Todd, l’égalité et l’inégalité dans la France de l’après-Charlie

Dans son nouveau livre, Qui est Charlie ?, Emmanuel Todd propose une analyse atypique, riche mais trop unilatérale et parfois problématique, de la mobilisation consécutive aux attentats des 7 et 9 janvier 2015.

Tour à tour passionnant et énervant pour le lecteur, le nouveau livre d’Emmanuel Todd est tout simplement stimulant. Il se propose de traiter du sens profond de la mobilisation massive qui a succédé aux attentats des 7 et 9 janvier 2015, contre la rédaction de Charlie Hebdo puis contre un magasin juif. Il s’attache en particulier à lier les immenses manifestations du 11 janvier à l’analyse qu’il a formulée ces dernières années, tout particulièrement concernant la disparition progressive de la pratique religieuse catholique - mais aussi de ce qui reste de la culture inégalitaire qui lui est liée - et concernant l’affaiblissement de l’exigence d’égalité dans notre société, malgré l’omniprésence médiatique du thème de la République. Dans Qui est Charlie ?, il évoque aussi de front les problèmes posés par l’islamophobie et par l’antisémitisme et la manière d’y faire face.

L’appréciation des manifestations du 11 janvier

À propos de cette journée historique de manifestations, Emmanuel Todd formule un jugement complexe, souvent contradictoire et finalement confus. D’une part, il considère que la foule du 11 janvier était « loin d’être antipathique », « marchant pour le respect des libertés, parsemée de drapeaux de toutes les nations, affirmant haut et fort la différence entre l’islamisme radical, rejeté, et l’islam ordinaire, accepté ». D’autre part, il parle à plusieurs reprises d’un « moment d’hystérie », et d’une « manifestation de fausse conscience », « convoquée par le gouvernement », où les manifestants ne savaient pas pourquoi ils étaient là1.

On s’étonne que l’auteur rappelle qu’il n’avait eu aucune difficulté à exprimer à chaud, lors des émeutes des banlieues en 2005, qu’elles portaient une exigence d’égalité2, alors que, concernant les manifestations du 11 janvier, il ne saurait en dégager le sens. Mais alors, quelles sont les « quelques "valeurs" de base » que seraient venus exprimer les millions de manifestants, que l’historien pointe sans précision ? Enfin, Todd parle même de la France mobilisée le 11 janvier comme d’ « un vieil ennemi, en cours de radicalisation » (nous allons y revenir).

Cependant, gardons l’essentiel. D’abord, l’auteur estime que la manifestation « ne parlait pas d’égalité ». En réalité, à de rares expressions près, la manifestation et les manifestants « ne parlaient pas » (par des slogans ou des banderoles), du fait des consignes officielles. ÀCerises, contre l’esprit de censure imposé par l’État et les grands médias, nous avions d’ailleurs tenu à exprimer le sens de notre propre participation à la manifestation (lire l’encadré ci-contre). D’autre part, Todd pointe « l’absence » du monde populaire, des jeunes de banlieues, des ouvriers de province dans les cortèges. Cette affirmation est cependant (fortement) nuancée par les enquêtes réalisées auprès des manifestants, comme en témoignent deux chercheurs dans Le Monde3.

Au terme d’une analyse statistique rapportant le volume de la participation aux cortèges du 11 janvier à la place des idéologies par zones géographiques, Emmanuel Todd estime que « les déterminations de sa mise en marche sont, pour l’essentiel, les mêmes que celles du vote pour Maastricht. Les couches sociales motivées furent les classes moyennes issues du secteur public et du secteur privé, enrichies dans les provinces d’une forte composante catholique zombie » (expression qui évoque les anciens territoires à forte implantation religieuse)4. L’auteur désigne par le terme de néo-républicanisme la motivation républicaine mais non égalitaire.

On pourrait cependant faire une observation de portée générale : il importe de n’oublier à aucun moment qu’en cherchant à analyser ce qui s’est passé, on doit éviter une vision unilatérale, qui donnerait un sens général aux évènements là où ce sont précisément des sens contradictoires qui peuvent être mis en exergue (plutôt qu’adoptés successivement, avec l’impression d’incohérence qui en ressort). S’agissant d’une manifestation millionnaire, organisée dans l’émotion, sans revendication unique, pétrie de paradoxes, où l’on a à la fois des injonctions politiques et médiatiques et de la spontanéité citoyenne, de la manipulation par l’État et un refus virulent d’être manipulé… on ne devrait pas oublier que chaque personne est elle-même traversée par des valeurs et des sentiments contraires. Lisant Emmanuel Todd, on a envie de souligner les limites d’une approche uniquement macroscopique, et trop occupée à justifier sa thèse initiale.

Tentant de décrypter les valeurs latentes de la mobilisation, Todd se risque : « Il s’agissait avant tout d’affirmer un pouvoir social, une domination, objectif atteint en défilant en masse, derrière son gouvernement et sous le contrôle de sa police. » Cela ne manque pas de piquant, mais ne s’éloigne-t-on pas un peu trop d’une quête objective de vérité, surtout lorsqu’on poursuit un peu plus loin : « La République qu’il s’agissait de refonder mettait au centre de ses valeurs le droit de blasphémer sur le personnage emblématique d’une religion minoritaire, portée par un groupe défavorisé. » Et encore : « Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles. »5 Les vraies valeurs de « référence de Charlie» pourraient donc être « l’autorité et l’inégalité ». Cependant, « Nous ne disposons pas (…) du recul qui nous autoriserait à dire, dès aujourd’hui, que Charlie va engendrer un monstre autoritaire et inégalitaire » : ouf !

Pour notre part, nous raisonnons autrement : la crainte que la manifestation du 11 janvier dérape en une mobilisation explicitement sécuritaire et ouvertement xénophobe ne s’est pas concrétisée ; autre chose est que le pouvoir, le gouvernement et les principaux partis engendrent un monstre autoritaire et inégalitaire, mais c’est précisément l’enjeu de la bataille idéologique actuelle : mettre l’égalité au centre du débat public. Contrairement à ce qu’écrit Emmanuel Todd, il existait surtout une composante égalitaire dans les manifestations du 11 janvier, en partie explicite lorsqu’elle exprimait le désir de vivre dans le respect de chacun et de tous, et en partie implicite.

Une crise religieuse

Emmanuel Todd travaille le plus souvent sur le temps long. Il reprend dans ce livre certains enseignements de ses travaux précédents, soulignant notamment la disparition progressive des pratiques religieuses et le pas franchi avec l’adoption du mariage pour tous : « un pas en avant supplémentaire dans la rupture de la nation avec la vision chrétienne traditionnelle de la famille ». Cette évolution produit pour l’auteur des « problèmes d’équilibre psychologique et politique à la population », surtout dans le contexte socio-économique que nous connaissons. Sa thèse est que la configuration actuelle nourrit une logique qui peut conduire du catholicisme à la xénophobie : d’un système à vocation universelle à un système inégalitaire ou non égalitaire, où la fin du catholicisme laisse un vide générateur d’anxiété. Pour Emmanuel Todd, c’est au fond ce phénomène anthropologique profond qui aurait conduit à ce que l’essentiel des manifestants du 11 janvier ait défilé non pour le deuxième terme de la devise de la République - l’égalité -, mais seulement pour le premier. C’est, selon lui, le symptôme du remplacement de la religion par le projet économique libéral inégalitaire.

Au plan politique, la mutation du Parti socialiste correspond à ce mouvement : il absorbe les transfuges du catholicisme, avec leurs bagages mentaux inégalitaires. Et c’est pourquoi « Le parti socialiste devient peut-être au fond plus insensible, plus dur aux faibles que ne l’était la droite conservatrice. Le catholicisme social, lui, méprisait l’argent et encourageait chez les privilégiés le sentiment d’une responsabilité vis-à-vis des pauvres ». Le propos est percutant, mais il mériterait sans doute d’être quelque peu nuancé, par exemple en prenant en compte les réalités cruelles des politiques des gouvernements de droite.

Ceci dit, dans la situation actuelle de passage au « vide infini d’un monde sans Dieu », il existerait un « risque métaphysique » : « nous devons nous représenter la population de l’Hexagone comme à la recherche d’un adversaire structurant, d’une cible. » Emmanuel Todd considère que cet adversaire "nécessaire" au système pour remplacer le catholicisme est l’Islam : « La diabolisation de l’islam répond au besoin intrinsèque d’une société totalement déchristianisée. » Nous allons y revenir.

L’égalité en berne ?

La réalité néo-républicaine d’aujourd’hui, c’est l’approbation d’un État social, qui, selon Emmanuel Todd, n’est plus le vieil État social d’après-guerre, né des luttes de la classe ouvrière et de la longue ascension de l’égalité démocratique, mais « l’État social des classes moyennes ». Il se satisfait du chômage de masse, de l’Apartheid territorial (la « relégation périphérique des classes populaires », qui toutefois n’est pas nouvelle…), de l’augmentation des inégalités, bref est autiste à la situation sociale actuelle, tout en prétendant que les pauvres ne payent pas d’impôts – comme s’ils ne payaient pas la TVA. Ainsi, l’anthropologique considère que la réalité du modèle français est faite de deux éléments fondamentaux : une « superstructure doctrinale libérale et égalitaire venue du passé » et une « infrastructure mentale autoritaire et inégalitaire du présent ». Et d’évoquer le « début d’un glissement des classes moyennes vers un inégalitarisme explicite, incluant la désignation d’un bouc émissaire ».

Emmanuel Todd propose une intéressante analyse des difficultés contemporaines du principe de l’égalité. Il rappelle d’abord que « ce sont des systèmes politiques représentatifs qui ont accepté et organisé l’ouverture de l’échelle des revenus ». Certes, on peut discuter de l’idée selon laquelle « les corps électoraux ont bel et bien accueilli avec ferveur les discours sur l’individu triomphant, la règle du jeu néolibéral, la nécessité de la compétition, les bienfaits promis de l’inégalité » - les 30 dernières années ne sont-elles pas plutôt celle de l’abstention et d’une désaffection croissante des citoyens vis-à-vis de la démocratie représentative ? -, mais les phénomènes de fond sont là. Ainsi, par exemple, la promesse de réussite et l’alphabétisation de masse sont devenues synonymes d’insuffisance, puisque désormais pour réussir, il faut aller beaucoup plus loin dans les études secondaires. Ainsi est (ou semble) brisée la machine qui « faisait vivre, en milieu populaire, la foi dans le progrès, dans l’éducation », qui correspond à la période d’influence puissante du PCF.

Le triomphe de « l’individualisme égalitaire laisse sans filet de sécurité les hommes et les femmes en difficulté dans une période d’évolution sociale rapide et de reconversion économique incessante ». La France favorable à l’inégalité - la France du "catholicisme zombie", selon Todd - ne pèse pas nécessairement plus lourd qu’autrefois, mais « son fond anthropologique est adapté au mouvement actuel de l’histoire », dont « l’axe principal est la course à l’inégalité ». Cependant, manque peut-être ici la prise en compte de certaines aspirations individuelles, qui pèsent dans le sens de la solidarité, du lien social, ou par exemple de l’appropriation de la politique par les citoyens. N’évoquant pas cet aspect des réalités contradictoires à l’oeuvre, Emmanuel Todd se focalise sur le fond inégalitaire des pays qui domine l’Europe - Allemagne en tête -, au détriment des pays du Sud égalitaire.

Todd évoque le mouvement de la France institutionnelle, de politiques "pareillement universalistes" en direction de l’Allemagne et des pays arabes, sous De Gaulle (oublié, le temps des colonies ?), et la situation actuelle : « L’Allemagne est redéfinie comme supérieure et doit être imitée ou obéie. Le monde arabe est perçu comme inférieur et doit être modernisé ou relégué ». Cette inégalité de traitement, et donc la xénophobie qui en découle vis-à-vis du monde arabe, vont à l’encontre de la « xénophobie universaliste » qui consiste à « détester tous les peuples également ». Pour notre part, nous réfutons cette approche en terme de concurrence des détestations, entre lesquelles nous n’avons pas envie de choisir. Toujours est-il que l’on constate et s’alarme avec l’auteur que « l’islamophobie, de plus en plus, semble l’horizon de l’Europe et les partis politiques français vont devoir choisir ».

Oligarchie de masse ?

Todd effectue un curieux glissement : « Une foule de 1,5 à 2 millions de personnes aura donc accepté de défiler derrière cette incroyable collection de geeks monétaires, budgétaires et militaires. (…) Cette immense manifestation néo-républicaine nous oblige à admettre que la montée de l’inégalité en France ne résulte pas de la conspiration d’une minuscule élite, ou même des 1 % de personnes qui touchent les plus hauts revenus. (…) Oui, la France est bien en train de muter en un système oligarchique, mais ce serait une erreur d’imaginer à sa tête, à l’ancienne, un club très fermé de 200 familles, ou même de 150 000 personnes. Une oligarchie de masse émerge(…) ». Il n’est pas besoin de vouloir se rassurer pour voir ce qui ne colle pas dans ce raisonnement.

D’abord, rappelons le fait que les manifestants n’ont pas défilé derrière les chefs d’État : tout le monde le sait, pour avoir vu les images télévisées de ce rassemblement des chefs d’État, précisément à l’écart de la manifestation. Ensuite, on ne voit pas en quoi le fait de manifester contre le terrorisme, pour la liberté de la presse, la liberté d’expression constitue une adhésion à l’oligarchie qui écrase les peuples par les politiques néolibérales. Le raccourci est un peu… court !

Enfin, on ne saurait confondre l’oligarchie - le petit groupe qui, en effet, prend les décisions économiques décisives, influence les décisions des États, gouverne au niveau mondial les principaux conflits géopolitiques – et l’influence de l’idéologie inégalitaire au sein des classes moyennes. Classer de manière systématique les classes moyennes du côté de l’oligarchie, c’est une forme de démission politique qui ne peut que conduire au désespoir. L’enjeu politique est précisément la conquête de l’hégémonie au sein de cette classe dont le positionnement est l’enjeu idéologique décisif aujourd’hui. Pour autant, en cherchant à ne pas passer à la trappe l’ensemble du propos de Todd parce que bien des aspects nous semblent contestables, ce que nous tirons d’essentiel de son propos, c’est qu’il y a un combat à mener pour que la classe moyenne s’ouvre à la question des banlieues, des enfants d’immigrés et aussi de l’avenir des milieux populaires ruraux.

Paris, territoire à l’orientation idéologique incertaine

Emmanuel Todd évoque le « mystère de Paris » : la capitale semble une ville-monde, « où se retrouvent tous les peuples de la terre », elle a un fond anthropologique égalitaire ; mais dans le même temps, elle « joue un rôle majeur dans la dérive inégalitaire du système national ». D’un côté, donc, le phénomène connu par lequel, en dépit de l’ampleur et de la rapidité des phénomènes de migration et de mobilité, ce qui domine toujours dans les grandes villes, c’est l’intégration, ou l’assimilation des arrivants dans la culture d’accueil. « Les immigrés, toujours et partout, ont pour destin, si la société d’accueil ne leur interdit pas, de devenir des citoyens du lieu ». Todd estime, contre le discours multiculturaliste sur le respect de la différence que « la vérité est que tout homme, là où il se trouve, et même s’il veut rester fidèle autant qu’il le souhaite à ce qui lui vient de sa famille, aspire par-dessus tout à devenir un homme parmi les hommes ».

Le problème est aujourd’hui le poids des logiques économiques et sociales ségrégatives. Ainsi, il existe aujourd’hui une « désactivation de la valeur d’égalité en région parisienne, dans l’idéologie comme dans les comportements politiques ». Todd résume ainsi son hypothèse : « la nouvelle stratification éducative, cause de l’émergence d’un subconscient social inégalitaire, fonctionne à plein régime en Ile-de-France. » On peut illustrer ce phénomène : au lieu de constater, comme beaucoup d’observateurs l’ont fait au cours des vingt dernières années, que Paris aurait viré à gauche, nous devrions considérer l’évolution électorale de la capitale comme une conversion aux politiques sociales-libérales menées par le PS, avec le soutien d’EELV, c’est-à-dire à des politiques qui aggravent les fractures sociales et territoriales. Là encore, cependant, le raisonnement manque de nuance.

Dans les quartiers boboïsés, nous avons désormais une domination des classes moyennes supérieures, indifférentes aux quartiers populaires et au sort des jeunes qui en sont issus : la pauvreté visible dans les artères commerçantes de ces quartiers expriment d’ailleurs qu’il existe ici un vaste marché de la charité. Illustration concrète du nouveau discours institutionnel (prétendument socialiste), le journal de la municipalité du 11e arrondissement de ce mois de mai contient une rubrique "Mémoire – Se souvenir des morts de la rue", qui se présente ainsi : « Chaque année, des personnes qui vivent dans la rue meurent dans notre arrondissement. Il s’agit souvent de personnes anonymes, dont le visage nous est familier mais dont nous ignorons la plupart du temps le nom. C’est pourquoi il a été décidé qu’un hommage leur soit rendu en conseil d’arrondissement à la fin de chaque hiver, en indiquant leur nom, leur âge, leur date de décès, suivi d’une minute de silence. Un hommage a ainsi été rendu lors de la séance du 4 mars à (…) ». Amen, et surtout que ne soit posée aucune question sur les causes, les parcours, les alternatives à la mort sur le trottoir.

Tout cela ne signifie pas que les différents milieux ne produisent pas des valeurs égalitaires, mais le « cadre supérieur aisé, le "bobo", l’homme des banlieues ou des quartiers devient un type en soi, géographiquement séparé des autres ». Todd n’en conclut pas à un phénomène définitif ni même durable : il parle d’ « éclipse du tempérament égalitaire » parisien et estime que « ce qui a motivé la manifestation parisienne » reste incertain. Il souligne d’ailleurs que l’histoire n’est pas immobile.

Gilles Alfonsi, le 22 mai 2015. Publié sur le site de Cerises.

Emmanuel Todd, Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse, Seuil, mai 2015, 243 p., 18 €

1. Emmanuel Todd : « Si nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est censé ignorer pourquoi il manifeste ». Nous pensons d’abord que les manifestants étaient porteurs de nombreuses motivations, et que les considérer comme complexes ou contradictoires ne doit pas conduire à le nier. D’autre part, chacun n’est pas censé savoir pourquoi il manifeste de la même manière qu’il est censé ne pas ignorer la loi. Ne reproduisons pas au plan politique les schémas inégalitaires qui existent devant la loi.

2. Le sens des émeutes n’était généralement pas exprimé par les émeutiers, mais l’analyse permettait en effet de pointer que la motivation fondamentale en était le problème des inégalités (ou l’enjeu de l’égalité). À ce sujet, lire les articles suivants :
- "Négation de la question sociale et dérive liberticide" : www.combatenligne.fr/article/?id=590
- "Une inédite contestation de l'ordre" : www.combatenligne.fr/article/?id=588
- "L'État incendiaire face aux banlieues en feu", entretien avec le sociologue Loïc Wacquant : www.combatenligne.fr/article/?id=589

3. "Le simplisme d’Emmanuel Todd démonté par la sociologie des 'Je suis Charlie' ", Vincent Tiberj et Nonna Mayer, Le Monde, 19 mai 2015.

4. Rappelons tout de même que le vote en faveur du Traité de Maastricht a été acquis par 51,04 % des suffrages exprimés, ce qui montre l’ampleur de la résistance à la logique inégalitaire, confirmée en 2005 par la victoire du non au Traité constitutionnel européen.

5. On pouvait trouver dans la manifestation autant d’exemples radicalement contraires : pour beaucoup de manifestants interrogés par les grands médias, et selon nous pour l’immense majorité des participants, il ne s’agissait pas de mettre au centre des valeurs de la République le droit de blasphémer, ni de définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles, etc.

 

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