Sommet du plan B, 19-20 novembre 2016, Copenhague. Déclaration commune.

Nous, les signataires, élus, universitaires, syndicalistes, mouvements sociaux, organisations partisanes, nous engageons pour une conférence permanente du Plan B, comme force d’opposition et d’alternative aux institutions européennes. Nous refusons une Europe de l’austérité permanente, des atteintes aggravées aux droits du travail et aux droits sociaux, de la dévalorisation de la force de travail. Nous déplorons l’érosion de la stabilité financière du continent. Nous contestons les nouveaux transferts d’argent public au secteur privé par le détournement des ressources communes et des finances publiques au profit de la dette détenue par les banques.

L’écrasement de l’expérience de gauche grecque en 2015 a montré la nécessité d’une plateforme qui affronte spécifiquement le chantage et de la tentative d’imposer des politiques néolibérales via l’Union Économique et Monétaire. Une alternative est urgente, car l’UEM devrait devenir encore plus dangereuse dans les années à venir.

En imposant l’austérité, l’oligarchie politique et financière a généré insécurité et défiance en Europe, ouvrant la voie à la montée du nationalisme de droite, qui dissémine haine et désunion des peuples d’Europe.

Le plan B ouvre la voie à une véritable coopération démocratique en Europe et au-delà, entre les peuples et les nations. Il cherche à résoudre les multiples crises d’aujourd’hui et va bien au-delà des confinements étouffants de l’Union européenne. L’eurocentrisme, la peur et l’exploitation de l’humanité et de la nature continuent d’être les pierres angulaires de la relation de l’Europe avec le reste du monde. Les institutions européennes sont incapables de relever les défis mondiaux d’aujourd’hui.

Au sommet du Plan B de Copenhague, nous avons présenté des solutions crédibles et ambitieuses pour résoudre les défis locaux et mondiaux d’aujourd’hui. Ces solutions ne sont pas possibles dans le cadre actuel de l’UE et de ses traités réactionnaires : nous devons rompre avec ces traités. Nous nous engageons à lutter pour une coopération européenne fondamentalement différente, une Europe de justice sociale, de solidarité, de durabilité et de démocratie.

Ainsi, nous nous engageons à poursuivre et approfondir la coopération dans le cadre du plan B, notamment en soutenant un événement annuel du plan B et en améliorant notre coordination. Nous préparons une coalition ayant vocation à s’élargir, qui développera des alternatives à l’UE actuelle néolibérale, via une coopération entre les partis et les mouvements sociaux. Elle servira d’espace de renforcement des luttes et d’approfondissement stratégique.

Après Copenhague (qui a pris des mesures significatives dans cette direction), nous encourageons vivement les forces progressistes à travers l’Europe à participer au prochain sommet du Plan B, qui se tiendra à Rome au printemps 2017, comme un contre-sommet du 60e anniversaire du Traité De Rome. Avec les élections en France et en Allemagne et la ratification du CETA, qui pourrait être rejeté si un parlement s’oppose, 2017 sera une année importante pour l’Europe.

Premiers signataires :
Pernille Skipper, députée danois et porte-parole, Enhedslisten – Alliance rouge-verte, Danemark ; Jonas Sjöstedt, député suédois et président du Vänsterpartiet – Parti de gauche, Suède ; Jean-Luc Mélenchon, député européen, France ; Miguel Urbán Crespo, député européen, Podemos, Espagne ;  Stefano Fassina, député italien et ancien ministre des Finance, Gauche italienne, Italie ; Fabio De Masi, député européen, Die Linke, Allemagne ; Catarina Martins, députée et coordinatrice du Bloc de gauche, Portugal.

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