Société Louise Michel : « L’économie numérique : un cimetière pour l’emploi ? »

Le mercredi 7 mars, avec Michel Husson, à 19h00 au Lieu-Dit, 6 rue Sorbier Paris 20°.

Un débat fait rage au sein des économistes (surtout aux États-Unis) : certains prévoient des hécatombes d’emplois en raison des développements de l’économie numérique (automatisation, intelligence artificielle, etc.) ; d’autres au contraire évoquent une « stagnation séculaire ». Pour l’instant, on reste dans le paradoxe énoncé par Robert Solow il y a 30 ans : « on voit les nouvelles technologies partout, sauf dans les statistiques de productivité ».

La capacité à dégager des gains de productivité – autrement dit de produire plus dans le même temps – est effectivement un élément essentiel du dynamisme du capitalisme (mesuré par le taux de profit). Or, depuis le milieu des années 1980, le capitalisme a réussi à restaurer le taux de profit malgré une productivité en berne.

Il faut donc éclairer quatre grandes questions :

Comment (et à quel prix) cette « prouesse » a-t-elle été réalisée ?
Faut-il être « techno-optimiste » ou « techno-sceptique » ? Autrement dit, le regain de productivité (et les destructions d’emplois) est-il à venir ? Ou bien, le capitalisme est-il durablement embourbé dans un faible dynamisme ?
Existe-t-il un problème de mesure de la valeur ?
Quels sont les modèles sociaux adaptés à l’une ou l’autre de ces conjectures ? La conclusion paradoxale est qu’ils sont identiques, en tout cas dans la logique capitaliste. Ce qui conduira à esquisser quelques alternatives autour d’une discussion des mérites comparés de la réduction du temps de travail et du revenu universel.
« Nous voyons qu’une machine douée d’une force merveilleuse, capable de réduire l’effort et d’effectuer un travail humain fécond, mène à la famine et à l’épuisement. » (Marx, 1856)

Michel Husson est un statisticien et économiste  travaillant à l’Institut de recherches économiques et sociales, connu pour ses travaux sur la politique de l’emploi. Il est aussi membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic.

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