Un Conseil Régional qui marque le virage à droite

Notre séance du Conseil francilien des 17 et 18 mars a marqué le tournant politique de la Région.

Sur le logement et les orientations budgétaires, Valérie Pécresse a imprimé sa marque, austère et tournant le dos aux intérêts des catégories populaires. Nous avions déjà vu son obsession sécuritaire et sa conception de l’emploi des jeunes, résumé en un grand plan pour… les stages. Un pas supplémentaire a été franchi.

L’ensemble des propositions soumises au vote en matière de logement aboutit à une conclusion : la nouvelle majorité entend mener une guerre contre le logement social. Au nom d’une prétendue lutte contre les ghettos, c’est la construction de logement social qui va être menacée. Il ne s’agit évidemment pas de s’en prendre aux ghettos de riches mais de livrer une chasse aux pauvres. Le mépris à l’égard des quartiers populaires, présentés de façon caricaturale et stigmatisante, fut édifiant sur les bancs de la droite mais aussi de l’extrême droite qui a salué à plusieurs reprises les mesures de Valérie Pécresse reprises du programme bleu marine.

Le respect de la loi SRU qui impose un minimum de 25 % de logements sociaux dans les villes n’est aucunement l’objectif de Valérie Pécresse. Les villes qui préfèrent payer des amendes que de construire des logements sociaux pourront continuer sans entrave. En revanche, la majorité régionale interdit désormais la construction de logements très sociaux (PLAI) dans les villes en comportant déjà 30%. Le résultat sera évidemment une pénurie croissante de logements sociaux. Or les demandes ne cessent d’augmenter, des milliers de familles franciliennes sont mal logées ou sans toit. Notre Région a besoin de construire massivement des logements sociaux pour répondre aux besoins émergents.

Pour ce faire, il faudrait aussi une autre politique budgétaire. Or le débat sur les orientations en la matière ne nous ont pas rassurés. C’est une logique d’austérité qui est à l’œuvre. Elle est imposée par le gouvernement Hollande/Valls mais décuplée sans vergogne par Valérie Pécresse. Ce choix aura des conséquences sur les politiques sociales et le soutien au monde associatif. Le Centre Hubertine Auclert, lieu ressource en matière d’égalité hommes/femmes, pourrait déjà en faire les frais puisqu’il est prévu de réduire de 30 % son budget. Un triste début.

Notre groupe, par la voix de Céline Malaisé, a valorisé d’autres choix possibles pour augmenter les recettes de la collectivité : TVA à 5,5 % pour les transports publics, réforme de la redevance pour la création de bureaux, augmentation significative du Versement transport sur certains territoires, augmentation de la contribution sur les parkings des grandes entreprises et des centres commerciaux… autant de perspectives sérieuses si l’on choisit d’aller chercher l’argent là où il se situe pour faire vivre la justice, l’égalité sociale et territoriale, les solidarités.

Clémentine Autain

 

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