

Fort heureusement, dès le mois de janvier, nous avions décidé d'une UDT d'Ensemble, de la tenir à Pau, où existaient les ressources permettant que ce soit dans de bonnes conditions, les camarades sur place ont ainsi engagé le travail de préparation très tôt. Reste que c'est en fonction de cette hypothèse d'une articulation avec des Estivales que les dates ont été fixées, du 25 au 28 août (après la rencontre européenne d'Attac à Paris, après d’éventuelles Estivales le week-end des 23-24, et nettement avant la rentrée scolaire), ce qui voulait dire se priver de l'appui sur un week-end (ce qui a empêché des camarades de venir). C'est en fonction également d'une telle articulation qu'il convenait de déterminer les débats (puisque nombre d'entre eux auraient naturellement pris place dans des Estivales), ce qui avait également des conséquences sur les invitations à faire auprès de possibles intervenants.

° Enfin, il convenait de permettre une combinaison entre un stage pour les élus et l'UDT elle-même.

2- L'objectif de participation a été atteint

L’objectif de participation a été fixé à 250/300, la logistique et le planning des débats étant ajustés en fonction de cette jauge. Ce qui n'allait pas sans risques s'il n'était pas atteint : déficits financiers, assistance aux débats insuffisante, perte de crédit politique pour le mouvement...

Il faut se féliciter qu'il ait été atteint. 

Cette UDT représente un succès politique important pour notre mouvement.

Il faut souligner plusieurs dimensions de ce succès :

° L'objectif quantitatif fixé a été atteint, affirmant en cette rentrée l'existence d'Ensemble sur le champ politique. Grâce au travail des camarades sur place, l'Université s'est déroulée dans un excellent climat de confort, de convivialité et d'ouverture. Il faut souligner le fait, noté par les observateurs extérieurs, d'une réelle homogénéisation politique des participant.e.s, qui rendait souvent difficile de repérer les origines des uns et des autres.

° Les débats ont en général été riches et très satisfaisants pour les intervenants et les participants (voir les bilans plus détaillés des divers ateliers).

° Grâce à cette Université Ensemble a gagné en autorité politique : si malheureusement il n'y a pas eu en cette fin d'été d'Estivales du Front de gauche, le Front de gauche s'est retrouvé et a débattu à Pau, et il a montré qu'il était en mesure de débattre avec des courants au-delà de lui : EELV, écologistes de gauche, NPA, socialistes de gauche... Ainsi qu'avec des représentants du mouvement social (féministes, syndicalistes paysans et d'entreprises en lutte, antifascistes...)

3- Cette légitime satisfaction ne doit pas faire oublier les fragilités

Cette légitime satisfaction ne doit pas faire oublier les fragilités qui se sont manifestées et pouvaient compromettre ce résultat :

° Les discussions sur l'UDT ont intéressé beaucoup de camarades lors des réunions nationales, mais la préparation effective au jour le jour a reposé sur un trop petit nombre de militants.

° La plus grande part des  inscriptions est venue assez tardivement. Et il y a eu beaucoup de défections de dernière minute (en particulier d’inscriptions avec enfants, alors que les moyens pour accueillir les enfants avaient été organisés en fonction de ces inscriptions).

° Une donnée négative de cette UDT est l'âge moyen assez élevé des participants. Une réalité inévitable compte tenu de ce qu'est actuellement notre mouvement, mais qui aurait pu être un peu corrigée par une participation plus importante de nos camarades jeunes. Mais nombre d'entre eux avaient déjà participé au cours de l'été au camp international et, confrontés aux mêmes problèmes que d'autres militants,  n'ont pu venir. A l'avenir il faudrait anticiper davantage ce type de problèmes. 

Ces phénomènes semblent témoigner d'une insuffisante prise en compte de l'importance politique d'une telle initiative et des difficultés matérielles qu'elle suppose de surmonter. Plus profondément, il est possible qu’un certain scepticisme ait régné dans le mouvement, compte tenu de la situation  politique générale et de l'état du Front de gauche, quant à la possibilité de réussir une telle initiative et l'importance de la réussir.

Ce problème s'est réfracté dans une faiblesse de communication. Les camarades localement ont mobilisé la presse régionale, qui a donné un réel écho à notre Université, mais en revanche en ce qui concerne la presse nationale, hormis une présence permanente de Politis, et de l'Humanité pour le débat du jeudi matin, ce fut faible, certainement très en-deçà de qui aurait été possible et nécessaire.

D'autres difficultés sont apparues, aussi imprévisibles qu'inévitables : l’annulation de la participation pour raisons de santé d'intervenants clés B. Kowalewski, ce qui a conduit à annuler les débats prévus sur l'Ukraine, de Pierre Zarka, qui devait intervenir dans plusieurs débats (table-ronde alternative, expérience historique Mai 68-Mai 81, question de l'organisation..), ainsi que de l’intervenant qui devait assurer le débat sur le mai rampant italien... En revanche, la venue de Michel Warschawski a permis de donner beaucoup de force au débat Palestine.

Il faut aussi noter les retards à définir les débats sur le féminisme et l'écologie.

Ces éléments sont à retenir afin d'en tirer les leçons pour l'avenir.

Lorsqu'on décide collectivement d'une initiative qui nécessite une telle mobilisation, il conviendrait d'en assumer plus collectivement et sérieusement les enjeux et la préparation. Ainsi un seul camarade de l'EAN a assuré de bout en bout tout le processus de préparation matérielle de l'Université. Ce n'est pas ainsi qu'on pourra assurer la possibilité d'une transmission d'expérience et d'acquis pour les années suivantes.

4- Ces remarques ne doivent en rien relativiser le caractère très positif de cette Université.

° La réussite a été déterminée par les conditions matérielles qui ont permis la tenue de cette Université, en termes de convivialité, de confort, de fonctionnalité... Il suffit de comparer à ce qu'il en était à Grenoble pour en prendre la mesure ! Et tout cela est en grande partie du mérite des camarades de Pau, renforcés par ceux de la région lors de l’université elle-même, qui ont fait preuve de compétence et d'un investissement hors pair. Qu'ils en soient très chaleureusement remerciés à nouveau !

° Les débats ont permis globalement de répondre aux diverses fonctions d'une telle Université : formation, débat, élaboration politique... Et ce dans la double dimension de réflexion interne au mouvement et d'intervention tournée vers le FdG et la société. A préciser en fonction des bilans des divers débats et ateliers.

A travers les débats et les tables rondes des soirées, nous avons ainsi débattu, de manière riche et fraternelle, avec des représentants de mouvements alternatifs (Confédération paysanne, Emmaüs-Lescar, entreprises coopératives...), avec des représentants de la gauche de l’Êtat espagnol (Izquierda unida, Podemos...)...

Pour le Front de gauche, faute d'Estivales, notre Université a permis que celui-ci se rencontre et s'affirme. Marie-Christine Vergiat a participé à l'ensemble de l’université, ainsi que et Marie-Pierre Vieu, côté PC il faut aussi noter que Fabienne Haloui et Sylvie Mayer ont participé à une partie de l'Université et à plusieurs débats, et qu'Olivier Dartigoles était présent le jeudi matin. Lucien Jallamion et 2 camarades de République et socialisme sont venus le lundi. Le débat du jeudi matin, présidé par Jean-François Pellissier et dans lequel Ensemble était représenté par Clémentine Autain,   a rassemblé Pierre Laurent (PCF), Martine Billard (PG), des représentants des autres composantes du FdG, Anne Casalini pour le PCOF, Delphine Helle pour Gauche unitaire, ont également participé à cette table ronde Sandrine Rousseau, porte parole d'EELV, et Christian Zueras du NPA. Jean-Yves Lalanne, membre du CN du PS et maire de Billère, est intervenu ès qualités dans la discussion. (voir compte rendu spécifique)

Par ailleurs, beaucoup de stands ont été tenus : Fralib, Pilpa, Visa, Institut Tribune Socialiste, Contretemps, EcoRev, CNDF-Cadac, OLF-Montpellier, Éditions Arcane 17... Ainsi que la librairie Tartinerie.

Conclusion :

A l'heure où l'on tire le bilan de l'Université d'été d'Ensemble 2014, il faut aussi décider, ou non, du principe d'une Université d'été 2015, cela sans rien savoir de ce qu'il en sera d'éventuelles Estivales du Font de gauche. Mais si nous envisageons une deuxième Université d'été d'Ensemble c'est très vite qu'il va falloir discuter des dates, du lieu, de sa conception, en prenant cette fois davantage de recul et en impliquant un plus grand nombre de camarades.

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