Texte politique : Un nouvel espoir

Projet de résolution politique soumise à la discussion de l’Assemblée Générale d’Ensemble!

Avertissement : les développements rapides de la situation, notamment en Grèce et en Europe, et qui peuvent se matérialiser lors des élections grecques du 25 janvier, une semaine avant notre Assemblée, pourront nous amener à d’autres rédactions pour mettre à jour nos analyses et actualiser les perspectives envisagées ici.

Introduction

Un monde en basculement

Le caractère inédit de la conjoncture historique est marqué par la combinaison de trois crises majeures qui frappent l’humanité. Une crise géopolitique qui ouvre une période de grande instabilité entre la crise de l’hégémonie américaine, la montée en puissance des pays émergents, le basculement d’un centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie, et la résurgence de zones de conflits militaires en Europe, au Moyen Orient, en Afrique… Une crise économique du capitalisme mondialisé qui n’en finit pas et provoque des conséquences sociales désastreuses en particulier aux États-Unis, en Europe et au Japon, alors que les échanges multilatéraux prônés par l’OMC s’enrayent. Une crise écologique qui n’est pas « à avenir » mais qui fait désormais partie de la situation présente avec des conséquences de plus en plus concrètes pour des millions de personnes (catastrophes naturelles, dégradations de l’environnement…). Les effets de ces trois crises majeures s’accumulent et se renforcent les uns les autres, questionnant quel avenir est possible, quelle société est nécessaire.

Dans la période actuelle, il existe des expériences de ruptures avec le néolibéralisme qui sont des points d’appuis pour ouvrir d’autres possibles. Les expériences des gouvernements de gauche en Amérique Latine ont démontré que le libéralisme n’était pas la seule voie, bien que ces gouvernements aient été confrontés aux difficultés d’une transformation dans la durée des rapports sociaux, du lien avec les mouvements sociaux, de la remise en cause des logiques d’exploitation... Les révolutions arabes, évènement historique de grande ampleur, ont affirmé l’universalité de l’aspiration à la démocratie et à la justice sociale. Des mobilisations populaires ont également émergés au Burkina Faso, à Hong Kong, en Turquie, au Brésil… qui témoignent de la volonté des peuples de prendre leur destin en main.

En Europe, les mouvements sociaux et syndicaux, les forces politiques de transformation sociale sont confrontées à une guerre de classe intense à travers les politiques d’austérité et à la montée en puissance de courants politiques réactionnaires et fascisants.

Un des défis essentiels qui est posé à ceux qui à gauche cherchent à ouvrir une autre voie est de répondre au problème stratégique d’entraîner et de susciter l’adhésion d’une majorité de la population sur la base d’un programme de refus de l’austérité. L’audience croissante de Podemos en Espagne et de Syriza en Grèce montre que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche antilibérale pourrait se concrétiser et ouvrir une situation radicalement nouvelle sur le continent

Première Partie

La société française entre repli sur soi et aspiration démocratique

Une gauche au pouvoir qui étouffe les possibles

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait été marqué par de profondes régressions idéologiques et de contre réformes libérales dans l’objectif de maintenir la place du capitalisme européen dans la hiérarchie européenne et internationale. Le quinquennat de François Hollande s’inscrit dans cette logique en donnant la priorité à la satisfaction des intérêts du patronat et de la finance. Pour la première fois dans l’histoire, un gouvernement de gauche en France assume ouvertement sa gestion du capitalisme et veut clore le débat sur toute politique alternative.

Cette situation provoque une profonde désorientation au sein des salariés et des jeunes, une perte de repère, une crise des valeurs. La référence à « la gauche » est largement mise en cause, ce qui pourrait aboutir à des reculs idéologiques plus prononcés encore, même si les politiques rétrogrades mises en œuvre au gouvernement au nom de « la gauche » en sont responsables. En effet, que veut dire « être de gauche » quand l’horizon se borne à la recherche de la compétitivité ? Que veut dire « être de gauche » quand la réduction des déficits publics étouffe l’avenir ? Les valeurs de solidarité et de justice sociale sont fragilisées. Encouragée par des discours de stigmatisation que l’on retrouve de l’extrême droite jusqu’à certaines voix de gauche, c’est la culpabilisation des plus faibles (chômeurs, précaires…) et des minorités (Musulmans, Juifs, Rom…) qui prend le dessus. L’idée d’égalité des droits entre tous elle-même tend à être remise en cause.

Sur le plan politique, la crise démocratique, la fracture entre les institutions et les citoyens sont redoublés d’une crise existentielle à gauche. Une abstention massive frappe les électeurs du Parti Socialiste, sans que ni le Front de Gauche, ni Europe Écologie ne progressent pour autant de façon significative. Dans cette situation, le Front national de Marine Le Pen connaît une progression importante, impose ses idées, gagne des élus tout en développant une orientation fondamentalement anti démocratique, xénophobe, antimusulman. Mais le retour au pouvoir de la droite constitue également un danger majeur. Malgré ses divisions, les différents dirigeants de droite, de Juppé à Fillon, développent tous un discours de « guerre sociale, voire pour Nicolas Sarkozy de quasi « guerre civile », prêt à agiter et enflammer toutes les peurs (référendum anti immigration…).

Les points d’appuis existent pour un autre avenir

Si la situation traduit une dégradation du rapport de force, il persiste au sein de la société française des tendances de fond qui constituent autant de points d’appuis à développer pour faire émerger d’autres possibles.

Les aspirations à une société plus juste, plus égalitaire, plus écologique, plus démocratique sont pourtant toujours là. Elles sont un moteur puissant de nombreuses résistances du monde du travail et de la jeunesse sur de nombreux terrains, elles doivent se libérer pour reprendre le dessus.

Il s’agit maintenant, à partir des exigences fortes issues de ces mobilisations, d'en dégager la portée politique et d’enclencher une dynamique d’émancipation qui leur donne davantage de force, pour réunir sur cette base des majorités d’idées dans la société.

Aujourd’hui, la crise démocratique, la défiance envers la politique telle qu’elle se fait s’accompagne d’une aspiration profonde à prendre ses affaires en main, à participer directement aux choix collectifs. Ces dernières années, à chaque moment décisif (refus du TCE en 2005, mouvement des retraites en 2010, présidentielle en 2012…), cette volonté de se faire entendre, de ne pas être dépossédé de son propre avenir, s’est exprimée avec force. Il y a une disponibilité et un intérêt pour une autre façon de faire de la politique à l’opposé de la privatisation des pouvoirs qui domine aujourd’hui.

Même si de nombreux reculs ont été subis ces dernières années, les logiques du libéralisme, de la déréglementation généralisée, de la concurrence dans toutes les sphères de la société, restent largement rejetées. Le refus du travail du dimanche, la défense des 35 heures et de la Sécurité Sociale sont des limites que les libéraux et socio libéraux cherchent à remettre en cause. Des dynamiques sociales majoritaires sont possibles et peuvent faire dérailler la politique d’austérité du gouvernement. Les résistances au productivisme, les luttes contre les Grands Projets Inutiles témoignent d’un progrès de la conscience écologique par des parties de plus en plus importante de la population et constituent un canal de mobilisation important, notamment dans la jeunesse. De nombreuses pratiques et formes de résistance, qui ne sont pas sous le regard des médias traditionnels ou des professionnels politiques, doivent être valorisées, soutenues, animées. Elles proviennent de forces syndicales, associatives, écologistes, féministes, de mouvements démocratiques et citoyens, dans la culture, dans les quartiers, les villes et communes, dans les pratiques solidaires et alternatives qui se développent sur de nombreux aspects de la vie : luttes de réappropriation d’entreprises (Fralib…), pratiques innovantes de type « Zéro déchets », innovations artistiques et médiatiques, solidarités anti-racistes de nouveaux types, protection des espaces naturels (Notre Dame des Landes, Barrage de Sivens…), vigilance anti-nucléaire, etc... Sur le champ politique, la nomination de Manuel Valls et la politique mise en œuvre par François Hollande avec le Pacte de Responsabilité a provoqué un électrochoc politique. Une recomposition politique de grande ampleur est possible et peut dessiner un nouveau visage de la gauche en France. Le départ d’Europe Écologie du gouvernement, l’apparition des « Frondeurs » au sein du Parti Socialiste, l’émergence de nouveaux acteurs, comme Nouvelle Donne ou les Listes féministes aux Européennes sont autant de points d’appuis pour construire des convergences. L’issue de telles évolutions n’est pas encore inscrite. Différentes stratégies peuvent exister entre d’une part, une illusoire recomposition d’une « gauche plurielle », ne tenant pas compte de la mutation représentée par l’approfondissement du versant social-libéral du gouvernement en de la direction du PS, et d’autre part un objectif de rendre possible un gouvernement anti-austérité, appuyé sur les mobilisations sociales et écologiques. Cela dessine un des enjeux essentiels de la prochaine période : consolider une alternative politique qui dessine une autre voie que la politique de François Hollande. Il faut travailler à l’architecture de cette construction politique, pas seulement à travers les rencontres entre organisation mais en l’enracinant, à travers un travail de longue haleine, dans les aspirations profondes qui existent au sein du peuple aujourd’hui.

A l’échelle européenne d’autres points d’appuis existent, avec la croissance rapide, en Grèce et en Espagne d’une gauche antilibérale pouvant bousculer le statu quo libéral. L’actualité renforce la nécessité du développement d’un Front de gauche à l’échelle européenne, d’une collaboration entre toutes les forces qui se sont regroupées lors des élections européennes derrière la candidature d’Alexis Tsipras, avec la Gauche Unitaire Européenne et le Parti de la gauche Européenne. En Grèce et en Espagne, une nouvelle gauche alternative est en passe de gagner des majorités opposées aux impasses des politiques libérales et social-démocrates. En Grèce, Syriza réussit à rassembler et à convaincre qu’une majorité et un gouvernement de gauche étaient possible autour de mesures d’urgence pour sortir de l’austérité : rejet des plans de la Troïka , remise en cause de la dette illégitime, taxation des plus riches et restauration des salaires et protections sociales détruites par les gouvernements de la Troïka, création d’emplois publics et prise de contrôle sur plusieurs secteurs clés... En Espagne avec Izquierda Unida et surtout Podemos, une nouvelle gauche est en passe de contester la domination de  la  social-démocratie, en s’appuyant sur le mouvement des «Indignés» et en proposant un programme de gouvernement d’urgence contre l’austérité.

Même si le contexte est différent en France, le Front de gauche peut s’inspirer de ces exemples pour développer une dynamique du même type dans notre pays. Il doit impulser une large solidarité, notamment dans l’éventualité d’un gouvernement dirigé par Syriza, contre toutes  les attaques que mèneront la Troïka, les banques et les puissants, et tous les partis qui clament «qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité» et voudront faire échouer toute expérience d’une gauche alternative

Deuxième partie

Mettre en échec la politique d’austérité de Hollande

L’émergence d’un front social et politique

Si la question de l’alternative politique est aujourd’hui essentielle, elle ne peut être séparée du rapport de force qui se construit à chaque moment à travers les luttes sociales, qui se développent. L’audience des idées antilibérales et anticapitalistes est étroitement connectée à l’écho et à l’ampleur des mobilisations collectives qui travaillent la société. Les expériences en Grèce et en Espagne qui ont vu des manifestations prolongées contre l’austérité et l’émergence de forces politiques nouvelles autours de Syriza et Podemos ont montré le lien entre  mouvements sociaux et recompositions politiques.

Aujourd’hui, après un début de quinquennat marqué par l’absence de réactions collectives fortes, des secteurs sociaux retrouvent le chemin de la mobilisation collective face à la brutalité de la politique pro patronale de François Hollande et Manuel Valls. Mais ces mobilisations se développent dans un rapport de force très dégradée et avec une situation de division profonde du mouvement syndical. Et le gouvernement Valls est d’autant plus enclin à choisir la fermeté et la répression face aux luttes des salariés qu’il mesure pleinement l’impopularité de sa politique, le rejet croissant qu’elle suscite dans les classes populaires et le risque de se retrouver dans une situation où me pays serait « ingouvernable ». Une victoire sur une des questions clé de la politique d’austérité de François Hollande pourrait changer le climat social et politique, constituer un encouragement pour les mobilisations, accroître l’écho des alternatives qui se cherchent à gauche. Cela contribuerait aux résistances des peuples qui qui se développent partout en Europe contre les politiques d’austérité.

Dans ce contexte, le collectif pour une « Alternative À l’Austérité » (AAA) constitue une démarche précieuse rassemblant plus d’une centaine d’organisations, politiques, syndicales et associatives et permettant d’anticiper les initiatives à prendre dans un cadre large. Sans se substituer aux initiatives propres des organisations syndicales ou des mouvements sociaux, il permet d’impulser, à partir d’un front large et pluraliste des actions contribuant à construire le rapport de force contre la politique du gouvernement. Il contribue à lutter contre la séparation dépolitisante entre le social et politique en initiant des formes de travail commun qui permettent à chaque force d’en être partie prenante, en ancrant ses initiatives dans les territoires. Après l’organisation des manifestations du 15 novembre au moment du débat budgétaire, de nouvelles initiatives sont d’ores et déjà en préparation pour le printemps 2015.

Gagner le bras de fer contre l’austérité

Les raisons de se mobiliser sont multiples et nul ne peut prévoir les questions qui peuvent cristalliser le rapport de force et ouvrir une nouvelle crise politique. Toutefois, quatre enjeux majeurs qui sont au cœur de la politique libérale de François Hollande et du bras de fer engagé avec les salariés et la jeunesse.

- La mise en œuvre du « Pacte de responsabilité » impulsé par Hollande début 2014, s’étale sur les années 2015 et 2016. Ses effets concrets, dans les services publics (hôpitaux, écoles…), pour la Sécurité Sociale, pour les collectivités territoriales, qui se retrouvent « plumées »  ne vont cesser de s’accentuer pour réaliser les 50 milliards d’euro d’économie. Surtout que la logique de la politique d’austérité (qui réduit la consommation et freine ainsi toute perspective de croissance) est un puits sans fond qui appelle toujours plus d’austérité.

- La soumission du développement économique au diktat de la compétitivité pousse à la surenchère dans la multiplication des Grands Projets Inutiles (censés renforcer l’attractivité des territoires pour attirer les capitaux internationaux), à l’exploitation effrénée des ressources naturelles. Les mobilisations à notre Dame des land, contre le barrage de Sivens, contre la ferme des 1000 vaches ou la ferme des 1000 truies… sont autant de foyers de contestations qui remettent en cause la logique de l’aménagement du territoire entièrement soumis aux exigences du capital.

- Le projet de loi « pour la croissance et l’activité » présenté par le ministre Emmanuel Macron concentre les obsessions de la compétitivité et de l’austérité. L’extension du travail du dimanche et de nuit, la remise en cause des salariés (prud’hommes et inspection du travail), la suppression de toute peine de prison pour le délit d’entrave syndicale, la privatisation des aéroports… font de cette loi un projet entièrement dévoué à satisfaire ouvertement les intérêts du patronat et à renforcer l’exploitation la plus brutale des salariés. C’est une large mobilisation des forces de gauche, syndicales et associatives qui est à construire pour barre la route

- Il s’agit, dans les communes et les départements de développer les mobilisations contre la baisse des dotations de l’état, pour la restauration des capacités d’ investissement nécessaires aux services publics des collectivités territoriales, et contre une réforme territoriale qui fait disparaitre les échelons de administratifs les plus proches de citoyens ( communes et département) au profit de plus grands ensembles plus éloignés du contrôle populaire et qui affaiblissent le réseau de services publics de proximité.

A l’opposé de toute idée que François Hollande en aurait fini avec ses « réformes », l’échec de sa politique le pousse à multiplier sans cesse de nouvelles annonces. Déjà des ministres ont envoyé des premiers ballons d’essai annonçant une possible nouvelle réforme des retraites avant 2017. La logique de l’austérité est de mener une guerre permanente contre les droits sociaux, contre les salariés, les chômeurs, les jeunes.

Troisième Partie

Ouvrir une nouvelle perspective politique à gauche

L’urgence d’une coalition des forces de gauche et écologistes opposées à Valls et Hollande

Les forces collectives et individuelles qui s’opposent aux choix politiques de François Hollande et Manuel Valls et qui cherchent une issue émancipatrice aux désordres contemporains sont aujourd’hui nombreuses mais éclatées. Elles doivent converger pour ouvrir une perspective porteuse d’espoir, à même de mobiliser le peuple et de construire des majorités d’idées, sociales et politiques qui changeront la donne.

Il faut prendre la mesure du désarroi et de la colère qui existe aujourd’hui à gauche pour des millions de salariés. L’hypothèse d’un retour au pouvoir d’une droite revancharde et extrêmisée, voire de l’extrême droite qui arriverait à s’imposer comme une force de gouvernement, est largement perçue. Il faut desserrer l’étau de ce scénario catastrophe, refuser le chantage opéré par la direction du Parti Socialiste qui prétend empêcher l’émergence de toute alternative politique alors qu’elle porte une lourde responsabilité dans la crise en cours. Il y a urgence à rassembler toutes les forces de gauche et écologistes, du Front de Gauche, d’Europe Ecologie, des « Frondeurs », de Nouvelle Donne, du NPA… les énergies du mouvement social, les collectifs citoyens, pour constituer une large coalition politique capable de proposer un programme de mesures immédiates alternatives à l’austérité, une stratégie de mobilisation de la population et de constitution d’une majorité politique et d’un gouvernement à même de mettre en œuvre ce programme de transformation sociale et écologique.

La lutte pour construire l’émergence d’une nouvelle majorité et d’un nouveau gouvernement, est une dimension régulière que notre mouvement, Ensemble, doit porter : dans ses explications politiques, ses tracts, dans les occasions médiatiques. C’est parce que les citoyens-es, les salarié-es, les chômeurs-euses, les jeunes, ne voient aucune alternative, ici et maintenant, que l’attrait du Front national grandit, ou que se développe la sécession politique (abstention, écoeurement). Ensemble, et tout le Front de gauche, doivent donc porter l’idée que c’est maintenant qu’il faut être utile, tenter d’en convaincre les forces critiques à gauche pour qu’elles agissent de manière unie, même sur des points partiels. C’est ainsi que nous pourrons accréditer l’idée qu’il est possible de faire autrement, et que le processus des Chantiers de l’espoir sera basé sur des actes politiques communs. C’est urgent parce que  la prééminence de la présidentielle va très vite préempter toute la vie politique, et obscurcir encore l’horizon.

Mais la construction de ce rassemblement est aussi un travail de longue haleine qui nécessite de faire converger des forces qui ont eu ces dernières années des trajectoires et des positions différentes sur des questions importantes, par exemple sur l’appréciation du projet de François Hollande et le choix de participer au gouvernement Ayrault. A l’échelle des institutions locales, des divergences peuvent exister sur des enjeux de société qui n’ont rien de négligeable. Mais ce qui doit prédominer aujourd’hui, c’est l’opposition à la poursuite de la politique d’austérité mise en œuvre par Manuel Valls et François Hollande et la conviction de l’urgence vitale de constituer une alternative à cette politique. Cela suppose de créer les conditions de cette unité, que chaque force se sente respecter dans cette coalition nouvelle. La clé de la réussite de ce pari, c’est la capacité de ce rassemblement à susciter une dynamique populaire, à permettre la réappropriation de la politique par les citoyens qui en ont été dépossédés.  Notre capacité de mobilisation populaire passe aussi par une expérimentation de formes nouvelles d’initiatives politiques, plus dynamiques, plus participatives, plus créatives, donnant à voir le métissage des univers institutionnels (partis, élu-e-s), intellectuels, artistiques, sociaux et citoyens.

Le processus des « Chantiers d’espoir » qui s’est engagé à l’initiative du Front de Gauche, d’Europe Ecologie,  de militants socialistes, d’acteurs du mouvement social… constitue une première étape en ce sens. Il permet au 1er semestre 2015 de jeter les premières bases de ce rassemblement, qui est encore inachevé, et qui a vocation à s’élargir, à des forces qui hésitent encore sur les choix à faire pour constituer une alternative politique crédible. La construction de ce processus ne peut se décréter, il doit se construire par étape, à partir des réalités militantes réellement existantes ; il nécessite d’innover pour lever les obstacles qui peuvent exister. Il s’agit non seulement de concrétiser les convergences sur les grands axes d’une alternative politique au gouvernement actuel, mais aussi d’avancer sur le contenu de propositions nouvelles et co-élaborées. Il s’agit de construire une coalition politique entre différentes forces constituée sur quelques mesures clés de ce que serait la politique d’un gouvernement anti austérité.

Nos propositions pour concrétiser une alternative de gouvernement, ce que ferait une nouvelle majorité vraiment à gauche

Ensemble propose aux débats avec toutes les forces d'une gauche et d’un mouvement social à la recherche d’une alternative de s’entendre sur quatre grands chapitres de mesures d’urgences qui pourraient concrétiser un changement de politique immédiat. Ce que serait le programme d'urgence d'un gouvernement qui voudrait sortir de l'austérité et de la crise.  Répondre aux exigences immédiates sur l’emploi, le logement, les salaires, suppose un changement radical de politique à gauche, l’engagement d’une autre répartition des richesses, une confrontation aux traités de l’Union Européenne,  au pouvoir des banques et des actionnaires. L'urgence est de faire apparaitre dans la population qu’une autre issue politique est possible, qu’on peut se mobiliser pour la porter, dans les mouvements sociaux comme dans les élections. Pour rendre concret l’idée qu’une nouvelle majorité de rupture à gauche est possible, qu’elle est à portée de la main dans plusieurs pays européens, qu'elle commence à se rassembler en France, il faut avancer sur l’élaboration d’un contenu politique défini par des objectifs précis et réalisables Ce n’est pas un programme global de transformation sociale, mais un projet de gouvernement de rupture qui amorce une transition vers un nouveau type de développement écologique de production et de consommation, tout en ouvrant la voie à un changement des institutions pour garantir l’égalité et de nouveaux droits démocratiques et sociaux. Les convergences sont déjà réelles, exprimées dans les mouvements sociaux qui élaborent de leur côté des solutions, ou dans les débats qui traversent le Front de Gauche, EELV, le «frondeurs» socialistes, pour que nous puissions avancer ensemble autour d’au moins quatre grands thèmes de discussion :

- Un verrou à faire sauter: refuser de se plier aux traités européens, et engager le combat pour une autre Europe avec les forces progressistes du continent.

- Une autre logique budgétaire, par une réforme fiscale fondamentale et une nouvelle loi bancaire vers l’appropriation sociale des outils financiers, l’augmentation des revenus et de l’investissement publics dans les biens communs.

- Engager immédiatement l’indispensable transition énergétique.

- Redonner les moyens d’un contrôle citoyen sur les choix politiques, refonder les institutions d’une 6° République démocratique, sociale, écologique, garante de l’égalité des droits pour toutes et tous

(En annexe, nous développons ces propositions soumises au débat.)

Préparer dans cette perspective les prochaines échéances électorales

Chacune des prochaines élections qui auront lieu dans la période à venir porte des enjeux institutionnels, sociaux, politiques spécifiques. Mais toutes seront des moments de cristallisation des contradictions politiques et de rebond de la crise politique. Les élections départementales de mars 2015 constituent la première étape. Elles constituent un moment important de mesures du rapport de forces et elles permettront notamment à de premiers rassemblements larges, souvent à partir d’accord entre les forces du Front de gauche et d’Europe Ecologie, en opposition à la politique de Manuel Valls.

Les élections régionales de décembre 2015 sera la dernière élection nationale avant la présidentielle de 2017, dans une situation politique nouvelle, avec un cadre institutionnel bouleversé par la nouvelle carte des 13 régions adoptée par l’Assemblée Nationale. Cette réalité politique nouvelle par les citoyens peut susciter une débat politique de grande ampleur sur les conséquences des politiques d’austérité, les choix de développement sur le long terme, sur la mise en concurrence des territoires. Ensemble propose que le Front de Gauche engage dès maintenant un travail d’élaboration pour proposer une démarche politique commune aux partenaires potentiels (EELV, Nouvelle Donne, socialistes dissidents etc..) pour construire un accord national permettant des listes communes en opposition à la politique du gouvernement.

Les échéances présidentielles et législatives de 2017 sont déjà présentes dans le débat politique. C’est la conséquence de la réforme du quinquennat qui amplifie le caractère monarchique de la Vème République et créé une situation d’ « élection présidentielle permanente », réduit la vie politique à une compétition personnelle et dévalorise les autres échéances électorales. Ce qui se passera en 2017 dépend de la possibilité de déployer une opposition de gauche, au plan social, écologique et politique, et de la mobilisation populaire. L’aboutissement du travail de rassemblement engagé dès maintenant devra déboucher en 2017 sur des candidatures communes aux législatives et d’une seule candidature à la présidentielle, celles d’une coalition pour une majorité alternative de gauche et écologiste, indépendante de la politique du Parti Socialiste, et pour s’opposer au retour de la droite et repousser le FN.  Pour y parvenir il faudra auparavant avoir posé les bases d’un rassemblement politique porteur d’une alternative à l’austérité et dont l’horizon ne peut se réduire à l’échéance présidentielle. À la fin du 2ème semestre 2015, Ensemble tirera un premier bilan d’étape de l’engagement de ce processus et des initiatives à proposer pour concrétiser cette perspective.

Conclusion 

Cette démarche de construction d’une coalition autours de mesures d’urgence est une première étape. Elle ne dessine pas immédiatement la perspective d’un nouvel horizon d’émancipation. Elle doit s’articuler avec une visée à long terme, qu’il s’agit aujourd’hui de travailler, dans le cadre et la perspective d’une rupture avec le système capitaliste. Ensemble soutiendra et participera à cette démarche, et, partout où nous le pouvons, nous tenterons de montrer que ces exigences sociales, écologiques, démocratiques, dessinent dores et déjà une autre société, un « déjà là » émancipateur qui doit se développer, une autre façon de produire, de travailler, de décider, de vivre ensemble, de s’approprier les richesses, de construire une démocratie vivante, indissociablement sociale et politique, de démontrer que « nous pouvons faire » à la place des décideurs actuels qui sont en réalité des prédateurs de la société et du « commun ».

Pour le Front de Gauche, plus et mieux

Le Front de Gauche n’a pas encore réussi à mobiliser les millions d’électeurs qui rejettent la politique du gouvernement, mais qui choisissent l’abstention massive plutôt que la recherche d’une autre politique. Malgré tout, il a maintenu ses positions et s’est installé comme une force permanente posant à chaque échéance des initiatives de débats et de mobilisations pour promouvoir une autre politique. Malgré ses limites, il reste le point de départ incontournable pour toute construction de l’ indispensable front social et politique, le premier point d’un rassemblement à gauche qu’il faut conforter en l’élargissant. Dans cette situation nouvelle, le Front de gauche est confrontée à des exigences importantes. Il doit ouvrir une nouvelle étape et redonner confiance dans la démarche qu’il a engagé.  La question de la participation citoyenne – que ce soit à travers la question des adhésions directes ou selon d’autres modalités – doit être prise à bras le corps, pour qu’il puisse favoriser dans les quartiers et les entreprises le rassemblement des énergies militantes. Cela implique de renforcer son unité et la construction d’une démarche commune entre ses composantes, une volonté partagée de travailler à une refondation de la gauche , combinée à l’indispensable autonomie vis-à-vis de la politique de la majorité du Parti Socialiste au gouvernement;  Faire vivre les différents espaces du Front de Gauche, les assemblées citoyennes, les Fronts thématiques, les assemblées générales nationales, développer les liens avec le mouvement social, le monde intellectuel et culturel, c’est ainsi que l’on favorisera la possibilité qu’une véritable dynamique populaire prenne  corps.

S’il ne peut aujourd’hui, à lui seul, constituer une alternative politique, il constitue une force d’initiative essentielle pour contribuer à construire la cohérence politique d’une alternative nouvelle. Il peut développer les initiatives qui se prennent sur le terrain social et politique avec le collectif « AAA».

Il peut et doit constituer l’aile marchante d’une coalition de toutes les forces de gauche et écologistes opposées à la politique de Valls et Hollande. Si une telle coalition politique nouvelle et plus large commence à prendre corps, si l’espoir renait qu’une autre gauche peut offrir une autre issue que les renoncements au libéralisme, alors le Front de Gauche pourra reprendre sa marche en avant et enclencher une dynamique populaire. 9

Pour Ensemble !, une nouvelle étape

Au terme de sa première année d’existence, notre mouvement Ensemble se voit conforté dans l’essentiel de ses choix. Nous avons maintenu le cap d’une politique de rassemblement pour une alternative à gauche, tout en défendant une stricte indépendance vis-à-vis de la politique du PS. Convaincus qu’aucune des organisations ou partis qui composent le Front de Gauche ne peut à lui seul refonder une dynamique politique d’ensemble, nous avons conservé, malgré les tensions existantes en son sein, la perspective d’un développement et d’un élargissement d’un Front de gauche qui se doit de rester uni. Nous avons porté au débat un certain nombre de questions qui nous semblaient importantes dans la situation et dans la reconstruction d’une perspective d’émancipation. Nous avons défendu une conception du rapport entre force politique et mouvement social, qui refuse l’établissement de rapports de subordination du mouvement social, syndical, associatif. Et nous continuons à considérer qu’il faut poursuivre la refondation d’un nouveau projet en y apportant le meilleur de nos traditions respectives, en mettant fin aux logiques de concurrence entre les différentes forces du rassemblement.

Nous avons réussi à mettre ensemble, dans un même mouvement, plusieurs organisations et des militants sans appartenance politique préalable, et voulons continuer à faire converger des traditions et cultures politiques différentes. Ce mouvement commun nous le voulons utile aux mobilisations sociales et écologiques, utile au Front de gauche par le renforcement de ses capacités d’action et par une volonté de faire force politique commune. Un mouvement utile aussi parce qu’il est capable de prendre des initiatives et de participer à des actions unitaires même quand le Front de gauche n’y est pas partie prenante en tant que tel.  

Ensemble va franchir une nouvelle étape lors de sa réunion nationale fin janvier 2015, pour que le rapprochement entre ses courants d’origine s’approfondisse, pour que les collectifs militants créés s’étendent et constituent la base du fonctionnement d’un mouvement ouvert et pluraliste. Nous y débattrons des perspectives à donner à notre projet politique, tel qu’il est défini dans la présente résolution, mais aussi d’une résolution spécifique mettant l’accent sur la mobilisation préparée par les collectifs Alternatiba et la coalition Climat COP21, lors du sommet mondial sur le climat à Paris fin 2015. Nous continuerons à avancer, autour de documents soumis à la discussion, notre travail de réflexion et de mise en commun sur notre projet d’émancipation, dessinant les contours d’une autre société et les grands traits des stratégies pour y parvenir. Un débat que nous ne voulons pas réduire à l’entre-soi d’un seul mouvement politique, mais qui doit se mener avec toutes les forces militantes qui recherchent une alternative de réelle transformation de la société.

Pour toutes ces raisons, celles et ceux qui ont décidé de se mettre Ensemble vous appellent à rejoindre le mouvement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe :

Nos propositions pour concrétiser une alternative de gouvernement,

ce que ferait une majorité vraiment à gauche.

 

- Faire sauter les verrous européens qui imposent l’austérité permanente.

À peine élu, F.Hollande a fait ratifier par les députés socialistes le traité européen Merkel-Sarkozy TSCG sans même en renégocier les termes. Pour sortir du dogme imposé des 3 % de déficit, et retrouver les moyens d’une autre politique, un gouvernement vraiment à gauche devrait, en profitant du poids de la France, deuxième économie du continent,  engager un rapport de force politique avec A. Merkel et la droite européenne : -pour une re-discussion des traités - pour un changement du rôle de la Banque Centrale Européenne (prêts directs aux états plutôt qu’aux banques et rachat d’une part des dettes publiques). - Pour un moratoire dans le paiement des dettes illégitimes qui ont servis à renflouer les banques depuis la crise de 2008. - Pour une relance d' investissements européens pour la satisfaction des besoins sociaux et pour des projets écologiques, producteurs d’extension des biens communs et des services publics.- En cherchant l’appui réciproque avec d’autres gouvernements européens, d’autres expériences de gauche, l’appui des mobilisations du mouvement social européen et des opinions publiques. Alors il sera possible d’ engager une première rupture avec les politiques de l'Union Européenne afin de mettre en oeuvre une orientation alternative au «tout austérité».

 

- Sortir de l’austérité par une relance écologique et sociale, en imposant une autre répartition des richesses au monde de la finance.

Toutes les mesures économiques prises par les gouvernements Hollande sont allées dans le sens des exigences des financiers et du Medef, au prétexte de favoriser l’investissement des entreprises qui seraient sensées créer de l’emploi. C’est une politique injuste, et qui ne marche pas : le chômage ne cesse de monter, la dette augmente, la relance est étouffée par l’austérité, il n’y a que les profits du CAC 40 qui se portent bien.

            - Un gouvernement d’une autre gauche commencerait par abroger toutes les mesures qui, comme le Pacte de Responsabilité, le CICE, coûtent des milliards à l’état sans contreparties aux entreprises.

            - Une vraie gauche construirait une autre logique budgétaire par une réforme fiscale basée sur la justice, sur un impôt sur le revenu fortement progressif, une baisse de la TVA, une imposition des dividendes qui grimpent de manière éhontée quand le chômage s’envole, une taxation plus importante des grosses sociétés et des transactions financières.

            - Une nouvelle loi bancaire serait engagée, celle du gouvernement Ayrault a été tellement insignifiante qu’elle laisse aux banques toute latitude pour reprendre leurs activités spéculatives et entrainer l’économie dans une nouvelle crise comme celle de 2008. Une nouvelle loi s’impose : - pour séparer vraiment les activités des banques entre financement des ménages et des entreprises. - pour donner les moyens à une Banque Publique d’Investissement d’être un instrument utile pour réaliser des choix politiques  favorisant l’investissement public, la défense de l’emploi et du tissu productif. La BPI créée par le gouvernement socialiste en 2012 n’a pas de moyens ( 54 milliards d’euros, 40 fois moins que la seule BNP Paribas qui détient 2000 milliards d’euros). Donner à l’Etat des moyens financiers, ne pas laisser tout pouvoir aux banques et aller vers l’appropriation sociale des outils financiers, c’ est aussi une condition pour pouvoir intervenir et prendre le contrôle d’entreprises défaillantes, qui délocalisent ou licencient des productions utiles. On peut alors fournir l’aide et les moyens aux salariés qui élaborent des projets de reprise et de contrôle de leurs productions. Florange, Petroplus, PSA, etc... la liste est longue des abandons des gouvernements de Hollande.

            - Redonner du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires et des minimas sociaux, pour lutter contre l’accroissement des inégalités et l’appropriation des richesses par une minorité de possédants, tout en relançant la machine économique par la demande. L’urgence est d’augmenter le SMIC, les salaires, les minima sociaux, et faire plafonner à 20 Smics les salaires les plus élevés.

La baisse de la TVA, comme l’encadrement des loyers et l’investissement dans la construction d’un million de logements sociaux par an respectant les normes environnementales, sont autant de mesures pour assurer aux salariés une hausse de leur pouvoir d’achat et sont des investissements utiles pour une relance économque.

            - Combattre le chômage : Au lieu de pratiquer la traque des chômeurs, un gouvernement vraiment à gauche augmenterait leurs droits collectifs, leurs droits à la formation, leurs allocations basées sur des cotisations patronales accrues.  Au lieu de laisser faire les fermetures d’entreprises et les licenciements, il donnerait la priorité à l’aide publique à l’économie sociale et solidaire, à la reprise par les salariés eux-mêmes des entreprises menacées ou cédées, à une législation qui empêche les licenciements boursiers, et restaure le Code du Travail.

            -La réduction du temps de travail doit être remise à l'ordre du jour, c'est le moyen le plus efficace pour créer des emplois et gagner la bataille contre le chômage de masse  :  généraliser les 35 heures effectives plutôt que  les remettre en cause, consolider la loi pour obliger à l’embauche plutôt qu’à accroître la flexibilité, et avancer une nouvelle étape vers la semaine de 32 heures, 4 jours de travail sans perte de salaire.

            - Relancer  l’investissement public

Pour répondre aux énormes besoins sociaux de la population, des centaines de milliers d’emplois publics sont nécessaires : dans la santé, l’enseignement, les transports, l’énergie. Et pour engager une transition énergétique, il faut des dizaines de milliers de nouveaux emplois publics de chercheurs et de techniciens. Qu’on ne dise pas que les moyens n’existent pas : la création d’un million d’emplois publics au salaire moyen ne coûterait que 16,5 milliards d’euros net, alors que le pacte de responsabilité coûte 41 milliards ... à fonds perdus et sans contrepartie d’embauche.

 

Redonner l’espoir qu’une transition écologique est possible dès maintenant

 A la veille du Sommet sur le Climat fin 2005 à Paris, on est loin de l’objectif d’une réduction de 80 % des gaz à effets de serre d’ici 2050. La politique du gouvernement et l’ austérité empêche d’engager les investissements nécessaires à une reconversion énergétique et industrielle à la hauteur.

Un gouvernement vraiment à gauche, qui orienterait autrement la répartition des richesses produites, ferait de la transition écologique une priorité :

            -Un arrêt immédiat des grands travaux inutiles ou anti-écologiques, (à commencer par NDDL et Sivens) et en garantissant des consultations populaires, des référendums locaux, avant le lancement de tout projet.

            -Un investissement massif dans les énergies renouvelables et le développement de l’emploi dans ces secteurs, une réduction de la part du nucléaire en fermant les centrales de plus de 40 ans.

            - Un plan logement et d’efficacité énergétique des bâtiments, avec pour conséquence la relance du secteur de la construction et des emplois.

            - Le rétablissement d’une taxe de transit poids lourd, et une renationalisation des autoroutes, tout en investissant avec les moyens dégagés dans le fret ferroviaire et fluvial, dans le ferroutage. Il faut arrêter de reculer devant les intérêts privés du patronat routier.

            Au-delà de ces décisions à prendre immédiatement par une nouvelle majorité écologique et sociale, des choix de plus long terme devront être engagés :  - Un  processus démocratique de débat et de décision référendaire sur la sortie du nucléaire  - Un retour à une maitrise à 100% publique des entreprises du secteur de l’énergie - Une politique de long terme de reconversion industrielle non-productiviste vers une économie tournée vers la satisfaction des besoins humains et environnementaux.

 

Contrôle citoyen sur les choix politiques, égalité des droits pour toutes et tous, refonder de nouvelles institutions, vers une 6° République.

La crise économique et sociale s’est doublé d’un crise démocratique aggravée ces dernières années. Les dérives de la politique de Hollande on mis en évidence que les institutions présidentialistes de la 5° République privaient les citoyens de tout contrôle démocratique sur les politiques menées, surtout quand celle-ci s’éloignent des objectifs pour lesquels on a été élu. Les seules réformes mises en oeuvre par ce gouvernement accentuent au contraire la crise avec la remise en cause des institutions communales et départementales ...

Une nouvelle majorité d’une gauche de transformation sociale et écologique se devrait d’agir rapidement pour impulser un véritable refondation des institutions formant le socle d’une 6° République :

            - La fin du présidentialisme, la proportionnelle intégrale au Parlement, le droit de référendum sur les grands choix et de révocation si nécessaire,

            - L’arrêt de réforme territoriale, en redonnant la parole aux citoyens (exigence de référendums).

            - Des mesures alternatives immédiates redonnant du pouvoir au peuple en renforçant la capacité d'agir des habitants et de leurs associations, parallèlement à un développement des services publics contre l'emprise des multinationales (Eau, déchets, transports, cantines scolaires, hôpitaux de proximité ...) pour un aménagement équilibré et solidaire des territoires pour lutter contre les inégalités croissantes.

            - Une vraie politique de gauche devrait réaffirmer immédiatement que tous les droits sont totalement liés et qu’ils seront garantis par la loi : - L’égalité femmes-hommes,  la libre sexualité pour toutes et tous sans atteinte aux droits civils (mariage, PMA…) - L’extensions du droit de vote aux étrangers résidents, des droits égaux sans discrimination pour les personnes immigrées et la régularisation des sans-papiers - Le droit à la dignité contre toutes les formes de racisme – Le respect du droit à l’autodétermination des peuples (notamment dans les DOM-TOM et le processus en cours en Nouvelle Calédonie).

- Une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise et redonne de nouveaux droits aux salariés, une protection sociale et un Code du travail reconstruits, un pouvoir de décisions dans l’entreprise qui ne laisse pas les actionnaires seuls maitres à bord.

 

Toutes ces décisions peuvent être prises par une nouvelle majorité, accompagnant ce qui devrait être le lancement d'un processus constituant débouchant sur la convocation d'une Assemblée Constituante, permettant l’implication de la population afin de décider ensemble des choix institutionnels les meilleurs pour restaurer la souveraineté populaire.

 

 

 

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