Projet d'Ensemble! Bretagne pour les régionales

La Bretagne est une belle région. C'est une région qui bouge. Entre terre et mer, elle attire chaque année de nouveaux habitants. Dans ses territoires s'invente déjà la Bretagne de demain, se construisent des solidarités nouvelles, des projets innovants. Mais c'est aussi une région marquée par de fortes inégalités de développement, par des territoires où l'accès aux services publics n'est plus garanti, par la pollution de l'air, de ses sols et de ses rivières pour cause d'agriculture intensive, par les fermetures d'entreprises notamment dans le domaine de l'agroalimentaire et dans le domaine des hautes technologies, par une mise en concurrence exacerbée du service public d'éducation avec les établissement privés.

Cette situation est aggravée par la politique libérale de François Hollande et de Manuel Valls, entièrement dévoués aux exigences du MEDEF. Les politiques publiques aujourd’hui ne garantissent pas une véritable égalité des droits. Le pacte d'avenir proposé par le gouvernement et signé par la majorité régionale ne répond pas aux problèmes de la région.

Nous avons besoin d’une Région qui s’affronte aux intérêts égoïstes des puissants, aux politiques d’austérité, libérales et productivistes du gouvernement et de l’Union Européenne.

Nous voulons que le Conseil régional porte des politiques publiques locales offensives au service du bien commun contre les logiques de compétitivité que les marchés, la finance et le gouvernement prétendent imposer aux collectivités territoriales.

Dans nos entreprises, nos services publics, à l'assemblée régionale, dans la vie de tous les jours, allons ensemble à la conquête de nouveaux pouvoirs, émancipons-nous de ceux qui nous disent chaque jour qu'il n'y a pas d'autre alternative et qui nous confisquent les moyens d'agir . Les élections ne sont pas le seul moyen d'action mais maintenir les libéraux aux manettes c'est le plus sûr moyen que rien ne change. Présents aux cotés des salariés, retraités, privés d'emplois, des migrants, de tous ceux qui luttent contre l'austérité, pour la défense des services publics, l'emploi, la justice sociale, la transition énergétique, nos élus seront les relais des luttes sociales au sein de l'institution.

1- Refonder la démocratie, concevoir autrement le rôle des élus. Pour nous la question de la démocratie est essentielle.

La politique subit un fort discrédit comme en témoigne l’abstention massive qui s’établit en particulier dans les milieux populaires et la jeunesse. Ce constat percute fortement la légitimité de ceux qui ne sont souvent élus que par une faible part de l'ensemble de l'électorat . En effet la démocratie représentative apparaît comme séparée de la société : en cause les politiques continues d’austérité, les promesses d’amélioration de la vie de toutes et tous non tenues, les politiques menées en opposition complète avec ce qui avait été annoncé ou promis, les élus qui s’affranchissent du mandat qui a permis leur élection.

En conséquence nous pensons que les élus doivent débattre avec les citoyens pendant leur mandature qui ne peut être comme trop souvent un « chèque en blanc » sans contrôle démocratique.

Cette crise de la démocratie se rajoute à la crise économique, sociale et écologique que nous subissons.

La représentation politique des classes dirigeantes se satisfait de cet état de fait et œuvre dans le sens d’un effacement de cette démocratie représentative au profit de « la gouvernance » car elle éloigne encore plus le peuple des décisions. Ainsi la réforme territoriale donne la priorité aux métropoles et éloigne encore plus les citoyens des décisions et met en concurrence territoires, villes et citoyens .

A l’éloignement programmé des citoyens des centres de décisions, à la centralisation accrue des pouvoirs entre les mains de professionnels de la politique et des experts de toutes sortes, nous opposons une citoyenneté active

Car c’est exactement l’inverse que nous voulons par l’intervention citoyenne et nous proposons :

  • La tenue de conférences citoyennes qui associeront élu-e-s , organisations syndicales, associations et citoyens et qui seront régulièrement organisées pour élaborer ensemble des projets et débattre des orientations budgétaires

  • La mise en place d' assemblées citoyennes par département qui auront pour tâche d'évaluer les politiques régionales. Elles se réuniront 4 fois par an.

  • La mise en place d’assemblées citoyennes par Pays avec budget participatif: nous proposons de réunir des assemblées citoyennes dans chacun des 21 Pays de la Région-Bretagne, d’y instaurer une gestion participative à hauteur de 10% du budget de la Région.

  • La création d'un droit d’initiative citoyenne : 1% des citoyens pourront saisir le conseil régional concernant une question les préoccupant.

  • La mise en place de comités composés de salariés, chefs d'entreprises et élus, pour contrôler l'utilisation des fonds publics dont bénéficient les entreprises.

  • L’organisation de référendum citoyen pour les grandes questions qui concernent la vie des habitants, les questions institutionnelles : Par exemple nous proposons ,avec d’autres, qu’un référendum (une votation) soit organisé conjointement en Loire Atlantique et en Bretagne sur la question du rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne. Sur ce point précis,le débat se poursuit au sein d'Ensemble sur ce que sera sur le fond notre position.

  • La possibilité de donner aux assemblées citoyennes, aux collectifs les moyens d'organiser leur propre expertise et de garantir ainsi la transparence des débats

Enfin, très concrètement, nous proposons une charte rigoureuse des élu-e-s dans laquelle nos élu-e-s s’engagent :

  • A refuser le cumul et ainsi à n’exercer qu’un seul mandat électif et à ne pas dépasser plus de 2 mandats consécutifs au Conseil Régional.

  • A réunir régulièrement les assemblées citoyennes pour rendre compte de leur mandat et co-élaborer des propositions à soumettre à l’assemblée Régionale

  • A veiller à ce que les publications de l’instance régionale soient des supports d’information et d’ouverture de débats et non comme trop souvent actuellement des outils d’autosatisfaction

  • A démissionner si l’assemblée citoyenne ayant porté la liste juge que le (ou les) vote(s) émis sont en contradiction avec le programme présenté pendant la campagne et enclenche une procédure de révocation de l’élu-e.

­Nous soumettrons cette proposition de la charte des élu-e-s aux autres listes.

En rupture avec les professionnels de la politique nos élu-e-s incarneront une autre conception de la représentation élective basée sur les initiatives citoyennes.

2 - Travailler toutes et tous, en engageant la transition écologique

Le chômage est une machine à faire du profit en broyant des hommes. Les grandes entreprises font plus de profit en délocalisant, en intensifiant le travail, et ne créent plus d'emplois chez nous. Aux 250 000 Bretons classés dans les catégories ABC de pôle emploi* s'ajoutent les temps partiels subis, les emplois aidés, les stages bidon, les CDD, les paysans et les artisans étranglés par le système...

Au nom de l'emploi, les entreprises reçoivent des subventions et aides en tous genres sans contrôle, peuvent donc produire des armes et des pesticides, bétonner le littoral sans que les citoyens aient leur mot à dire, réduisent les droits des salariés (86% de la population active bretonne) , licencient, exploitent, contribuent à multiplier les troubles musculo-squelettiques, les burn-out. Les irradiés de l'Ile Longue ou les contaminés de Triskalia témoignent de la violence des employeurs et du marché de l'emploi.

280 000 emplois publics (INSEE 2011), plus d'un emploi sur 5, sont en péril.

Le rôle des services publics est d'assurer l'accès de tous aux biens et services communs à égalité sur tout le territoire. Leurs agents sont aujourd'hui confrontés à la privatisation et à l'externalisation des tâches, la réduction des effectifs, les « services dégradés », dans le cadre contraignant de protocoles qui définissent des tâches parcellisées et standardisées.

Promu grand créateur d'emplois, le secteur privé est censé embaucher … s'il réalise suffisamment de profit. D'où l'attractivité : tout territoire, mis en concurrence avec les autres doit se rendre attractif pour d'éventuels investisseurs.

La région, avec d'autres partenaires, a développé à grands frais les infrastructures , les centres de compétitivité et les pôles d'excellence, récompensé l'innovation, soutenu les manifestations susceptibles de promouvoir une image dynamique de la région...

Les PME soumises à la loi des grands groupes et des banques, aux marchés publics qui retiennent les plus bas prix, à la concurrence de travailleurs déplacés très bon marché, sont ancrées territorialement et embauchent plus que les grands groupes.

Les grandes firmes font leur marché sur toute la planète pour produire au moindre coût. Elles investissent en Bretagne le temps de se faire de l'argent :l'Italienne ATG a acheté Chaffoteaux, pillé puis fermé l'entreprise. Largement subventionnées, elles externalisent, délocalisent  indifférentes au sort des hommes comme des territoires qui les ont enrichies. Par exemple, l'implantation à Carhaix d'une usine financée par une société chinoise sise dans un paradis fiscal US dépendant d'importations d'intrants d'Amérique et d'exportations de poudre de lait en Chine. Les éleveurs liés par un contrat d'exclusivité sont dépendants des prix fixés très loin.

L'Economie Sociale et Solidaire crée aussi des emplois. Dans un contexte concurrentiel, des coopératives, des mutuelles de santé se soumettent aux lois de la concurrence. Trop d'associations dépendent de subventions et peinent à recruter et payer leurs salariés.

Faire autrement

Nous proposons que nos élus, définissant les politiques publiques avec les intéressés pour permettre de développer une politique sociale et écologique s'engagent sur les priorités suivantes :

  • Répondre aux urgences sociales : appuyer les mesures qui assurent la dignité à chacun , droit réaffirmé dans l'article 1 de la déclaration universelle des droits de l'Homme comme l'augmentation du SMIC et des minimas sociaux indexés sur le SMIC, l'égalité salariale hommes femmes, la gratuité des premières tranches de consommation de l'énergie, des premiers m3 d'eau, des transports de proximité pour les familles en difficultés, l'application du droit au logement

  • Combattre la précarité : un travail utile avec un salaire décent, ce doit être un droit. Le Conseil régional peut favoriser la création d'emplois durables dans les services publics, en démocratisant ses services en refusant toute externalisation ou privatisation rampante, en titularisant les précaires dans ses services.

  • Donner la priorité de l'aide publique ( aides directes et investissements) au soutien des expériences et dynamiques locales : exploitations paysannes bio, AMAP et autres circuits courts et locaux, reprise par les salariés eux-mêmes de leur entreprise menacée, cédée (droit de préemption) ou la création d'entreprise sous forme de SCOP. A Plöermel (56) les salariés organisés en SCOP (les Aciéries de Plöermel) ont racheté leur usine en faillite en 2004, relancé la production et réduit le nombre d'accidents du travail... Soutien aux PME locales , à l'Economie Sociale et Solidaire .

  • Soutenir les luttes des travailleurs contre les dumpings (travailleurs détachés ou produits trop bon marché) et pour le progrès social. Par ses commandes, il peut inclure lors de marchés publics des conditions sociales, écologiques et de proximité y compris en allant jusqu'à la désobéissance civile pour éviter des situations comme la déconstruction du Clémenceau …

  • Intervenir pour un moratoire sur tous les licenciements dans l'agroalimentaire et dans toutes les entreprises menacées actuellement, le gel des avoirs des patrons profiteurs, l'ouverture des livres de compte, la participation des salariés via le CE aux choix de production des entreprises.

La lutte contre la précarité passe par l'amélioration des droits collectifs des salariés et des chômeurs : allocations et droits à la formation et à une reconversion pleine et entière.

Au-delà les salariés doivent être protégés face aux restructurations permanentes des entreprises et face aux reconversions rendues nécessaires pour engager la transition écologique. Cela implique un statut du salarié, une sécurité sociale professionnelle financée par un fond de mutualisation de cotisations impliquant toutes les branches économiques : agroalimentaire, électronique, automobile (déjà largement aidée sans contrepartie par les pouvoirs publics), permettant la continuité des droits et la rémunération des salariés en cas de perte d'emploi.

Un statut de l'étudiant ou du jeune en formation professionnelle doit permettre à ceux qui n'ont pas eu d'emploi de vivre décemment et de se projeter dans l'avenir.

Cette sécurité des droits rendrait possible l’ouverture d’un débat public sur la transformation ou la reconversion de l’économie locale, impliquant salariés, syndicats, comités d’entreprises, agriculteurs, associations écologiques, entreprises : relance de nouvelles productions utiles, garantie et perspectives offertes pour la réorientation des activités, par exemple celles du transport camion.

Écologie et emploi doivent aller de pair, nous proposons :

  • Définir un plan de relance de l'activité écologiquement soutenable pour contribuer à résorber le chômage : à la veille de la COP21 et devant la gravité de la crise écologique (nécessité de réduire de 80% les GES avant 2050) nous devons changer de braquet . La politique régionale s'inscrit dans une politique plus large ; bien des mesures sont possibles au niveau de la région. Leur mise en œuvre nécessite la convergence d'une forte volonté politique des élus, des luttes et de l'intervention citoyenne.

  • Assurer des reconversions :

  • définition avec les représentants des agriculteurs, des salariés, des associations environnementales et les élus d'un plan de réorientation des activités agricoles et de l'agroalimentaire visant la souveraineté alimentaire, une agriculture paysanne bio , le rétablissement de la terre et de son usage comme bien commun, dont l’utilisation implique une planification écologique...

  • reconversion de l’industrie militaire. Des milliers d’emplois sont possibles si le démantèlement des armes nucléaires est engagé de manière unilatérale. Il faut des emplois qualifiés, de bonnes conditions de travail pour y parvenir. De nombreux brevets, d’outils d’assistance, de techniques sont reconvertibles du militaire vers le civil pour la satisfaction des besoins sociaux : en assistance pour la vie des personnes dépendantes, en protection des littoraux, en construction d’une flotte répondant aux exigences écologiques.

  • élaboration d'une véritable alternative au transport routier (avec un plan d’avenir pour les salariés concernés) en développant des possibilités de fret ferroviaire...

  • intégration de la caractéristique maritime dans le développement de la Bretagne : construction, et déconstruction navales, alimentation et énergies marines et conforter les réglementations qui ont permis de réguler l'urbanisme (loi littoral).

  • l'industrie automobile, les chantiers navals, l'informatique...

  • Développer les activités liées à la transition énergétique :

  • développement d'une recherche publique pour favoriser la transition énergétique

  • rénovation thermique des bâtiments et création de logements sociaux de qualité

  • investissement dans les énergies renouvelables. La Bretagne dispose d’un potentiel important (éolien, hydrolien, biomasse) .

  • développement des transports publics en commun, du fret ferroviaire, du cabotage

  • promotion de la sobriété et de l'efficacité énergétique, du traitement et du recyclage des déchets...

  • Relancer l'emploi public pour répondre aux besoins sociaux :

  • de nombreux emplois publics seront nécessaires dans la santé, l'enseignement pour créer de nouveaux services publics de la petite enfance ou de la dépendance.

  • Réduire le temps de travail :

  • l'augmentation de la production par salarié permet de réduire la durée et l'intensification du travail!

  • Mettre enfin la France et la Bretagne en capacité de se doter d'une politique maritime (et industrielle !) : ces dernières décennies, les gouvernements successifs (et le Conseil régional) ont tourné le dos à une authentique « politique maritime » en même temps qu’ils tournaient le dos à une vraie « politique industrielle ». Le « Ministère de la Mer » a été abandonné. Les différents gouvernements ont choisi d’imiter le modèle  économique allemand basé sur le développement de l’industrie à l’export. Ces deux oublis ou renoncements ont des conséquences redoutablement nocives. Ils ont conduit à la soumission de la France et de la Bretagne (maritime et industrielle) à l’Europe néo-libérale destructrice du travail et de l’harmonie des territoires. Les potentialités de développement durable de la Bretagne ultra-marine sont pourtant bien réelles. Les 640.000 kilomètres carrés de la France ne représentent que 0,43% de la surface terrestre du globe, mais elle est une « géante » compte-tenu des territoires émergés et immergés dont elle a la responsabilité reconnue par les instances internationales. La surface de son domaine maritime s'élève à environ 11 millions de kilomètres carrés (elle vient de s’élargir sur la base de nouveaux calculs d’Ifremer). Péninsulaire, la Bretagne est résolument maritime et se classe au premier rang des régions maritimes de France. Ses quatre départements administratifs touchent la Manche ou l’Atlantique. Le Finistère les deux. Le cinquième département historique, la Loire-Atlantique, tutoie l’Atlantique. Selon les critères géo-marins internationaux, la Bretagne possède plus de 2700 km de côtes, soit un bon tiers du littoral français. Elle compte 800 îles et îlots. Certaines îles ont écrit et écrivent de belles pages. Les agglomérations bretonnes ne se situent pas à plus de 80 km de la mer. A peu près 40 % de la population réside dans les communes littorales qui comptent un grand nombre de villes-ports. Une très riche diversité de milieux maritimes et littoraux, Pointe du Raz, baie du Mont Saint-Michel, Golfe du Morbihan, Aber Wrac’h, Ouessant, etc, fait de la Bretagne un « territoire unique et iodé ». Les marées sont source d’une exceptionnelle diversité biologique. Les principaux ports bretons ont tous marqué l’histoire et la culture de la Bretagne rebelle. Les scientifiques le soulignent fortement, « les mers et océans constituent, pour une part essentielle, l’avenir de l’Humanité ». Dans son rapport, daté du 14 octobre 2014, le CESER-Bretagne nous invite de son côté à « changer de regard » sur les différentes économies maritimes. Il évalue à 90 000, le nombre des emplois - maritimes - recensés en Bretagne. Soit, environ 10% du total. Cette évaluation comprend, nous précise-t-il, les 28 000 à 29 000 emplois, « publics » et privés, du secteur Défense dont les deux pôles sont Brest et Lorient. Brest et Lorient vivent des histoires différentes. L’Arsenal, chantier naval a été liquidé, industriellement sinistré, le port de Brest s’occupe principalement des SNLE et un peu des EMR. Avec DCNS, Lorient s’ouvre à l’export des armements. Le CESER souligne le besoin d’une redéfinition de la notion « d’emploi maritime ». En effet, cette notion reste bien vague… Par exemple, dans quel secteur classer « Armor-Lux » qui fait son beurre des « vêtements marines » ? Certes, l'économie maritime concerne historiquement, au premier chef, la pêche, les transports maritimes et le très gros problème des pavillons, marchandises et passagers, l'industrie navale (construction, maintenance, réparation, refonte et déconstruction, civile et militaire), les ports et la sécurité maritime, la protection et l’exploitation des mers et océans, les diverses aquacultures, la plaisance, le tourisme, etc... Nous avons Britanny-Ferries. Nous pouvons proposer la construction d’un véritable service public et poser la question de la propriété et du statut de l’entreprise, de la participation des personnels et des usagers-citoyens à la marche de l'entreprise. L’économie maritime, ce sont les ports, Océanopolis-Brest, les thalassos et thermes, les algues (nutritives, médicales, cosmétiques) , les conserveries, les Énergies Marines Renouvelables, le Rail d'Ouessant, véritable autoroute des mers, les îles, les plages et les côtes, les colonies de vacances, les classes de mer, la culture maritime, les fêtes, le nucléaire militaire et la Base de l’Ile longue dont il faut penser la reconversion, les activités sportives maritimes et les centres nautiques qui accueillent les écoles, les établissements scolaires, universitaires et les « grandes » écoles, la recherche ( 2000 chercheurs à Brest, l'avenir d’Ifremer est posé). L’économie maritime, c’est aussi la pose des câbles sous-marins (dit trop sommairement, le téléphone, internet)…. Et ce n’est que le commencement…. La Bretagne attire sur son littoral non seulement les touristes en grand nombre mais aussi les bretons. La population résidente s’accroît régulièrement et représente en 2003 près de 50% de la population bretonne. Réceptacle ultime de toutes les pollutions, le milieu maritime est particulièrement mis à rude épreuve pour remplir correctement ses fonctions environnementales. Ainsi, bien que la qualité des eaux de baignade soit en constante amélioration, les algues vertes ont touché plus de 100 communes en 2002, avec pour accusé principal le nitrate provenant des rivières. En plus du phénomène d’eutrophisation ces «marées vertes» ont un impact non négligeable sur l’image de la région et l’économie du littoral. On observe également la présence d’algues toxiques qui peut entraîner l’interdiction de collecte de coquillages et la fermeture de zones conchylicoles. 

  • Quelques propositions concrètes :

          Redonner de l'attractivité à nos ports :

  • en préemptant des espaces fonciers pour l'installation de PMI liées à la maintenance des flottilles de pêche et de plaisance

  • favoriser toute création par la location-vente de terrains et la création d'ateliers-relais mutualisant les services communs aux PMI

  • création d'un service économique en charge de la mobilisation des fonds publics, solidaires, assurances, européens...

  • création d'un fonds d’investissement pour l'emploi et la formation doté au minimum d'un million d'euros (avance remboursable)

  • moderniser l'environnement portuaire afin de réceptionner flottilles pêche et plaisance, fret maritime

  • relocaliser les chantiers navals comme PIRIOU, au moins certaines activités créatrices d'emplois productifs en interdisant la délégation d'ouvriers payés aux conditions de leur pays d'origine (lituaniens, polonais etc..)

  • développer toute activité de maintenance et de retrofit (anciens gréements) (retrofit = échange de pièces usées et de composants d’équipements obsolètes tout en maintenant la configuration des équipements et de l’unité de production d’origine )

  • développer les espaces dédiés aux professionnels de la plaisance (ponton, levage,carénage...)

  • développer le fret maritime aux dépends du tout camion (liaisons Espagne, Grande Bretagne, Le Havre (Paris), Bordeaux ), favoriser le regroupement en SCOP de la pêche côtière avec circuits directs consommateurs et commerce de proximité

​Mettre fin au chômage, à la précarité, nécessite de posséder les leviers de l'économie, de ne plus les laisser dans les mains d'une petite minorité d'exploiteurs et donc pour les travailleurs de s'approprier leurs outils de production. L'action des élus devra s'inscrire dans cette visée, en favorisant tous les processus de réappropriation de leur outil de travail et d'extension des droits des salariés en matière de choix de production. Cela passe aussi par la création d'un outil financier public régional pour l'investissement.

3- Développer une agriculture et une pêche respectueuse de nos ressources et des hommes pour un accès de tous à une alimentation saine et une véritable souveraineté alimentaire

Agriculture, pêche, agroalimentaire, ces secteurs sont des piliers de la production en Bretagne, secteurs essentiels puisqu'il s'agit ni plus, ni moins, de l'alimentation de toutes et tous.

Accéder à une alimentation saine et diverse est un enjeu de santé publique. Comme l'eau nous devrions considérer l'alimentation comme un bien commun, et pour cela permettre à chaque pays d'accéder à la souveraineté alimentaire dans le respect des ressources naturelles, des sols, de la biodiversité et des écosystèmes, mais aussi des femmes et des hommes qui en assurent la production. Comment accepter au 21eme siècle que des enfants, des femmes et des hommes meurent de faim ou souffrent de malnutrition alors que nos ressources et nos techniques permettent de nourrir l'ensemble de la population de la planète? Continuer à accepter les règles de la mondialisation capitaliste dans ce domaine est criminel.

Nous sommes loin du compte. Le modèle productiviste concurrentiel est à l'origine des crises qui secouent le monde agricole et le secteur de l'agroalimentaire en Bretagne et porte gravement atteinte à notre environnement (pollution des eaux et de l'air, algues vertes, diffusion de molécules chimiques dangereuses) . Notre région est championne de la production agricole de masse. Engagée dans l'engrenage d'un élevage industriel de plus en plus coûteux en énergies fossiles et en alimentation animale concentrée (notamment en soja importé d'Amérique via les grands ports - importations d'aliment pour bétail qui contribuent largement à détruire les cultures vivrières des pays producteurs et appauvrissent encore plus leurs paysans -), la Bretagne a opté pour la spécialisation intensive. Elle produit 60% des porcs élevés en France, un tiers des volailles, et 40% des oeufs.

L'agrolimentaire suit les mêmes options. La spécialisation sur des produits à faible valeur ajoutée, qui consiste à privilégier les volumes dans le bas et moyenne gamme a permis d'assurer des débouchés mais a contribué à créer une forte dépendance à la grande distribution et aux exportations. Pour faire face aux exigences de cette grande distribution, s'est ensuite développée une stratégie de concentration industrielle ( Lactalis, CECAB, Triskalia,...) sans modernisation de l'outil industriel ; stratégie de concentration où une coopération agricole dévoyée est trop souvent en pointe . Ces coopératives n'en ont plus que le nom. Les adhérents ont délégué leur pouvoir à des dirigeants qui se comportent comme des actionnaires de multinationales en organisant le rachat de coopératives concurrentes, voire de filiales capitalistiques, parfois en fermant les petites unités de production. Xavier Beulin défenseur de ce modèle de concentration industrielle et d'extension des exploitations agricoles, actuel dirigeant de la FNSEA en est l'exemple le plus caricatural : il contrôle le groupe Sofiprotéol et sa filiale Glon Sanders (alimentation du bétail), préside le Ceser de la région Centre, a ses antennes dans toutes les chambres d'agriculture, et tous les lieux stratégiques jusqu'au port de la Rochelle, 2eme exportateur de céréales. Le mélange des genres n'étrangle pas le bonhomme...

Les gains de productivité obtenus grâce à l'agrochimie et à l'extension des exploitations (qui provoquent un fort endettement des agriculteurs, et constitue un désastre écologique), grâce à la surexploitation des salariés dans le domaine de l'agroalimentaire (généralisation des horaires décalés, augmentation des cadences, recours important aux salariés intérimaires ou saisonniers, voire aux travailleurs détachés) ont fonctionné mais atteignent aujourd'hui leurs limites.

La machine a commencé à s'enrayer depuis plusieurs années avec la concurrence exacerbée sur les marchés émergents, la fin des restitutions européennes à l'exportation, la fin des dérogations concernant les directives sur le bien-être animal. Plutôt que d'inverser la tendance, l'agrobusiness obtient de nouvelles autorisations pour des élevages de porc de plus en plus importants, tente de développer le modèle des fermes de mille vaches. L’Allemagne, le Danemark, les Pays Bas se sont engagés dans cette voie et l'essentiel de leur production est désormais organisé en fermes usines. Autrefois 2eme exportateur mondial de produits agroalimentaires, la France est aujourd’hui 5eme derrière les USA, les Pays Bas, l'Allemagne, le Brésil.

Exigés par l'OMC, la fin des quotas laitiers, et le développement d'un système de fixation des prix de plus en plus dépendant de la fluctuation des cours mondiaux, fragilisent notre agriculture. Cette mise en concurrence sera de plus en plus exacerbée avec l'harmonisation vers le bas des droits de douane et des normes sanitaires et environnementales si le TAFTA est adopté.

A un moment où, face à la crise généralisée de la plupart des filières agricoles les lobbys libéraux et de l'agro-industrie n'ont d'autre réponse que d'exiger toujours plus de dérégulation (allègements de « charges » sociales et fiscales, abaissement des normes réglementaires et environnementales, relance de la course à la concentration des élevages...) l'urgence d'une autre politique agricole s'impose plus que que jamais ; une politique agricole en rupture avec le modèle productiviste et libéral, soutenant résolument une agriculture paysanne et basée sur les principes de souveraineté alimentaire et de coopération internationale :

- élevage lié au sol,

- maîtrise des productions et régulation dynamique à l'échelle européenne,

- partage des droits à produire,

- prix garantis et rémunérateurs permettant aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail,

- soutien clair aux pratiques agricoles respectueuses de l'environnement, priorité des aides publiques aux agriculteurs qui s'engagent dans la reconversion de leur exploitation

- agir au plan régional avec les salariés, les agriculteurs et les consommateurs, pour l'élaboration d'un plan de transition des entreprises agroalimentaires vers une alimentation de qualité et sans casse sociale

- aménagement équilibré du territoire contre le risque de désertification des territoires ruraux.

Il s'agit bien d'un véritable choix de société.

Pour un pêche durable

La France est aujourd’hui le 4e producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, le Danemark et le Royaume-Uni. A l'échelle de l'Hexagone, la pêche représente globalement peu en termes d'activé économique et d'emplois; pour autant, à l'échelle d'une région littorale comme la Bretagne, elle participe d'un développement local qui est et sera durement percuté par les évolutions de la politique des pêches.

Les 22 ports et criées de la Région produisent 50 % des apports de la pêche fraîche française. Au total, ce sont des milliers d'emplois qui sont générés par la filière : pêche et activités connexes (conchyliculture, aquaculture, algues...), mareyage, transformation, industrie, services, construction et la réparation navale.

Pourtant, la production française de produits aquatiques (pêche et élevage) ne couvre qu’un tiers des besoins intérieurs (importations de l'ordre d'1 million de tonnes de produits de la mer) même si le pays reste exportateur sur certaines espèces

Les hommes et/ou le poisson

La politique des pêches renvoie au débat sur les concepts de développement, de croissance et de décroissance, car s'il y a bien un domaine où il ne peut pas y avoir de « croissance », c'est bien celui de la pêche, caractérisé par les limites intrinsèques du milieu.

Il y a nécessité de déplacer l'axe du débat tel qu'il est posé aujourd'hui et qui est centré sur une vision purement environnementaliste de la protection des ressources halieutiques au lieu de poser la question de savoir comment on va gérer collectivement et partager une ressource limitée. Si le débat public en reste à cette vision, au risque de la mise en œuvre de politiques publiques antisociales, c'est qu'il est dominé par de puissantes organisations environnementalistes qui imposent un point de vue univoque.

Les pêches mondiales sont en crise, et la vision dominante se résume à la mise en cause de la surpêche. Mais l'urgence écologique ne doit pas se faire sans prise en compte de l'urgence sociale. Nier la question sociale, c'est rejoindre les options libérales comme celles qui sont portées par l'Union Européenne qui veut diminuer par 2 ou 3 le nombre de bateaux et de pêcheurs en Europe.

Cela se traduit dans les orientations de la Politique Commune des Pêches : mise en place de réserves intégrales, ce qui ne résoudra aucunement la question de la protection de la ressource: L'effort de pêche se déplace vers d'autres zones, comme c'est déjà le cas là de telles réserves ont été créées ; instauration de Quotas Individuels Transférables (QIT) qui ouvrent la voie à un marché des droits de pêche et à la concentration des armements. Derrière les discours de culpabilisation et de dénonciation des pêcheurs se cachent de fait des logiques de privatisation des ressources et des espaces maritimes.

En matière de politique des pêches, la privatisation n'est rien d'autre que la rentabilisation des outils, c'est à dire la concentration de la rente entre les mains de gros armements. Tendance d'autant plus lourde que le coût de construction ou d'acquisition des navires et des outils de production est très élevé et de moins en moins accessible aux pêcheurs artisans, les aides publiques au renouvellement des flottilles ayant disparu.

Des défis à relever

D'autres causes que la surpêche pèsent sur l'état de la ressource: effets des changements climatiques; pollutions d'origine terrestre des eaux côtières (baie de Seine, mer du Nord, Baltique...); destruction des milieux littoraux (mangroves, marais et vasières) qui alimentaient la productivité de la mer par la production de plancton et comme lieu de reproduction des poissons.

Le secteur des produits de la mer rapporte à des entreprises de transformation extrêmement puissantes et qui veulent accéder à une matière première la moins chère possible pour alimenter un marché mondialisé en produits finis. En Europe pourtant, les prix du poisson à la production restent bas alors qu'on est en situation de pénurie relative. Cela s'explique par les importations des produits en provenance de pays à « bas coûts » mais aussi par l'explosion au niveau mondial d'une aquaculture industrielle destructrice des équilibres écologiques ;

Loin des visions « technicistes » de la gestion de la politique des pêches prônée par les libéraux et les écolo-libéraux, il faut affirmer la pleine capacité des communautés de pêche artisanale (qui ne se réduit pas à la petite pêche côtière) à participer aux choix qui conditionnent leur devenir.

  • C'est pourquoi nous proposons que les outils portuaires soient gérés dans le cadre de Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC) associant les Collectivités publiques et les acteurs locaux de la filière pêche

De moins en moins de jeunes veulent s'embarquer à la pêche dans les populations littorales. Au dela de causes strictement économiques, ce phénomène traduit une vraie rupture culturelle avec un mode de vie qui ne correspond plus avec les logiques et les modèles dominants.

Cette situation impose une action résolue de la Région pour rendre au métier une attractivité nouvelle :

    • agir pour remettre les hommes au centre de l'activité (formation, statut du marin, sécurité des conditions de travail)

    • soutenir prioritairement la pêche artisanale et la modernisation de sa flottille (conditions de vie à bord, économies d'énergie)

    • préserver la ressource et associer les pêcheurs à sa gestion en favorisant le repos biologique et le recours à des engins de pêches plus sélectifs et moins consommateurs d’énergie

    • développer une politique hardie de reconquête de la qualité des eaux littorales

    • s'opposer à la pêche minotière et spéculative

    • création d'une commission d'experts citoyens (professionnels/scientifiques) pour valoriser les produits de la mer et encourager la consommation du poisson pêché localement dans les collectivités : école, hôpitaux, maison de retraite…

    • création de pôle d'excellence pêche

    • création d'un fonds d'investissement à l'innovation

    • mettre en œuvre une politique de labellisation de produits de qualité

    • développer des nouvelles activités innovantes, la valorisation des invendus, la transformation des déchets en produits d'assolement, l'exploitation de certaines catégories d'algues

    • partage de bateaux côtiers

    • récupération des flottes cédés à Intermarché ou autres géants de la distribution

    ​Il faut donc renverser la table. Les plans gouvernementaux qui se suivent et se ressemblent ne s'attaquent pas aux racines du système. Du local au global, il faut se réapproprier les décisions, faire de la coopération le principe qui guide nos choix de production en matière d'agriculture, de pêche et d'agroalimentaire. Pour cela l'appropriation sociale des moyens de production, la planification définie dans un processus associant tous les niveaux du local au national et au mondial, sont les moyens qui nous permettront de garantir pour toutes et tous une alimentation saine et diverse, aux agriculteurs de vivre de leur travail, à chaque pays d'accéder à la souveraineté alimentaire, dans le respect de l'environnement.

    C'est dans cette visée que devrait se définir l'action de nos élus au conseil régional. Si elle-ci reste limitée, notamment au choix des aides aux entreprises, elle privilégiera tout ce qui contribue à la relocalisation des activités, aux circuits courts et locaux, à l'agriculture biologique, et à la reconversion des exploitations, à l'agroalimentaire de qualité, aux coopératives dignes de ce nom, et à la réappropriation des outils de production par les salariés.

    4 - Rééquilibrer les territoires par le développement des services publics et de l'accès de toutes et tous aux transports, à l'énergie, à la santé, être acteur de la transition énergétique

    Se déplacer, un droit pour toutes et tous

    Plusieurs défis majeurs sont à relever en matière de la politique des transports:social, écologique économique, démocratique

    La politique des transports est aussi le support de la mise en concurrence des territoires et des hommes et de la métropolisation dans le cadre de la mondialisation "libérale" qui déséquilibre le territoire breton et l'insère dans des relations de dépendance à l'égard de Paris...
    Tous ces enjeux et facteurs sont interactifs. Voici quelques éléments de réflexion :

    L’enjeu social, celui du droit au transport pour toutes et tous, appelle un service public des transports de qualité, assurant l’égalité d’accès, garantissant un haut niveau de sécurité, pratiquant des tarifs sociaux ou mieux la gratuité, avec un service sur l’ensemble du territoire et des personnels qualifiés travaillant dans de bonnes conditions. Il faut aussi maintenir un des atouts de la Bretagne : son réseau urbain polynucléaire riche de petites et moyennes villes à taille humaine où sont localisés les services publics de proximité, menacé par la métropolisation.

    Il faut donc :

    •  développer, diversifier moderniser les transports collectifs (trains, bateaux, bus ...) ainsi que les infrastructures de transports dans la région

    • privilégier les services publics de transports

    • mettre en place une meilleure desserte intérieure de toute la région, en particulier les liaisons nord-sud

    L’enjeu écologique, celui d’une prise en compte des exigences environnementales contre les pollutions de tous ordres, appelle :

    • une redéfinition de l’utilisation des modes de transports, qui génèrent environ un quart des émissions de GES en Bretagne.. Or, la part de la voiture individuelle représente 92% des trajets régionaux, le fret ferroviaire ne représente que 2% du transport des marchandises en Bretagne. Il faut développer les transports collectifs de voyageurs et faire du transport de marchandises une question d’intérêt général permettant de privilégier les modes les moins générateurs de gaz à effet de serre et les moins consommateurs d’énergie.

    • un retour à une politique d'aménagement du territoire. Le pétrole abondant et bon marché a permis avec la généralisation de la voiture, une grande mobilité locale et généré le zonage et l'étalement urbain multipliant les déplacements contraints, courts mais fréquents :migrations pendulaires de travail, courses, démarches...

      Le remplacement du train par le camion est lié au renoncement à toute politique d'aménagement du territoire : la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale) a cédé la place à la main invisible du marché qui organise la métropolisation et un réseau de transports capable d'assurer la mise en concurrence des hommes et des territoires et de permettre aux entreprises (= actionnaires) de faire leur marché au moindre coût. Cette division internationale du travail a généré des déséquilibres spaciaux structurés par les axes reliant Paris à Rennes et aux extrémités bretonnes( Brest, Quimper au détriment du centre Bretagne : aujourd'hui se dessine au-delà des limites officielles de la Bretagne, une « métropole bicéphale» d'un million d'habitants qui s'étire de St Malo à Nantes de plus en plus dans l'orbite de Paris et qui aspire les forces vives de la région. Une autre nébuleuse urbaine, avec d'ici peu, un million d'habitants, s'étire sur la côte sud de la Bretagne, où l'économie de villégiature fragilise les activités de production, le milieu littoral (betonnisation, rejets d'eaux usées...), les populations locales confrontées à une augmentation du prix de l'immobilier.

      Prise dans un double processus de métropolisation, autour de Rennes et de Paris , peut-elle retrouver la maîtrise et l'équilibre de son territoire ?

    • Que peut faire la Région ?

      Rompre avec la recherche obsessionnelle de la vitesse entre Paris et quelques « grandes » villes bretonnes et de l'insertion de l'économie bretonne dans les flux internationaux.

      Organiser les transports pour une meilleure desserte de toute la Région notamment nord-sud, refuser de co-financer les projets qui renforcent les déséquilibres régionaux et la métropolisation. : TGV, LNOBPL Lignes Nouvelles Ouest Bretagne-Pays de Loire, Aéroport NDDL...

      Pour les objectifs indissociablement liés aux transports: relocaliser les activités économiques et reterritorialiser les entreprises : les compétences économiques de la Région lui permettent de réorienter les aides : passer d'une politique d'attractivité à l'égard des entreprises étrangères à celle de renforcement des PME, réduire le soutien aux exportations et aux importations à renforcer le soutien aux productions locales.

      Rennes avec son réseau étoilé reproduit le modèle parisien à l'échelle de la Bretagne , et risque de « vider des villes » comme St Brieuc. Or ses moyens sont renforcés par la réforme territoriale.

      Soutenir les villes qui mènent une politique de réduction des déplacements contraints.

    L’enjeu économique, celui de l’efficacité du système de transport au service de l’activité et de l’emploi.

    La politique des transports est aujourd'hui guidée par les intérêts du marché et des grosses entreprises. Inscrite dans les flux internationaux facilités par les grands axes routiers et les zones d'activité (interfaces entre consommateurs locaux et produits à bas prix obtenus par le dumping : cochons allemands ou objets chinois) par les ports qui importent des intrants, exportent des produits de l'agriculture hors sol, ses productions sont concurrencées et elle est entraînée vers une agriculture agro-industrielle mortifère pour l'exploitation paysanne.

    Reliée par la route et le fer à la capitale , elle devient un Hinterland/ arrière-pays d'une capitale à ambition planétaire : le Grand Paris. Rattaché à une région plus ou moins urbanisée (mégalopole) et et dominante de Londres à Milan : la banane bleue. Dans ce schéma , la route et le fer sont dominants. Les voies maritimes, au service d'une division internationale du travail convergent vers les ports géants comme Rotterdam, Hambourg,Anvers...alimentant cette « banane bleue » et contournant la Bretagne, redesservie par cabotage. la Bretagne y est périphérique. D'autres schémas sont possibles, fondés sur une vision plus maritime.

    A l'échelle de la région il faut un maillage plus serré du territoire comme support d'une activité économique

    En finir avec les investissements coûteux du TGV qui captent beaucoup d'argent public : le projet Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de Loire coûterait selon le scénario retenu entre 3,1 et 5,55 milliards € dont une partie payée par les collectivités. Inscrite dans la mise en concurrence des territoires, ils s'accompagnent de la requalification à grands frais des quartiers de la gare et affaiblissent les villes à l'écart.

    Sortir d'une logique tout TGV

    Développer un réseau ferroviaire au service des déplacement dans la région : « Triskell » ferroviaire avec une liaison ferroviaire nord-sud Auray-St-Brieuc par Pontivy-Loudéac, le doublement de la liaison Brest-Quimper le désenclavement du sud-est de l'Ille et Vilaine via la liaison vers Chateaubriand., « RER » rennais ...tant pour le trafic de voyageurs que pour le fret.

    Développer les liaisons périurbaines et les réseaux secondaires au service des besoins quotidiens. »

    Développer le cabotage.

    L’enjeu démocratique, celui des mécanismes de décision pour répondre à l’intérêt général, appelle plus de pouvoir pour les usagers, les élus locaux, les syndicats, aux côtés de l’État et des directions d’entreprises.

    Répondre à ces défis suppose de rompre avec la logique actuelle de concurrence généralisée et de libre circulation ds capitaux dont le but est la recherche du profit maximum pour les opérateurs et les chargeurs, plutôt que la satisfaction des besoins sociaux et de l’intérêt général du pays. Cela conduit à des rapports de subordination des élus à l'égard des entreprises et cela génère les politiques d'attractivité qui empêchent de chercher des solutions locales.

    Cela appelle une remise en cause des directives européennes qui organisent cette libéralisation, et des décisions nationales de privatisation qui spolient la puissance publique des outils d’une réorientation de la politique des transports. Là aussi, les citoyens, les usagers, les personnels, doivent se réapproprier leur avenir.

    Accéder à des soins de qualité, dans le centre Bretagne comme dans les grandes villes

    Pas un hôpital de Bretagne n'échappe aux effets mortifères de la politique d'austérité. Les hôpitaux de Bretagne sont logés à la même enseigne que l'ensemble des hôpitaux de France. À la fois promoteur et exécutant zélé des politiques européennes le gouvernement français baptise « pistes d'économies » la satisfaction qu'il offre aux revendications du Medef en matière de santé.

    La casse a commencé.

    La ministre de la santé Marisol Touraine prévoit dans un document révélé par le magazine Challenges, d'imposer aux hôpitaux publics une ponction de 3 milliards d'euros dans leurs budgets d'ici 2017. Chiffres du ministère lui-même 27,6 % des postes disponibles ne sont pas pourvus dans les hôpitaux. Ces postes manquent aux salariés pour effectuer correctement leur travail, ils manquent aussi aux patients pour être accueillis et soignés dans les meilleures conditions. L'hôpital telle une entreprise du CAC 40 fonctionne à flux tendu

    C'est ainsi que l'hôpital de Pontivy a commencé à perdre les 70 postes promis à la casse, celui de Ploërmel en a déjà perdu 40. Les hôpitaux de Lorient, Quimper, Vannes, Gourmelen, sont menacés de la même gangrène.

    L'arsenal austéritaire est varié. Ici on ampute en partie l'heure de repas, un peu partout le travail des postes non pourvus est assuré à coup d'heures supplémentaires. Elles sont pléthore et payées aux salariés tous les ans..., à la saint glin glin. (l'hôpital de Pontivy totalise 80 000 heures effectuées et toujours pas payées aux personnels).

    Dans l'attirail des mesures d'austérité, il y a la remise en question des 35 heures, le ralentissement de la progression des carrières, l'auto assurance chômage imposée aux contractuels.

    Il y a même des hôpitaux où on a « l'austérité décomplexée ». Ainsi à l'hôpital de Port-Louis Riantec, on pratique des procédures dites en « mode dégradé » qui comportent l'officiel « non remplacement immédiat du personnel absent » ainsi que la suppression des primes versées aux agents contractuels, autour de 1560 € par an.

    Le patient moins patient...

    Cette dégradation massive des conditions de travail des hospitaliers a évidemment des conséquences pour les patients. Dans de nombreux services il n'est pas rare d'attendre entre 4 et 6 mois avant d'obtenir un rendez-vous. Il est désormais courant, que le médecin et l'infirmier qui viennent d'achever un I.R.M. dont le bilan mériterait d'accorder au patient un temps conséquent de commentaires soient contraints d'y renoncer, austérité oblige, on n'explore pas les troubles du patient, on rentabilise la machine !

    Partout dans les hôpitaux des luttes ont eu lieu et d'autres sont annoncées pour les semaines à venir on note d'ailleurs que les personnels ont à cœur de souligner toujours à quel point la dégradation de leurs conditions de travail pèse sur la qualité de l'accueil et du soin réservé aux patients comme aux résidents.

    Des patients l'entendent et s'organisent en comité de défense de leur établissement hospitalier.

    L'austérité toxique à l'hôpital

    Ces résistances des personnels hospitaliers sont connues de l'agence régionale de santé (ARS). Aussi pour brider la volonté des personnels de faire reculer ces politiques a-t-on bien besoin du matraquage médiatique qui fait de l'austérité la solution des « difficultés de l'hôpital ».

    Mais la difficulté de l'hôpital est en réalité d'être asphyxié par ces politiques d'austérité qui l'empêchent d'accomplir sa mission, c'est d'être géré à la façon d'une entreprise. C'est aussi d'avoir perdu ses soupapes démocratiques. Ainsi la réforme, Sarkozy-Bachelot, conservée telle quelle par le gouvernement socialiste, a-t-elle évincé des directions hospitalières les représentants des personnels, des patients, des élus des communes concernées.

    De l'air, vite !

    L'hôpital a besoin de respirer, c'est urgent, il lui faut des élus anti-austérité à l'assemblée régionale.

    Des élus mobilisés pour aider au développement de l'action des personnels avec leurs syndicats et leurs associations engagés dans le maintien de développement de la qualité d'accueil et de soin à l'hôpital.

    Des élus mobilisés pour faire entendre et soutenir les revendications des personnels et des usagers.

    Des élus mobilisés pour mettre en place des structures démocratiques permettant aux citoyens soignants ou soignés de contribuer aux décisions concernant leur santé. Les béni-oui-oui de l'austérité, bleus UMP ou roses PS et alliés sont toxiques à la santé.

    L'hôpital, les personnels, les patients, sont eux de vrais experts en matière de santé, il leur faut une assemblée régionale composée de rebel-le-s aux politiques d'austérité, prenant leur part dans la reconstruction d'une grande politique de santé régionale et nationale.

    Santé et vieillesse

    La crise de la santé dépasse largement celle des hôpitaux pour concerner la prévention, l’ensemble des EPHAD et la diversification des dispositifs permettant d’accompagner le vieillissement de la population.

    Du domaine privilégié des départements, le vieillissement de la population est en soi un enjeu de santé important, et au-delà une source d’aspirations nouvelles  auxquelles la Région ne peut pas être indifférente.

    Les aspirations au droit à la santé à tout âge de la vie, à rester citoyen acteur de son projet de vie, de la vie sociale jusqu’au terme de sa vie posent également la question de la démocratie dans le domaine de la santé, de l’accompagnement et de la prise en compte de la parole des usagers ou des patients dans les établissements de santé et dans les dispositifs d’aide à domicile (« Charte de Bien-Traitance », Conseils de Vie Sociale dans les établissements et présence des associations et syndicats d’usagers dans la gestion des établissements).

    La casse des services publics a laissé des inégalités profondes dans le territoire, rendant quasiment impossible pour certains le « bien vieillir » en restant dans leur bassin de vie et nous pensons que la Région, en liaison avec les autres collectivités territoriales a un rôle à jouer pour aider à garantir l’égalité de traitement dans ce domaine aussi et réparer des déserts et cicatrices territoriales.

    Conséquences des politiques d’austérité, d’imprévoyance et de technocratie , les coûts d’hébergements en EPHAD sont énormes et le « reste à payer » souvent à la charge des familles. La gestion des files d’attentes, les difficultés d’accessibilité financière et les inégalités d’accès contribuent à l’exclusion.

    Quelques propositions ;

    - penser une médecine préventive pour retraités et personnes âgées sur les principes des PMI, en intégrant l'environnement sanitaire et alimentaire de la personne, son maintien en activité physique et intellectuelle, ses possibilités de surveillance médicale régulière…

    - porter attention aux besoins de déplacement des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite et proposer des réponses publiques adaptées en milieu urbain et en milieu rural

    - informer les personnes vieillissantes, et tout particulièrement les populations les plus démunies, des moyens et services offerts par les Caisses de retraite et autres organismes pour faire face à des dépendances - réversibles ou non -, à des risques d'isolement, d'exclusion…

    - favoriser leur participation à la vie sociale et citoyenne dans la cité.

    Être acteur de la transition énergétique

    Traiter uniquement et simplement de la production et de la consommation d'énergie serait faire l'impasse sur la nocivité du productivisme et de la recherche de profits, qui se nourrissent réciproquement et conduisent l’Humanité à une catastrophe climatique et sociale et cela depuis de nombreuses années, mais également sur les énergies alternatives et renouvelables de plus en plus performantes et très variées qui viennent apporter un changement des modes de production de celles carbonées et nucléaires

    L’enjeu énergétique est étroitement imbriqué avec la question des inégalités sociales. La concurrence et la compétition sont la norme entre les pays, les continents, les villes, les banques, les entreprises, les personnes…et se traduisent par la libéralisation du marché de l'énergie (loi NOME). A coup de milliards, les institutions internationales et européennes, les gouvernements libéraux et sociaux-libéraux imposent aux populations des plans de rigueur d’une violence inédite, comme en Grèce, pour sauver le soldat «marché financier».

    Dans cette guerre, le service public est destiné à être vendu au marché et les marchés liés à l’énergie deviennent un pan majeur du tout marchand.

    La question de l’accès de tous les êtres humains à l’énergie, doit être un enjeu majeur. Elle conditionne l’accès aux droits fondamentaux – au même titre que le logement, la santé, la mobilité - et nécessite la remise en cause des fondements d’un système qui oppose bien commun et accès aux usages vitaux à l’appât toujours plus grand du gain.

    Mettons la question énergétique dans le bon sens, en partant des usages (besoins) et non des ressources : nous chauffer, nous éclairer ou nous déplacer ; ensuite interrogeons nous sur les moyens les plus soutenables de satisfaire, nos besoins énergétiques.

    La transition énergétique ne serait pas complète sans prendre en compte le dérèglement climatique qui s’aggrave et s’accélère, mettant à mal dès aujourd’hui les pays les plus exposés à la montée du niveau des océans, les populations les plus pauvres de la planète et à moyen terme les conditions de vie civilisées sur Terre :

    • Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre

    • Se libérer d’une surconsommation qui coûte plus aux pauvres qu’aux riches ;

    • S’orienter vers une sobriété et une efficacité énergétique ;

    • Abandonner l'utilisation des énergies fossiles

    • Bien que ces opérations ne soient pas ouvertes sur le territoire, réaffirmer l' abandon de toute expérimentation, exploration et exploitation d'hydrocarbures compris dans la roche mère et off-shore

    • Arrêter le nucléaire civil et militaire ;

    • Arrêter la production et l’utilisation industrielles des agrocarburants

    • Lutter contre tous les gaspillages provoqués par le système de production capitaliste , changer nos usages de l’énergie, privilégier les plus utiles, restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles ; nous interroger sur nos besoins et agir à travers les comportements individuels et collectifs pour constituer une pratique et une culture collectives de la sobriété

    • Agir sur la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire un service énergétique donné ; essentiellement par les choix techniques, de la production à l’utilisation.

    • Recourir aux énergies renouvelables, enfin, qui permet, pour un besoin de production donné, d’augmenter la part des énergies les moins polluantes et les plus soutenables

    • Abandonner l'énergie nucléaire

    Tout le monde le sait désormais :depuis Tchernobyl en 1986, Fukushima a montré qu’il n’existe pas de sûreté nucléaire suffisante, le risque d’accidents majeurs dans le nucléaire est possible. Il est d’autant plus réel que les exploitants sont davantage préoccupés par le montant des dividendes à distribuer aux actionnaires que par la sécurité des centrales. De fait, la sécurité des salariés - de plus en plus précarisés – et la sécurité dans la sûreté des installations ne sont pas dissociables

    Nous nous prononçons pour une transition énergétique combinant la sortie du nucléaire (excluant donc la construction de nouveaux réacteurs) et la sortie des énergies fossiles. Cette transition doit être planifiée et se fixer comme objectif de remplacer, simultanément, les énergies fossiles et l’énergie nucléaire par des énergies renouvelables et alternatives, limitant les risques pour l’humanité, comme pour la planète.

    Cette sortie du fossile et du nucléaire doit être volontariste, maîtrisée, planifiée. Elle doit être un choix de société, transparent et démocratique. Elle doit être accompagnée d’avancées et de ruptures en matière de sobriété, de réduction des excès et d’efficacité énergétique.

    Il ne saurait être question de recycler le capitalisme vert. Les élus s'attacheront à :

    • Valoriser les modes de production alternatif d'énergie (Expérience de Béganne, SA de production d’électricité par les éoliennes où chaque actionnaire dispose d'une voix pour décider dans l'entreprise, expérience des communes qui recherche l'indépendance de production énergétique- ).

    • Conserver, développer le service public de production et distribution de l'électricité, en incluant les projets d'implantation d'hydroliennes

    • Limiter les usines de méthanisation quand elles sont le prolongement de l'élevage agricole intensif

    • Sortir l’énergie du marché concurrentiel pour en faire un bien commun avec une tarification progressive nécessite de constituer un service public de l’énergie. Service public qui devra s’ouvrir à la participation des citoyens, enjeu démocratique décisif pour la transparence des choix et des politiques énergétiques. Au sein de ce secteur, la nationalisation de certains acteurs essentiels sera nécessaire. Certes, changer le statut d’une entreprise ne suffit pas à garantir une gestion au service du bien commun : en France et dans d’autres pays dans le passé, nous avons vu qu’une grande entreprise nationalisée peut être gérée comme une entreprise privée et parfois avec grand zèle, en particulier lorsque les choix politiques le lui imposent. A l’inverse, le statut public d’une entreprise peut être un puissant atout pour une politique alternative, dont les critères de gestion seront aux antipodes des critères de rentabilité et de profitabilité actuels.

    • Permettre le contrôle citoyen , le retour au service public

    Mettre la priorité sur le financement public de la recherche et des expérimentations citoyennes sur les énergies renouvelables ;

    Libérer les brevets captés par les multinationales ;

    Organiser la relocalisation avec la réappropriation publique et territoriale des moyens de production et de distribution de l'énergie (régies communales, coopératives, sociétés d'intérêt collectif, etc.) incluant systématiquement le contrôle citoyen ;

    Réorienter les politiques publiques des secteurs énergivores tels que l’agriculture intensive, les transports, le logement et l’urbanisme, l’industrie et la grande distribution ;

    Exiger la reconversion des filières concernées en accord avec les travailleurs et

    les usagers.

    • S'appuyer sur le Scénario électrique alternatif breton proposé par GASPARE.

    Le Scénario électrique alternatif breton démontre l’absence de besoin d’un moyen de production de pointe supplémentaire en Bretagne d’ici 2020. il quantifie les possibilités de

    développement des énergies renouvelables, des effacements de consommation et des interconnexions européennes, ainsi que les effets de politiques publiques de maîtrise de la demande et de réduction du parc de chauffage électrique

    A contrario du pacte électrique développé par la Région qui impose la centrale à gaz de Landivisiau et de la PPI 2009 où figurent plus de 30 centrales à gaz initiés en France, qui va à l’encontre des engagements pris par la France en termes d’augmentation de 20% de son efficacité énergétique, de réduction de 20% de ses émissions de gaz à effet de serre, d’une part d’au moins 20% des énergies renouvelables à l’horizon 2020.

    5 - S'émanciper en se formant et en se cultivant

    Culture(s), des pratiques émancipatrices et créatrices de lien social

    La culture dans son sens le plus large est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances( Déclaration sur les politiques culturelles mondiales à la conférence de Mexico en 1982).

    Se référer uniquement à la culture artistique procède d'une vision ancienne et élitiste . La culture artistique comprend 7 domaines : architecture, peinture, dessin, musique, danse, littérature et cinéma le 7éme art. On pourrait même y rajouter la bande dessinée et toutes les créations informatiques dans différents domaines .

    La vision de la culture aujourd'hui est désormais beaucoup plus ouverte et peut s'étendre dans différentes sphères de l'activité humaine. Elle n'est plus la propriété d'une élite, celle qui aurait le savoir. La culture populaire est reconnue et il n'existe pas de culture qui serait supérieure ou inférieure. Il y a seulement des

    Chacune de ses deux formes , culture populaire et culture artistique , sont souvent bien particulières à chaque contrée. La culture bretonne est bien différente de la culture provençale, de même pour les traditions et les croyances et ce qui nous intéresse c'est le métissage des cultures.

    Le breton, le gallo, mais aussi toutes les langues parlées sur notre territoire participent du patrimoine de l'humanité.

    Nous ne pouvons qu'être satisfait de voir tous les cours de langues Bretonnes qui s'organisent dans la plupart des villes et villages en Bretagne. Ce que nous pouvons regretter, c'est qu'elles ne soient pas enseignées plus largement dans les écoles publiques.

    En 1977, face aux carences de l’État, la première école Diwan a été crée. Ces écoles associatives où le Breton est enseigné par immersion, perçoivent de l'argent de l'Etat pour leur fonctionnement. Elles mettent également les familles à contribution et peuvent devenir des lieux élitistes. Il est plus que souhaitable que la langue Bretonne prenne toute sa place dans les écoles publiques comme dans un service public de l'audiovisuel profondément rénové et démocratisé.

    Nous défendons l'idée que la culture est source d'émancipation. La culture peut être un loisir, une distraction, un bol d'air et un sas de décompression dans une société aliénante. Mais la culture est avant tout un droit. Il est temps de mettre en avant le droit culturel. Tout le monde a le droit à la culture. C'est un bien commun. La culture, celle avec un petit "c". Cette culture pour tous, par tous. Une culture faite de découvertes, d'échanges et de partages, d'ouverture sur le monde, par l'éducation populaire afin de donner des clés d'analyse, et permettre une compréhension individuelle et collective d'une société dont nous pouvons infléchir et changer le fonctionnement. 

    Notre région est riche de ses cultures, de ses langues et des personnes qui y vivent. Reconnaissons ces richesses, chacun dans ses différences et sa dignité. 

    La région Bretagne doit soutenir les associations culturelles, les associations d'éducation populaire qui souffrent des baisses de dotations. La région Bretagne doit soutenir et développer toute initiative qui porte les cultures dans nos quartiers et dans nos campagnes. 

    Notre région doit pour chaque projet soumis évaluer l'impact social en premier lieu avant les bénéfices supposés en terme d'image. Le "rayonnement" culturel s'il ne bénéficie qu'à une minorité ne sert pas le bien commun. Les lieux, manifestations existantes doivent être accessibles à tous, avec des tarifs pour tous (jusqu'à la gratuité) ainsi qu'une accessibilité "pratique" (transport, éloignement, handicap,...). 

    La culture facteur de lien social implique une redéfinition de l'organisation administrative de la gestion des budgets discutés. Il faut ajouter de la transversalité dans les services. La culture avec la jeunesse, la culture inter-générationnelle, la culture et la santé (hôpitaux), la culture et les prisons, la culture et la politique sociale (foyers, gens du voyages, quartiers "sensibles", PJJ,...). La culture est partout et nourrit l'ensemble de la société. 

    Redéfinissons le budget culturel pour la région, développons partout des initiatives,avec les acteurs locaux, pour une culture émancipatrice au bénéfice de tous.

    Une formation initiale et continue qui réponde aux besoins d'émancipation des jeunes et des travailleurs

    L’école n’est pas une marchandise, elle doit porter haut et fort l'objectif de la réussite de tous, l’émancipation, l’élévation du niveau de qualification, avec le développement du service public d’éducation partout sur le territoire. La région consacre 46 % de son budget à la formation. Le service public doit pouvoir accueillir tous les élèves au plus près de leur domicile ce qui suppose un maillage territorial du service public, et la rupture avec la répartition actuelle 60% Public/40% privé catholique qui ne repose sur rien et ne correspond pas aux aspirations des familles.

    Dans les Lycées Généraux et Technologiques et Lycées professionnels (EN, Agriculture et Mer) , la région doit accélérer les restructurations et rénovations attendues notamment pour l'accueil des handicapés, en intégrant des travaux liés aux questions environnementales et en améliorant l'éco-référentiel. La construction de nouveaux lycées en plus de ceux de Ploërmel et de Liffré doivent permettre de répondre aux évolutions des effectifs. Un effort particulier sur les internats doit être fait Nous pensons que les effectifs ne doivent pas dépasser 1000 élèves en moyenne.

    Les élus régionaux qui siègent dans les conseils d'administration devront être présents pour construire avec les équipes pédagogiques, les parents et les élèves de nouveaux liens permettant de mieux appréhender les besoins de chaque établissement.

    Nous avons besoin par exemple de prendre en compte les nouveaux besoins en matériel informatique et en personnels pour assurer la maintenance de ces équipements. Nous avons aussi besoin de réaffirmer le

    Nous voulons renforcer le service public de l’orientation pour proposer des réponses adaptées aux différents publics (l'orientation des salariés et demandeurs d'emploi n'est pas de même nature que l'orientation des scolaires) ce qui suppose que la Région ne ponctionnera pas les moyens des CIO, ces derniers n'ayant déjà pas les moyens d'assurer leur propre mission.
    Nous voulons construire la Carte des formations professionnelles dans une démarche démocratique pour son élaboration afin de permettre aux personnels et aux usagers de participer aux délibérations des BAPE (bassin d'animation pédagogique) au sein desquelles sont débattues les formations à fermer ou à ouvrir.
    Dans le domaine de l'apprentissage, il y a toujours 29 % de ruptures de contrats d’apprentissage qui conduisent les jeunes à sortir du circuit de la formation . Les tranches d’âge les plus concernées sont les 15/16 ans (50 % des ruptures).Les secteurs professionnels les plus concernés sont l’Hôtellerie et la restauration et le bâtiment. Les objectifs définis par le Région ne sont donc pas atteints puisque le taux de rupture reste très élevé. Trop peu de maîtres d’apprentissage sont vraiment formés à former des apprentis. Par ailleurs, les campagnes en faveur de l’apprentissage, outre leur coût et la concurrence avec les LP, font d’autant moins recette avec la crise. De nombreux chefs d’entreprise préfèrent ne pas embaucher d’apprentis pour garder leurs salariés. On pourrait aussi qualifier de mensongères les campagnes pour l’apprentissage concernant le taux d’embauche à la fin de l’apprentissage car elles ne portent que sur les jeunes qui terminent leur apprentissage.

    Nous voulons donc privilégier les Lycées Professionnels en commençant par les mettre en valeur sur le site de la Région. Améliorer la formation des apprentis passe par la formation des maîtres de stage et une formation de qualité dans les CFA

    1. La carte des formations est trop soumise à l’adéquationnisme aux besoins locaux et à court terme. On doit proposer des formations en Bretagne qui permettent aussi aux jeunes de faire valoir de nouvelles qualifications comme par exemple l’ouverture de séries technologiques et professionnelles pour les métiers du spectacle.

      La Formation professionnelle continue est pilotée par deux acteurs publics : les GRETA (Educ Nat) et l’AFPA. Les autres acteurs sont soit associatifs, soit des entreprises de formation. Un système complexe d’aide aux stagiaires a été mis en place par la région. Un des dispositifs qui consistait à rémunérer les stagiaires et donc cotiser pour la Sécu, la retraite…a été supprimé. Des formations de qualité répondant à la fois aux besoins à court terme mais aussi aux souhaits des salariés (reconversion professionnelle, accès à des formations n’ayant rien à voir avec le travail : c’est un droit)

      Il faut revoir les critères d’attribution des formations : priorité au service public, sans léser les associations d’éducation populaire, revoir la liste des critères car il est anormal que ce soit toujours le moins-disant qui l’emporte, revoir les aides pour encore mieux répondre aux besoins des salariés et des chômeurs.

      6-S'ouvrir à toutes les cultures du monde

      Être une terre d’accueil et de solidarité pour les migrants : ils sont des citoyens.

      La Région Bretagne n’est pas dépositaire de la responsabilité sur les migrations. Néanmoins il est inconcevable que la Bretagne ne soit pas soucieuse de cet impératif de l’humanité qu’est la question migratoire que les contraintes préfectorales organisent à l’échelle de la région.

      Le parallèle entre deux phénomènes –l’émigration des Bretons à l’étranger et l’immigration étrangère en Bretagne – vise à interroger une expérience régionale singulière: terre d’émigration devenue terre d’immigration, elle est potentiellement porteuse d’un autre regard sur les processus d’intégration des populations immigrées et sur leurs conditions d’accueil.

      Le territoire breton, bien que caractérisé par une immigration peu massive et tardive au regard d’autres régions françaises, peut trouver intérêt à intégrer cette dimension comme composante de son identité et comme élément de son patrimoine économique, social, historique et culturel.

      Il s’agit de provoquer des rencontres entre plusieurs acteurs (institutions, associations, chercheurs, documentaristes, etc.) et de stimuler ou de renforcer la recherche et les initiatives en tout genre sur cette question en Bretagne. Le dynamisme et la richesse de la vie culturelle, artistique, intellectuelle et associative en Bretagne peuvent être ainsi mis à profit de projets ayant trait aux questions d’immigration.

      Qui sont les migrants ?

      Venant d’Asie, du Caucase, du Moyen-Orient, d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, ils diffèrent profondément de l’immigration voulue par nos gouvernants depuis un siècle qui est celle de travailleurs peu qualifiés rejoignant une classe ouvrière surexploitée. Ces migrations concernent aujourd’hui des femmes et des hommes, le plus souvent jeunes, urbanisés et possédant un métier, fuyant les guerres, les régimes dictatoriaux et les catastrophes climatiques occasionnées ou alimentées par les dominations économiques et les guerres civiles. Elles concernent également des populations de l’Union Européenne comme les Roms et plus généralement des migrants venant de l’Est.

      Notre pays, depuis la première Déclaration des droits de l’homme de 1789 qui repose sur la libre circulation des personnes, a toujours été une terre de migration. Elle est fondatrice d’une citoyenneté solidaire de droits qui appelle une politique d’accueil et de libre installation, reprise dans l’article 13 de la déclaration universelle des droits humains de 1948.

      Une double hypocrisie

      Il y a une double hypocrisie de nos gouvernements nationaux et européens.

      Ces derniers semblent découvrir la nécessité de réelles politiques d’accueil qui ne laissent pas les réfugiés subir des conditions indignes, illégales, illégitimes et odieuses, que sont les camps dans les villes et aux frontières, en rupture complète avec les droits fondamentaux et d’accueil de la Convention de Genève de 1951.

      La loi en débat actuellement sur les demandeurs d’asile est l’expression d’une politique de plus en plus sélective et répressive. Elle aggrave un clivage destructeur et mortifère entre humains en mettant en place un tri entre « bons réfugiés » aux qualifications professionnelles exploitables et les « indésirables», réserve économique à géométrie variable selon les besoins du capitalisme. Elle va même jusqu’à remettre l’accueil des personnes malades aux bons soins du ministère de l’Intérieur.

      La seule réponse des gouvernements à l’urgence repose sur le filtrage des réfugiés et la fermeture des frontières, avec ses murs et ses violences policières. Cela a de graves conséquences :

      ● des centaines de milliers de migrants sont en danger de mort sur les routes et les mers (3000 morts depuis le début de l’année),

      ● les passeurs s’enrichissent cyniquement,

      ● le programme Frontex sous-traite à des sociétés privées l’intervention des Etats en Méditerranée,

      ● une politique de rétention dans les pays de première arrivée,

      ● la gestion des populations migrantes à l’aide de quotas par pays (24 000 sur deux ans pour la France), quotas qui sont scandaleusement inadaptés aux 350 000 réfugié arrivés en Europe.

      Liberté de circulation et d’installation !

      Une autre politique d’accueil repose sur la liberté de circulation et d’installation pour tous les citoyens du monde, où qu’ils se trouvent. Notre pays et l’Europe ont les richesses pour les accueillir. Un réel partage des richesses est nécessaire entre tous ceux qui habitent et travaillent dans nos pays.

      Elle rejoint en terme de droits « La Lettre ouverte au président de la République », signée par la plupart des organisations de défense des immigrés et quelques organisations syndicales (Syndicat de la magistrature et Solidaires).

      Quelques revendications urgentes :

      -Ouverture de centres d’accueil en dur tout au long de la trajectoire migratoire, qui apportent aux personnes une réponse à leurs besoins vitaux corporels et psychologiques et permettent d’exercer sereinement leurs droits, notamment de demander l’asile.

      -La dénonciation d’une politique de tri dans des centres d’identification et d’enregistrement indignes par leur méthodes humaines et matérielles qui tendent à la privation de liberté et cette impossible distinction entre asile politique et exil économique qui clive dans l’extrême précarité pauvres et réfugiés, tous ayant risqué leur vie pour arriver en Europe. Cette distinction est une attaque contre les droits humains fondamentaux.

      -La suspension générale de l’application du règlement Dublin sur l’ensemble de l’Europe (ce qui remet en cause l’espace dit de Schengen) et les accords entre la France et le Royaume-Uni qui ont créé l’enfer depuis deux ans à Calais.

      -L’urgence d’ouvrir des « voies d’accès légales et sûres pour les personnes qui se trouvent dans des pays tiers [...] qui souhaiteraient venir en Europe sans risquer leur vie et sans recours à des passeurs », donc à une sécurisation des parcours par l’octroi (prévu déjà dans les textes européens) d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées.

      -Une aide au développement qui ne repose pas sur l’externalisation des contrôles migratoires.

      Pour une solidarité citoyenne

      C’est donc à une solidarité citoyenne que nous appelons pour mettre en œuvre chaque point de la déclaration et faire respecter les droits fondamentaux qui sont ceux de la souveraineté des peuples.

      Un réel réseau de soutien doit être un service public et doit s’accompagner de la création d'un observatoire public des dispositifs d'accueil. L’accès aux droits communs de toutes et tous est une nécessité : droits sociaux, droit du travail, égalité des salaires, participation aux élections nationale et européennes.

      Ensemble! Bretagne. Novembre 2015.

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