Un, deux, trois… 12 avril !

Le 12 avril fut un succès, tant du point de vue numérique, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestant-es (sans doute deux fois plus que le 1er décembre), que de l’impact qu’il a su créer. Impact militant, impact médiatique. Une vraie réussite !

Bien sûr, pour bien des militant-es de gauche, c’était la première occasion d’une réponse à la nomination de Valls comme 1er ministre, nomination vécue comme une provocation. Non contente de faire une politique de droite, la « gauche anormale » est maintenant dotée d’un 1er ministre décomplexé, dont l’oreille tire à droite !

Plus essentiel : le 12 avril a réalisé un (premier mais réel) élargissement à d’autres forces – politiques, sociales, syndicales –  qui entendent participer avec le Front de Gauche à la construction d'une opposition de gauche à la politique d’austérité menée par le PS. Au delà de l'arc politique FdG, NPA, AL (notons un beau cortège d'Ensemble...), des associations engagées sur le terrain contre les effets désastreux de la politique gouvernementale étaient présentes (DAL, sans papiers, droits des femmes, défense de la santé...). Et, une présence très significative de forces syndicales (fédérations de la CGT, de Solidaires, syndicats de la FSU) montrait l'envie de celles-ci de se battre face aux effets des politiques d'austérité contre les salarié-es, dans un contexte général où le mouvement syndical, au plan confédéral, est insuffisament présent ou complice des attaques anti sociales. C’est là l’espoir de nouvelles convergences pour la construction d’une alternative de gauche.

Et nous savons – nous sommes bien placé.e.s à Ensemble ! pour le savoir – qu’il nous faut les construire, ces convergences, si nous voulons nous opposer à ce « pacte de responsabilité » qui provoque l’ire responsable.

C’est que ce sont 50 milliards qu’ils voudraient transférer des travailleurs/euses (qu’ils/elles soient salarié.e.s en activité ou sans emploi ou retraité.e.s) aux entreprises. Et, n’en doutons pas, la plus grande part sera versée en dividendes aux actionnaires. C’est cohérent avec l’état du monde, de la mondialisation capitaliste : 65 personnes possèdent autant que 3 milliards de pauvres hères… "Les Temps modernes" n’ont pas pris une ride, le fossé s’est même encore creusé !

Où trouver ces 50 milliards ? Tiens, pourquoi pas dans les services publics, la santé, la protection sociale… Et ça ne s’arrête pas là : ils nous promettent une baisse des impôts… ce qui sera sans doute, hélas, pris de façon positive tant la pression fiscale est pesante en l’absence de hausses des salaires… Alors que cette baisse bénéficiera d’abord sans aucun doute aux entreprises, et qu’elle signe la réduction des prestations sociales, des solidarités, et des coupes sombres dans les services publics. La prestation de Manuel Valls ce mercredi 16 avril sur France 2 le confirme, même s’il cherche à enrober son discours totalement libéral.

Au-delà de notre opposition résolue à cette politique, notre projet est de transformer la société. Si nous n’avons pas de modèle – après les désastres du siècle passé  – nous savons bien de quel côté il faut se diriger, à l’inverse des politiques libérales quand bien même elles se parent ou d’un discours usurpé de gauche.

Nous savons que pour construire une réelle alternative, il faudra une implication citoyenne de toutes et tous  – L’humain d’abord aujourd’hui et acteur de demain  – et donc construire un front social et politique qui rassemble autour d’un nouveau projet d’émancipation militants et militantes politiques, syndicales, associatives.

Le 12 avril, ce n’est qu’un début…

Monique Migneau et Jean Malifaud.

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