SCANDALE A BURE

 

CEDRA : Collectif Contre l'Enfouissement des Dechets Radioactifs

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Note INFO

Mercredi 18 Décembre 2013

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Déchets nucléaires / BURE

 

et si l’enfouissement était une vaste escroquerie ?

 

 

 

L’affaire a secoué le landerneau début novembre. Plus de 10 ans après les premiers soupçons et après bien des péripéties, une expertise indépendante concluait qu’il y a bien un potentiel énergétique géothermique dans le sous-sol de Bure. Véritable séisme car une telle ressource rend caduque le projet d’enfouissement des déchets nucléaires. Aujourd’hui l’affaire prend de l’ampleur en amenant des questions de fond.

 

 

Règle fondamentale de sûreté

Surtout ne pas choisir un site d’enfouissement là où il y aurait une ressource géologique naturelle ! Edictée le 1er juin 1991, bien avant le choix du site de BURE, la « Règle fondamentale de sûreté » (dite RFS.III.2.f) du ministère de l’industrie était basée sur le bon sens, la sagesse : ne pas enfouir là où il y a un « trésor », que les générations à venir pourraient naturellement vouloir exploiter, ouvrant alors une boîte de pandore aux mille maux, la présence de la poubelle nucléaire souterraine ayant été oubliée (chacun sachant ce qu’il en est de la mémoire humaine).

 

Des arguments spécieux

Aujourd’hui, ceux qui ont des intérêts sonnants et trébuchants dans le projet d’enfouissement déclament que la règle en question s’applique pour une ressource « exceptionnelle ». Vraiment ? Voici ce qu’en dit exactement le texte : « Géothermie : les sites retenus ne devront pas présenter d’intérêt particulier » (annexe 3.1.5). L’esprit de la règle est des plus clairs : écarter tout risque. Et si une ressource géothermique ne présentait pas d’intérêt particulier dans un passé lointain, il en va tout autrement à l’ère de la transition énergétique, de l’indépendance recherchée, et de la maîtrise des coûts. En réalité, tout gisement géothermique se trouve déjà ressource « exceptionnelle », et le sera de plus en plus.
Quant à l’agence Andra, si elle affirme à présent que les deux projets sont compatibles, il suffira de rappeler que cette même agence se trouve être le promoteur du projet d’enfouissement. Parmi de nombreux autres, l’expert géologue du comité local d’information et de suivi de Bure (Clis) explique : « la compatibilité stockage/exploitation géothermique n’est pas en accord avec la définition initiale des contraintes à respecter pour l’établissement d’un stockage profond » (1). Simple principe de bon sens, de précaution.

 

Les questions de fond

 

-       Avant le lancement du creusement de son « laboratoire souterrain » à Bure, pourquoi l’Andra n’a-t-elle pas vérifié la présence ou non de ressource géothermique ?

 

-       Feu le géophysicien A.Mourot, ayant découvert des cartes indiquant une telle ressource, a demandé à plusieurs reprises à la fin des années 90 qu’un forage « profond, jusqu’au socle » (profondeur 1800 à 2000 m) soit entrepris. Pourquoi n’a-t-il pas été entendu, alors que seul un tel forage pouvait révéler les caractéristiques de la ressource géothermique ? Pourquoi, alors que l’agence a réalisé une ribambelle de forages (peu profonds) dans le secteur à cette époque ?

 

-       Pourquoi l’Andra n’a-t-elle réalisé un tel forage profond qu’en 2007-2008, soit juste après la loi du 28 juin 2006, privant ainsi les parlementaires de données cruciales et alors que cette loi était primordiale puisqu’elle donnait le feu vert à l’enfouissement industriel ?

 

L’enfouissement, une vaste escroquerie ?

 

-       Où l’affaire devient bien plus sérieuse : pourquoi malgré l’empilement d’organismes chargés d’évaluer et contrôler les démarches de l’Andra (CNE, OPECST, CLIS, HCTISN, DGEC, IRSN , ASN, DG…), pourquoi AUCUN n’a relevé ce péché originel, cette tare fondamentale d’absence de forage profond ? et, ensuite, pourquoi AUCUN  de ces organismes n’a-t-il fait mention des caractéristiques géothermiques révélées par ce forage ? pot-aux-roses mis à jour uniquement par la ténacité du citoyen et géologue A.Godinot, puis de membres du Clis qui ont obtenu l’expertise du cabinet indépendant Géowatt AG

 

-       Où l’affaire dépasse l’entendement : pourquoi l’organisme évaluateur en chef, l’IRSN, bras technique de l’ASN auto-proclamée « gendarme du nucléaire », a-t-il fait preuve de la même cécité ? pourquoi ? et pourquoi ne l’a-t-on pas entendu depuis la remise du rapport « explosif » (4 novembre) ? pourquoi a-t-il fallu la demande insistante du CEDRA pour que l’IRSN se fende enfin d’un longue note explicative (vendredi / 19H40) qui, si elle tente elle aussi de noyer le poisson (cf § « des arguments spécieux ») n’en fait pas moins cet aveu, DE TAILLE, sur les caractéristiques géothermiques  : « L’IRSN soulignait [en son rapport de 2003] la faible transmissivité supposée de l’aquifère, ce qui a été contredit par les résultats obtenus dans le forage ». Ainsi donc, le surveillant majeur de l’Andra lui a continuellement donné un blanc seing sur des données « SUPPOSÉES », sans aller voir ou demander la réalité des caractéristisques !

 

 

Arrivé à un tel stade, il devient URGENT de remettre à plat la politique de gestion des déchets du nucléaire (ici comme dans les autres pays concernés, eux aussi confrontés aux mêmes dérives)

Ici comme ailleurs, les populations bafouées, trahies, achetées, sont excédées, comme l’a amplement démontré l’explosion du ‘débat public’ dès son décollage

 

(1)   Compte-rendu du comité de liaison Clis/Andra du 25 novembre 2013

 

Pas comme ça, ni ici, ni ailleurs, mais autrement !

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Auteur: 
Martine la girondine