Succès du meeting de Ensemble à Montpellier

Environ 250 personnes ont assisté au meeting-débat organisé par Ensemble ! mardi 14 octobre.

Après un accueil (stands associatifs, apéritifs...) de 19 à 20h, le meeting a débuté avec les interventions de représentant-e-s d’associations et mouvements sociaux. 

La primeur a été donné aux salarié-e-s en lutte de Sanofi après la victoire juridique qu’ils viennent de remporter. 

Sont ensuite intervenus les réprésentant-e-s de : Sortir du Nucléaire, BDS, collectif antiTAFTA, Osez le Féminisme, collectif contre la métropole...

Clémentine Autain a pris ensuite la parole.

Après avoir dénoncé la politique de Vals (« Il dit qu’il craint que la gauche ne meure mais c’est bien lui qui tient le fusil »), elle a insisté sur l’urgence de la situation : désastre écologique en cour, crise économique et sociale avec les ravages de la précarité et du chômage de masse, le chantage permanent sur celles et ceux qui ont un emploi. Elle a ciblé la parcellisation du travail mais aussi la perte du sens commun, la pollution de nos désirs et l’abrutissement, engendrés par l’overdose publicitaire : « un grand moment de solitude lorsque je me suis aperçu que mon shampoing était un shampoing pour homme » « les dentifrices généralistes au départ, ont été spécialisés, deviennent à nouveau généralistes, ce cercle est sans fin pour toujours susciter de nouveaux besoins inutiles»

Clémentine a insisté sur la nécessité d’offrir une alternative en positif à cette politique et à cette société. Il est pour cela nécessaire de tirer un vrai bilan, sans concessions ni caricatures, des échecs du 20°s, aussi bien celui du stalinisme (conseillant, sur ce point, la lecture de « la communiste qui ne souriait jamais ») que celui de la social-démocratie : négocier avec le capital n’a non seulement pas permis de changer la société mais cela a abouti au désastre actuel avec des PS menant des politiques de droite.

L’abstention massive et la défiance généralisée vis à vis des institutions montrent que la V° république est à bout de souffle. Le FN et les autres réactionnaires surfent sur cette défiance. En témoignent par exemple les rumeurs les plus délirantes lors des journées de retrait des écoles face à l’ABCD de l’égalité. Nous devons donc agir pour que le ras le bol s’exprime en positif et il est pour cela impératif de populariser l’idée de VI° république : une république plus démocratique, mais aussi plus sociale, avec de nouveaux droits pour les salariés et intégrant l’impératif écologique. Mais, tout changement réel, exige de mettre en mouvement les catégories populaires. Or, celles-ci sont aujourd’hui atomisées par la crise sociale et l’organisation actuelle du travail (sous-traitance, précarités...), ce qui engendre la division et  rend difficile la construction d’un rapport de force. Des mesures d’urgence contre la précarité et le chômage (réduction du temps de travail, sécurisation des parcours professionnels...) doivent donc être au cœur de notre programme.

Clémentine Autain est également revenu sur l’état du Front de Gauche. Il est le seul à être identifié à une échelle de masse comme une opposition de gauche à la politique du PS, mais cette image a été hélas brouillée au moment des municipales. Il connaît des difficultés mais ce rassemblement de la gauche de transformation doit pourtant être préservé et développé. L’indépendance vis à vis du gouvernement et de la direction du PS est indispensable, mais si c’est une condition nécessaire, on voit bien qu’elle n’est pas suffisante pour créer une alternative capable de susciter l’espoir. Le FDG doit bien entendu débattre avec celles et ceux qui au sein du PS ou de EELV commencent à rompre avec l’actuelle majorité. Ce n’est cependant pas avec un nouveau mécano électoral élaboré et négocié patiemment entre états-majors que l’on répondra à l’urgence sociale et politique. Le Front de Gauche doit donc en priorité ouvrir portes et fenêtres, se tourner vers l’extérieur, sortir du simple cartel électoral et agir pour rassembler à la base toutes celles et eux qui luttent et veulent rompre avec ce système.

Clémentine Autain a en conclusion défendu une des propositions de Ensemble ! : l’organisation, décentralisée au départ, d’assises de la transformation sociale et écologique. Faire se rencontrer, débattre et élaborer ensemble les forces politiques (FDG mais aussi NPA ou dissidents du PS, et d’EELV) les associations et syndicats, les mouvements sociaux, sans volonté hégémonique des uns ou des autres, mais avec le souci de construire à terme un front social et politique, capable de résister et d’incarner l’espoir d’un vrai changement.

A la suite de Clémentine Autain, pour Ensemble !, sont successivement intervenus depuis la tribune, Roger Moncharmont (PCF), René Revol (PG) Thomas Balenghien (NPA), avant que la parole ne soit donnée à la salle.

Dans la période politique difficile que nous connaissons, cette soirée a été une réussite !

David Hermet

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