A Toulouse, place au peuple !

Le paysage politique pour les municipales de Toulouse se dessine peu à peu. La ville, très longtemps aux mains de la droite, est passée à gauche de peu (3000 voix d'avance au second tour) en 2008. La majorité autour du Maire, Pierre Cohen, est composée du PS, du PCF, du PRG et d'EELV. Une seule voix dissonnante s'est faite entendre à gauche, celle du leader du Parti de gauche, Jean-Christophe Sellin, qui en refusant de voter le budget, s'est vu exclure de la majorité et supprimer sa délégation à la culture.

Le bilan de la majorité sortante n'est pas à la hauteur des enjeux. La politique des transports telle qu'elle est menée ne parvient pas à rattraper le retard pris par les équipes successives de la droite, obsédées par le prestige plus que par l'efficacité. La promesse du retour à la gestion publique de l'eau est morte. Le remplacement de la droite par la gauche n'a pas éé perçu comme un réel changement dans les quartiers populaires victimes du chômage et de la précarité. La politique du PS local est frappée du sceau de l'austérité. La mairie de Toulouse joue le jeu de l'acte III de la décentralisation, celui d'une métropolisation qui favorise les milieux financiers et les grandes entreprises sans contrôle démocratique plutôt que de mobiliser les fonds en faveur des transports pour tous et des quartiers populaires.

Cette critique du bilan et du projet socialiste a été la base de l'élaboration d'un projet alternatif à gauche. Un projet que trois composantes toulousaines de Front de gauche, la FASE, le PG et La Gauche anticapitaliste - Convergences et Alternative portent depuis des mois. Ce projet politique visait à rassembler le Front de gauche et au-delà, tout la gauche qui ne lâche rien.

Les discussions sont désormais hélas terminées avec le PCF. Sa direction, ses élus sortant, pour l'essentiel gagnés à une alliance de premier tour avec le PS ont convaincu 239 militants communistes toulousains, soit 83 % des votants de suivre leur proposition.

Avec EELV, les portes ne sont pas fermées mais les composantes de notre liste, "A Toulouse, Place au peuple", peinent à convaincre EELV-Toulouse de reprendre ensemble une ferme critique de la politique du gouvernement et de celle du PS local.

Avec le NPA, les discussions se poursuivent également et de nouvelles réunions ont lieu dans le but d'aboutir à un accord, comme cela se fait désormais dans de nombreuses villes.

Sans attendre, notre liste, conduite par Jean-Christophe Sellin (PG), Myriam Martin (GA - C&A) et Dominique Liot (FASE) s'est déjà tournée vers la population. Les premiers tracts sont distribués sur les marchés ou dans les stations de métro, du porte à porte est organisé et les premiers échos sont prometteurs, preuve qu'il existe une place à gauche du PS. Des comités de soutien se mettent en place dans les quartiers de la ville.

Dans la continuité de la campagne, particulièrement réussie en terre toulousaine, de soutien à Jean-Luc Mélenchon, notre liste defend un programme fait de radicalités sociales et écologiques concrètes. Il s'agit tout à la fois de barrer la route à une droite revancharde et à une extrême-droite à l'affut tout en infligeant au PS la sanction qu'il mérite amplement !

Frédéric Borras

 

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