Tout cela pour ça ?

On avait compris que Christian Picquet, Alain Faradji et les quelques camarades qui leur font confiance n’acceptaient pas d’être minoritaires au sein de Gauche unitaire.

Minoritaires, ils l’ont été lors de la Conférence nationale de juin 2013, qui a repoussé l’orientation qu’ils proposaient de listes de « large rassemblement à gauche », et adoptée à 65% celle de travailler à des listes du Front de gauche.

Minoritaires, ils le sont lorsqu’ils refusent que ce soient les militantes et militants de Gauche unitaire qui se prononcent, par une conférence nationale ou un congrès, de l’orientation à avoir par rapport au mouvement Ensemble.

Face à cette évidence, ces mêmes camarades ont recouru à des méthodes d’une brutalité inconcevable au regard des règles démocratiques les plus élémentaires : la « mise hors parti » de plusieurs dizaines de militants, et pour certains la destitution de leurs responsabilités, en violation des statuts. Mesures aujourd’hui objets de recours juridiques.

Mais une question restait en suspens : pourquoi user de méthodes aussi honteuses ? En vue de quels objectifs politiques ?

A présent, nous savons. Il s’agissait d’imposer un choix qui ne saurait être majoritaire au sein de Gauche unitaire, et donc ne pouvait se faire au nom de Gauche unitaire.

Ce mercredi, Christian Picquet tient conférence de presse pour prétendre publiquement que Gauche unitaire rallie la liste dirigée à Paris par Anne Hidalgo, dans laquelle s’est inscrit République et socialisme, puis après un débat difficile le Parti communiste de Paris. Une situation similaire existe à Clermont-Ferrand et Toulouse, peut-être dans deux ou trois autres ville de moindres dimensions. Tout cela en échange de quelques postes d’élus.

Le plat de lentilles est plutôt maigre.

Il ne saurait justifier un choix très négatif pour le Front de gauche. A Paris, c’est la quasi majorité des militants communistes préconisant une liste du Front de gauche qui avait raison, et ceux qui ont fait le choix de l’alliance avec le Parti socialiste ont commis une faute politique. Les membres de Gauche unitaire qui aujourd’hui cautionnent celle-ci dans ces conditions, loin de l’atténuer, portent un nouveau coup au Front de gauche et fragilisent davantage celui-ci. Plutôt que d’approfondir les divisions au sein du Front de gauche, il convient d’avancer les propositions permettant de sortir celui-ci des ornières où il s’enlise.

Quant aux méthodes utilisées pour prétendre faire porter à Gauche unitaire la responsabilité de ce choix, elles témoignent tristement de la médiocrité des fins par celle des moyens mis en œuvre.
Gauche unitaire, qui s’est créée en 2009 pour favoriser la formation et l’essor du Front de gauche, doit rester porteuse d’ambitions plus nobles. C’est ce à quoi pour notre part nous continuerons à travailler.

Réseau Gauche unitaire.

Communiqué de presse des militants parisiens de GU

Le 15 janvier, C. Picquet va tenir une conférence de presse, en compagnie du directeur de campagne de Anne Hidalgo, tête de liste du Parti socialiste, et de Ian Brossat, chef de file des communistes parisiens, pour annoncer son ralliement à la liste du Parti socialiste à Paris. Se revendiquant de son titre de porte-parole de Gauche unitaire, il va présenter ce choix comme étant celui de Gauche unitaire.

Or, les militantes et militants de Gauche unitaire, lors d’une conférence nationale en avril 201, se sont prononcés à 65% des voix en faveur de listes du Front de Gauche indépendantes de celles du Parti socialiste. Pour leur part, les militants parisiens de Gauche unitaire, réunis le 19 novembre 2013 au siège de la GU à Saint-Ouen, ont refusé par un vote  à 75% d’accompagner la faible majorité des communistes parisiens qui ont choisi l’alliance « de confort » avec le Parti socialiste plutôt que la dynamique du Front de Gauche, et ont affirmé leur volonté de soutenir les listes « À Paris, place au peuple » conduites par D. Simonnet.

Le 25 novembre 2013, plusieurs des militants parisiens qui avaient voté six jours plus tôt pour l’indépendance par rapport au Parti socialiste se voyaient frappés par la « mise hors parti » décrétée par C. Picquet et ses camarades. Ces tentatives d’exclure les militants de Gauche unitaire en désaccord avec eux ne sauraient les autoriser à appliquer une orientation désavouée au sein de l’organisation.

Nous condamnons ce choix et la méthode censée le rendre possible.

Paris, le 14 janvier 2014

Article