Réunion publique « Quelle agriculture pour un avenir en commun ? »

Vendredi 3 février, la réunion publique invitée par le groupe d’appui « Besançon l’Insoumise » a attiré 90 personnes, dont un public varié, mêlant militants de longue date et de tradition politiques voisines, mais aussi pas mal de jeunes, sur le thème du programme proposé sur la question agricole.

Les interventions étaient assurées notamment par Dominique Henry, militante de la Confédération paysanne, actuellement en procès dans le cadre des conséquences du démontage de la ferme usine des mille vaches (Dominique a refusé le prélèvement ADN dans le cadre de la procédure, son procès fait l’objet d’une large mobilisation politique associative et syndicale contre la criminalisation des miliantEs1) et aussi par Paul-Henri Perrot, agriculteur en lait à comté Bio dans le Haut-Doubs à 900 mètres l’altitude, militant également, fondateur et ancien élu de la Confédération paysanne du Doubs.

Laurence Lyonnais, membre d’Ensemble ayant participé aux réflexions du Manifeste pour l’écosocialisme, était en charge de l’introduction générale.

Les intervenants ont rappelé que l’agriculture impacte l’environnement (climat, sols, eau, biodiversité) et notre santé par l’alimentation, mais aussi tout le champ social car les payan-nes en voie de disparition, sont les victimes d’un malaise terrible (un suicide tous les deux jours), font les frais également sur leur santé de l’usage de produits phytosanitaires cancérigènes….sans parler des rémunérations misérables des plus vulnérables d’entre eux. Autant l’agriculture intensive et productiviste actuelle est le problème qui condamne le climat, nos santé, les petits et moyens paysans autant une agriculture paysanne et écologique est la solution pour notre avenir. Une solution joyeuse et inventive puisqu’elle permet à chacunE de reprendre pied avec la nature et une maîtrise de la satisfaction collective des besoins fondamentaux.

La force et le mérite du programme détaillé dans le cahier « pour une agriculture écologique et paysanne » est de faire le lien entre les questions écologiques, sociales et démocratiques et de démontrer, par un dispositif de solutions très concrètes, que les leviers de changement sont extrêmement puissants lorsqu’on réfléchit à la jonction entre producteur, consommateur et citoyen. C’est en effet une gageure que d’essayer de répondre politiquement à la fois aux préoccupations sociétales légitimes mais aussi aux travailleurs de la terre.

Evidemment, la mise en œuvre de mesures fortes en matière de transition agricole et écologique suppose de rompre avec les traités de libre échange européens et internationaux, la main mise des grands groupes industriels et financiers (pseudo coopératives comme Lactalis…) et d’articuler des revendications liées à des expérimentations locales à de grands changements institutionnels et dans les voies démocratiques. On a pu ainsi évoquer la nécessité de « parlements locaux de l’agriculture » pour remplacer les chambres d’agricultures actuellement au service de la reproduction du modèle dominant productiviste.

Les échanges avec la salle ont été émouvants lors des témoignages de la souffrance au travail et des suicides, riches également sur les questionnements sur le sens de la consommation, les interventions sur les alternatives et la nécessité de construire dans les réseaux de proximité des coopératives de producteurs structurées, les possibilités de créer des emplois (300 000) qui ont du sens, la nécessité d’avoir des revendications unificatrices et parlantes pour les producteurs, à même de les convaincre d’opérer un « renversement d’alliances »...

La salle rassemblait pas mal de jeunes, certainEs avaient fait plusieurs dizaines de kilomètres car le sujet les intéresse et qu’ils-elles souhaitent voter pour un programme cohérent sur ces questions qui leur paraissent essentielles. C’est un signe à considérer.

Une raison plus que valable de s’engager à faire connaître et discuter autour des propositions concrètes du programme L’Avenir en Commun, dans une démarche ouverte et rassembleuse, au plus près des quotidiens des gens.

Correspondante locale.

 

 

1 Lire par ici https://www.ensemble-fdg.org/content/proces-de-dominique-henry-une-mobil...

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