Ségur de la santé : mise en scène d'un enfumage

SEGUR DE LA SANTE : MISE EN SCENE D’UN ENFUMAGE.

Une grande concertation autour du système de santé, voilà comment le gouvernement présente la mise en place du ‘’Ségur’’ de la santé.

Comme pour le grand débat l’an dernier en réponse aux gilets jaunes, le cadre est fixé d’avance dans sa forme et dans son contenu :

Dans sa forme d’abord avec un comité de pilotage présidé par Nicole Notat ancienne secrétaire générale de la CFDT qui avait approuvé le plan JUPPE en 1995, avec une composition de groupes de travail qui écartent de nombreux acteurs de la santé. Une véritable provocation pour le monde syndical les collectifs et les personnels mobilisés.

Dans son contenu surtout :

Il ne s’agit pas d’une négociation pour répondre aux revendications des personnels de santé (augmentation de 300 euros pour tous, embauches, formation, nouvelle gouvernance de l’hôpital, réouverture des lits et des services) mobilisés depuis de nombreux mois face à la crise de l’hôpital public étranglé par les politiques budgétaires et une approche comptable et financière de l’activité.

Macron l’a dit dans son allocution, ‘’ ce qui a manqué c’est d’agir plus vite et plus fort ’’ et Veran, ministre de la santé, en introduction au ‘’Ségur’’ annoncent  4 piliers qui le confirment : ce que propose Veran c’est en réalité de travailler à la mise en place du plan Buzyn ‘’ma santé 2022’’.

Pour les augmentations de salaire elles sont liées avec la levée du tabou des 35h. C’est le retour de la formule sarkozyste ‘’ travailler plus pour gagner plus’’ alors que des milliers d’heures supplémentaires ne sont pas payées et que les compte-épargne temps sont pléthoriques.

Un plan d’investissement qualifié de massif par Macron mais sans aucun chiffrage et surtout qui prendra en compte non seulement l’hôpital public mais aussi le privé, la médecine de ville et la coopération entre tous. Tout cela dans l’objectif d’effacer encore plus la notion de service public hospitalier en mélangeant avec le privé lucratif dont la logique de fonctionnement est exclusivement commerciale et financière.
Par ailleurs rien de plus qu’en novembre 2019 sur la dette des hôpitaux, sur les projets de restructurations qui continuent (CHU de Nancy, CHU de Nantes..) rien sur la gouvernance de l’hôpital public.

Et pour terminer la e-médecine présentée comme remède miracle à la pénurie de médecins et les déserts médicaux.

Dit autrement : Pour macron et Philippe la politique menée à l’hôpital publique, en psychiatrie pour la santé en général doit s’accélérer et le ‘’Ségur ‘’ dans ce cadre est un aimable enfumage.

Pourtant s’il y a une chose que cette crise a montré c’est bien que les soignants, toutes catégories confondues, ont su se passer de la tutelle des managers hospitaliers habituellement obsédés par les tableaux de bord et les taux de remplissage des lits. Ils ont été obligés de lâcher les manettes. L’auto-organisation qui en a résulté a permis de faire face malgré les carences des autorités publics (masques, matériels, lits de réanimation…) et au prix de nombreuses contamination et décès parmi les personnels. La gouvernance hospitalière mise en place par Bachelot doit être complétement revue. Avec le déconfinement en cours ‘’non au retour à l’ A-normal ‘’devient le slogan symbole de cette réalité.

Ce qu’elle a montré aussi ce sont les phénomènes d’auto-organisation dans de nombreux quartiers et villes notamment pour la solidarité alimentaire et l’aide aux oublié(e)s que sont les sans-papiers ou les sans domicile fixe.

La colère accumulée dans les établissements de santé, le soutien à l’hôpital public dans la population constaté pendant la crise du COVID19, sont en train de trouver le chemin de la mobilisation malgré les atteintes aux droits et libertés publiques constatées quand il s’agit de rassemblements et manifestations devant les hôpitaux. Dans de nombreux endroits des collectifs soignants- usagers se constituent.
La date du 16 juin 2020 a été retenue pour une journée nationale de soutien aux revendications des soignants et de défense de l’hôpital public. Elle est appelée par des syndicats, des associations, de nombreux collectifs et réseaux. Contribuer à son succès, la réussir, sera déterminant dans la construction du rapport de force nécessaire face à un gouvernement tenté par la stratégie du choc économique, social et policier.

Ensemble appelle à faire de cette journée un succès et un tremplin pour la défense et l’avenir du service public hospitalier.

Commission Santé d'Ensemble

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