Soutien au droit à l’indépendance de la Kanaky

Motion adoptée au Collectif National d'Ensemble des 7 et 8 avril 2018

La question posée au vote du référendum du 4 novembre 2018 sera pour ou contre une pleine souveraineté qui devienne indépendance pour la Kanaky-Nouvelle Calédonie. Elle est donc un moment qui décide ou pas de la sortie de la domination coloniale de peuplement française, comme affirmation d’une identité libérée et naissance d’une nation. Il est un temps symbolique d’une histoire sociale et sociétale commencée avec les luttes des années 80 qui ont aboutie aux accords Matignon de 1988 et de Nouméa de 1998.

Ces accords ont permis un aménagement de la situation coloniale dite de « rééquilibrage » et de « décolonisation douce » vers un « destin commun » kanak et européen qui concerne également les autres migrations océaniennes et asiatiques.

Ce moment référendaire prévu par ces accords a été celui d’une confrontation prolongée sur l’inscription sur la liste électorale spéciale, dérogatoire au droit régalien français, qui va rester, au final, peu favorable car elle continue à entériner pour une large part la colonisation de peuplement qui met les populations kanaks en situation minoritaire (35 à 40% selon les chiffres).

Cette critique des effets de l’accord Matignon puis de Nouméa, ne vise pas à « se substituer » aux décisions du mouvement indépendantiste kanak qui seront celles de la Convention du FLNKS prévue en avril, mais le constat de la situation qui en est issue : les avantages acquis de l’autonomie indépendantiste des provinces Nord et des iles Loyauté, l’aide à une économie centrée sur le nickel, la responsabilité progressive de gestion du système scolaire (en dehors de l’enseignement supérieur et du régalien) dans le Nord et les Iles Loyauté, n’ont modifié la colonisation qu’à la marge, la région Sud et les richesses restant globalement sous domination coloniale.

Le référendum a donc lieu dans une situation différente des mobilisations des années 80, mais peut être l’occasion d’une remobilisation pour une souveraineté qui s’ouvre rapidement à l’indépendance. Un vote favorable à la question référendaire étant peu probable dans les conditions actuelles en particulier avec une sous-représentation des kanaks, un résultat en faveur du OUI le plus près possible de 50% ré-ouvrirait une nouvelle période de lutte et le débats sur quelle société souveraine démocratique sur les plans politiques, sociaux et écologiques construire et quelles relations établir avec les pays de la région. Dans cette perspective, nous continuons à défendre l’inscription automatique de tous les kanaks sur la liste référendaire (20000 manquants actuellement). En conséquence :

- nous soutenons le vote pour une indépendance en rupture avec la colonisation, avec sa transition de construction d’une indépendance pleine et entière.

- nous soutenons toutes les luttes sociales et associatives locales, sur leurs revendications sociales, sociétales et écologiques et en particulier celles des femmes de sortie de tout ordre patriarcal.

- nous soutenons leur défense face à toute attaque violente de la droite et l’extrême-droite coloniale.

- nous appelons à la création d’un comité de soutien pour le oui au référendum

Décoloniser les esprits en Nouvelle-Calédonie et en France est écrire l’histoire coloniale comme réappropriation anticoloniale commune.

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