Square Daviais Nantes : l'urgence de la solidarité

Sans surprise, le tribunal Administratif de Nantes vient de confirmer la volonté de la Préfecture de Loire-Atlantique d’expulser les quelques 400 migrant.e.s  hébergés depuis pus d’un mois sous des tentes square Daviais. Au nom de l’urgence sanitaire alors que depuis un mois les autorités locales n’ont pas installé le moindre point d’eau supplémentaire ni la moindre toilette sèche.

Oui, il y a urgence à ce que ces quelques 400 demandeurs d’asile soient enfin accueillis et logés dans des conditions décentes et adaptées.

Oui, la Ville de Nantes, qui par la voix de sa maire s’est justement prononcée contre l’expulsion, peut tout à fait y faire échec en proposant sans délai des logements actuellement vides et adaptés sur l’emprise de la métropole nantaise, ce qui permettrait à ces femmes et à ces hommes une continuité nécessaire dans les relations en cours avec les services sociaux,  les associations et les nombreuse personnes qui ont apporté leur soutien à ces femmes et à ces hommes.

Mais ce n’est pas le choix de la Préfecture ni ce qu’a validé le Tribunal administratif. Et il est probable que dans les heures qui viennent les CRS procèdent à l’expulsion du square, sans proposition de relogement ou en nombre nettement insuffisant.

Comment accepter que la Préfète de Région puisse justifier que la 8ème région de France ne soit pas en mesure de loger décemment 400 demandeurs d’asile ? La région des Pays de la Loire compte aujourd’hui près de 4 millions d’habitants et elle ne serait pas en situation d’héberger 400 demandeurs d’asile supplémentaires ? Bien sur que oui. A condition d’en avoir la volonté politique et que l'Etat assume ses responsabilités en matière d’accueil des demandeurs d'asile.

Au nom de l’urgence sanitaire, la Préfecture choisit d’ajouter, au cœur de l’été, la souffrance à la souffrance, l’inhumanité à l’absence d’humanité. 

Et laisse une fois de plus les associations et citoyen.ne.s solidaires bien seuls pour venir réellement en aide aux victimes des guerres et de la misère que sont les migrants. C’est cette solidarité et ces associations qu’il faut soutenir et renforcer. Sans délai, car il y a urgence.

Ensemble !44,
Nantes le 18 juillet 2018

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