Sud-Ouest : c'est parti !

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La campagne a démarré dans le Sud-Ouest en fanfare. A Decazeville le 23 avril, les 540 personnes qui s'étaient déplacées n'ont pas pu toutes entrer dans la salle qui était pleine à craquer et ont dû écouter le meeting de l'extérieur. A Gaillac, ce sont plus de 600 personnes qui se sont déplacées.

Les trois porte-paroles de la campagne du Front de gauche David Hermet (Ensemble!), Marie-Pierre Vieu (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (PG) se sont retrouvés pour une conférence de presse à Blagnac, vendredi 25 avril 2014.

A juste titre, Jean-Luc Mélenchon a commencé par fustiger les socialistes qui veulent faire croire que le débat d'orientation des européennes n'a aucun lien avec le débat national. Avec le succès que l'on sait, c'est peu ou prou le même argument qu'ils avaient employé aux municipales. Qui peut croire à croire à cette blague quand on sait que l'onde de choc du résultat de cette élection purement locale de mars a provoqué le départ de l'ancien locataire de Matignon ?

L'enjeu du 25 mai est à la fois national et européen pour une raison qui tient en un mot : l'austérité. A divers degré, les politiques qui sont menées par tous les gouvernements de droite ou prétendument de gauche dans toute l'union européenne vont dans le même sens : présenter la facture de la dette et de la crise à la majorité de la population pour protéger les privilèges égoïstes des classes dominantes. Les députés de droite eux mêmes ne se trompent pas sur la nature de la politique du gouvernement quand une partie d'entre eux envisage même de voter le plan d'austérité de réduction des dépenses publiques à hauteur de 50 milliards d'euros lancé par Valls.

L'enjeu majeur de cette élection est d'abord et avant tout de faire émerger un puissant rejet de l'austérité et ainsi infliger un puissant désaveu de gauche à la politique du gouvernement Hollande-Valls.

L'abstention, cette bien mauvaise idée

Les listes du Front de gauche sont les plus crédibles pour incarner la colère populaire. Selon un récent sondage, 56 % des sympathisants de gauche juge que François Hollande n'est « pas assez à gauche », 16 points de plus qu'en novembre 2012. Rien de très surprenant au demeurant, il suffit d'écouter autour de soi. Cela représente une masse considérable et puissante. Si elle choisit l'abstention, alors ce sera pain béni pour la droite et le FN. Si elle choisit le vote Front de gauche, alors l'opposition de gauche dans ce pays sera constituée comme une force politique incontournable, capable de peser sur les choix politiques.

Lors de la conférence de presse de lancement de la campagne du Front de gauche dans le Sud-Ouest, notre camarade David Hermet a souligné la dangerosité du FN. Partout en Europe, et surtout quand les forces de l'alternative de gauche sont éparpillées ou laminées, alors l'extrême-droite tire les marrons du feu. C'est dire l'enjeu qu'il y a à préserver, élargir, renforcer le Front de gauche, un mouvement politique certes imparfait mais qui est le seul courant politique à disposer du potentiel pour changer le cours des évènements.

Marie-Pierre Vieu, lors de cette même conférence de presse, n'a pas manqué de montrer que l'heure n'était plus à regarder dans rétroviseur des choix différents qui avaient été faits par les diverses composantes du Front de gauche à l'occasion des dernières municipales. L'heure est en effet à l'unité et il faut que toutes les forces du front de gauche se lancent dans cette courte et intense campagne.

A l'occasion de l'anniversaire des 40 ans de la révolution des œillets, le rouge doit dominer le Parlement européen et non le brun.

Fred Borras

* Ensemble, membre du Front de gauche a trois candidat-e-s sur la liste conduite par Jean-Luc Mélenchon : David Hermet de Montpellier, Marc Lasaygues de Bordeaux et Bénédicte Veilhan d'Aiguillon.

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