Transition énergétique et P.P.E : face au lobby nucléaire, une politique en marche… à petits pas et à reculons

Communiqué du Collectif CHANTIER

Le Collectif Antinucléaire pour une Transition Immédiate vers les Énergies Renouvelables regroupe 11 organisations associatives, syndicales et politiques de Loire-Atlantique : Alternatiba Nantes, Attac 44, Comité Bure nantais, Ensemble ! 44, Europe Écologie Les Verts 44, GIGNV, La France Insoumise en Loire-Atlantique, Les Désobéissants, Rezé à Gauche Toute, Sortir du nucléaire Pays nantais et Union Départementale Solidaires 44.

Un recul d’au moins 10 ans sur la déjà timide transition énergétique a bien été acté lors de la présentation du Plan Pluriannuel de l’Énergie ce mardi 27 novembre 2018. Emmanuel Macron a confirmé le non respect de la Loi de Transition Énergétique de 2015 en reportant à 2035 le passage à 50% de nucléaire dans le mix électrique Français.

Ce recul sur le nucléaire implique un investissement démesuré, évalué à 100 milliards d’euros par la cour des comptes, pour le rafistolage des réacteurs vieillissants, retardant d’autant la progression des énergies renouvelables, puisque le budget alloué au développement de celles-ci ne dépassera pas les 7 à 8 milliards par an, nous faisant encore une fois rater la marche de l’histoire.

D’autant qu’à ces investissements, s’ajoutent la construction de nouveaux réacteurs souhaités par EDF et l’improbable projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure dont le coût est déjà évalué à 35 milliards d’euros.

Avec ses déclarations, le Président nie la volonté d’une majorité de français à réduire la part du nucléaire et semble oublier les difficultés économiques d’EDF, tout comme le risque croissant lié à la prolongation des centrales au-delà des 40 ans.

Car, contrairement à ce qu’affirme monsieur Macron, le nucléaire n’est pas une énergie à « bas coût ». Le coût de production du kilowatt/heure nucléaire ne cesse de grimper et dépasse déjà le coût de production de certains projets d’énergie renouvelable.

De même, le nucléaire n’a jamais été une énergie « fiable », les incidents et accidents réguliers, ainsi que les 1775 anomalies détectées lors de l’audit de 2016 ont largement démontré le contraire. Cependant, pas de panique : en cas d’accident nucléaire majeur, le préfet a à sa disposition 1,2 millions de comprimés d’iode qu’il pourra faire distribuer en 6h sur l’ensemble du département.

Quant à l’aspect « décarboné » de l’énergie nucléaire, il faut rappeler à monsieur Macron que, bien que le bilan carbone du nucléaire soit comparable à celui de certaines énergies renouvelables, l’émission de gaz à effet de serre est bien la moindre des atteintes à l’environnement commise par l’industrie électronucléaire.

Aucune annonce sur la réduction des émissions des principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre et sur la sobriété énergétique. Le recul des économies d’énergie, pourtant cruciales, est déjà prévu avec la division par deux dans le projet de loi 2019 du budget alloué au crédit d’impôt pour la transition énergétique. 

Cette annonce est à la fois le reniement de l’intérêt des populations et de la démocratie, et une preuve du manque de courage écologique du Champion de la Terre, qui s’enferme dans des effets d’annonces, des incohérences et des mesurettes et continue d’amplifier ainsi les colères qui montent.

Le 30 novembre 2018

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