Saint-Denis doit rester vraiment à gauche !

C’est ce que ressentaient les 800 participantEs du dernier meeting avant le premier tour de la liste conduite par Didier Paillard à Saint-Denis. Ville la plus importante de France avec un maire Front de Gauche (PCF), Saint-Denis subit l’assaut du PS Bartolone, soucieux depuis des années de prendre des municipalités au PCF et au Front de Gauche. C’est bien pourquoi il s’agit d’un enjeu national.

Le meeting du vendredi 14 avait donc une signification particulière, celle de la résistance à l’austérité gouvernementale. C’est ce que les divers orateurs ont bien exprimé : Christophe Aguiton, pour ENSEMBLE !, avait tenu à rappeler que Saint-Denis avait ouvert ses portes au Forum social en 2003. Emmanuelle Cosse, secrétaire générale d’Europe Ecologie les Verts, était présente, son organisation à Saint-Denis ayant opportunément choisi de soutenir le Front de Gauche, position contradictoire avec sa participation au gouvernement austéritaire. Le Hyarric, représentant du PCF, insistait sur la nécessité de résister à l’offensive du PS en Seine Saint-Denis.

Les militantEs et sympathisantEs présentEs au meeting avaient vraiment l’impression d’être au meeting de la gauche dans la ville. L’avant-veille, le candidat du PS, Mathieu Hanotin, avait tenu sa réunion publique en expulsant de la salle les enseignantEs en grève venus protester contre les suppressions  d’heures dans les collèges ZEP de la ville. Il montrait ainsi son opposition au mouvement social, alors qu’il se targue de représenter la gauche du PS. Sa campagne ne le montre nullement : il attaque la municipalité sur la sécurité et laisse entendre qu’il va modifier la ville dans la logique du Grand Paris, qui enverra plus loin encore les populations défavorisées, remettant ainsi en cause le caractère de ville populaire de Saint-Denis. Il vient de dénoncer l’inscription de Roms, citoyens européens, sur les listes électorales, surfant ainsi sur le racisme. Le responsable du FN, qui n’a pas réussi à réunir les 55 noms nécessaires pour se présenter, appelle d’      ailleurs, à utiliser le « chirurgien » PS pour extirper le « cancer communiste ». C’est dire combien la campagne d’Hanotin s’est éloignée des valeurs de la gauche.

Alors, les 23 et 30 mars, il s’agira de garder Saint-Denis bien à gauche, poursuivant ainsi une vieille tradition. Tout en s’inscrivant dans le nécessaire renouvellement, auquel les militantEs d’Ensemble entendent bien contribuer. C’est un succès nécessaire pour préparer les luttes de résistance de demain. 

Robert Hirsch

Article