Un Petit Microbe...

Un petit microbe vient de mettre à genoux les Humains...

Un petit microbe vient de mettre à genoux les pays les plus riches de la Planète et leurs armées si puissamment armées n'ont rien pu faire,

Nous comptons les humains infectés, hospitalisés, placés en réanimation,

Nous comptons les personnes guéries et nous comptons les morts.

Un petit quelque chose , invisible à l’œil nu, microscopique, a fait sa loi...

Il vient de tout remettre en cause, en question.

Dans nos corps et dans nos têtes...

Il chamboule tout tel un éléphant dans un magasin de porcelaines.

Telle une boule dans un jeu de quilles, il renverse tout, il abat tout ce qu'il touche.

Il impose le cessez le feu dans les guerres, fait cesser les combats faute de combattants qui en viennent à se cacher.

Il arrête la vie économique, ralentit les bourses et les spéculateurs.

Il oblige les banquiers à se calfeutrer.

Il bloque les échéances électorales.

Il met à genoux les États, les institutions, les systèmes et structures les plus huilés.

Il ouvre en grand des vannes budgétaires que les décideurs ne voulaient pas ouvrir.

Il renverse les cours des matières premières.

Il bouscule et fait basculer les opinions publiques.

On n'a plus besoin de pétrole, on a besoin de masques médicaux, de blouses, de seringues, de respirateurs, de médicaments...

Il impose l'arrêt des transports.

Les avions restent au sol, les trains dans les gares et les voitures dans les garages, les camions sur les parkings.

Ce que des milliers de manifestants aux quatre coins de la Planète n'ont su obtenir après des mois de lutte, le microbe ouvre des brèches et des boulevards.

Le prix des carburants baisse, la pollution baisse...

A quoi servent les armes, les fusils, les chars, les bombardiers, la bombe atomique...

Quasiment 8 milliards de terriens tremblent, s'inquiètent pour eux ou pour leurs proches, leurs amis, leurs collègues, leurs voisins...

D'un coup 4 milliards d'habitants se retrouvent confinés, les autres s'auto-confinent.

Et voilà que le microbe perturbe les pensées, les actions, les repères...

Les gens s'aperçoivent qu'ils peuvent penser à autre chose qu'au travail, à courir faire leurs courses, à se taper 2 heures par jour sinon plus dans les transports.

Les gens commencent à voir qu'ils ont du temps pour eux.

Ils découvrent qu'ils ont des enfants, un conjoint.

Ils se mettent à reparler à leurs parents au téléphone, aux amis en visio-conférence.

Ils ont tellement de temps qu'ils ne savent plus quoi en faire.

Faire la classe à leurs enfants...

Lire, écouter de la musique, faire des exercices physiques à la maison.

Regarder le ciel par la fenêtre, la pluie, le soleil.

Entendre le silence, le champ des oiseaux, le bruit du vent dans les arbres au loin...

Les enfants ralentissent le rythme, restent en famille, prennent le temps d'écouter leurs parents.

Les parents chantent une chanson, racontent une histoire...

Le feu dans la cheminée brûle encore ce soir...

Le travail n'est plus une priorité.

Les voyages, les déplacements, les week-ends, les sorties au cinéma, théâtre ou les rendez-vous au restaurant ou au bar ne sont plus une norme, la norme... sociale. Faire mieux que le voisin, le collègue... Toujours plus... Madame, Monsieur plus...

 

Dans le silence retrouvé, nous nous retrouvons nous mêmes et réapprenons la valeur des mots: faiblesse, maladie, vulnérabilité, mais aussi solidarité, respect, une pensée pour les autres, pour son voisin, pour l'inconnu.

J'ai besoin des autres pour vivre...

Et d'un coup nous voilà à respecter les gens de peu, de rien mais qui sont si essentiels : les infirmières et aides-soignantes, les médecins et les internes, les brancardiers, les pompiers et les secouristes, les éboueurs, les livreurs de pizzas, l'épicière et le boucher, le poissonnier et le pêcheur, le paysan et le maraîcher, le vendeur de légumes et de fruits, la caissière du grand magasin, le chauffeur de camion et le conducteur du TGV qui emmène dans sa rame quelques malades pour être pris en charge et soignés à l'autre bout du pays..., l'ouvrier qui dans son usine fabrique des masques, des respirateurs, la pharmacienne qui produit du gel hydroalcoolique...

 

Voilà nous découvrons que nous sommes tous en fait sur le même bateau, ici ou à l'autre bout du monde, à l'ouest ou à l'est, au nord comme au sud, au niveau de l'équateur ou du cercle polaire. Même pour ceux, rares c'est vrai, qui sont quelque part dans l'espace à tourner autour de la Planète...

 

En fait ça ne sert vraiment plus à rien de vouloir écraser l'autre, les autres...

car on a besoin les uns des autres.

Nous avons besoin des autres, de tous les autres !

Tous Ensemble !

Les rayons des magasins se vident, les hôpitaux sont pleins.

Pleins de vie et de mort...

Pleins de pleurs et de chagrin, pleins d'espoir et de sourires.

L'argent n'a plus autant d'importance, on peut vivre sans faire les soldes, ou avoir le dernier téléphone à la mode, ou les dernières godasses au nom de la super-star.

Face au microbe invisible nous avons tous la même identité, pas besoin de passeport, de carte d'identité, de laisser passer, de carte vitale ou de carte bleue,

Les voitures de luxe sont à l'arrêt comme les vieux tas de ferraille rouillés.

Les riches villas sont confinées comme les masures ou les cages à lapin des quartiers populaires

Les animaux sauvages réinvestissent les rues des villes et des villages...

 

Quelques jours , quelques semaines, quelques mois ont suffi au microbe invisible pour tout bloquer, tout mettre à terre, pour rétablir les règles du jeu de la vie et de la mort sur la Terre.

La peur s'est répandue sur la Planète.

La peur a changé de camp. Il n'y a plus de camps face à la maladie, à la mort.

Les pauvres n'ont pas plus peur qu'hier mais la peur a gagné les riches et les puissants, les décideurs, les chefs, les dictateurs... même au fin fond de leur bunker ou du haut de leur tour d'ivoire... Écoutez les colères qui montent...

Ils comptent leurs sous, nous comptons nos morts. Nous vous avions prévenus.

 

Quelque part ce microbe et cette peur nous rappellent à notre humanité, nous montrent surtout à découvert nos faiblesses, nos vulnérabilités, nos mensonges ...

Nous n'avons qu'une seule Planète et c'est ici et pas ailleurs qu'il va falloir continuer à Vivre...

Le Microbe avait déjà tenté de s'imposer par le passé mais il n'y était jamais parvenu mais là il a réussi son coup justement parce que l'Homme est partout et qu'il ne peut plus fuir.

Il n'y a même plus d'îles désertes et les murs des propriétés privées même richissimes ne sont pas assez épais pour l'arrêter...

Il passe partout, vient de partout, se répand partout., s'installe et se reproduit, résiste...

Et il n'y a aucun traitement , aucun remède, aucun vaccin à acheter même à prix d'or...

Le microbe peut s'infiltrer partout. Impossible de faire un copier-coller de son propre double pour se cacher... S’il le veut il peut vous trouver et vous toucher. Et s’il vous touche, il s'installe bien au chaud...et se développe en vous...

Sa faiblesse c'est qu'il ne tue pas tout le monde...

Peut-être pour faire entendre son message...

La nature est la plus forte et force restera à sa loi naturelle, éternelle...

Les guerres, les drames comme Tchernobyl, les tempêtes, les ouragans les typhons, les tremblements de terre, les tsunamis, les inondations, les incendies gigantesques, le dérèglement climatique, le réchauffement des températures ne vous avaient pas suffi …

Alors le microbe est arrivé...

Oh ce n'est pas la première fois qu'il se présente. Il a tenté déjà à maintes reprises de s'installer, mais là il a su s'imposer aux yeux du monde, du monde entier...

Et vous ne pouvez plus fuir...

Il a donc suffi de quelques semaines pour qu'il révèle les faiblesses des hommes, les faiblesses des puissants, la faiblesse des Puissances, des États et des Entreprises, de la Bourse et des Paradis Fiscaux...

Pour qu'il révèle à la fois les bassesses de ceux qui continuent à se comporter comme « les saigneurs » du Moyen-âge ou au Far-West ou dans les jungles les plus infectes et crapuleuses, de ceux qui continuent à mentir pour tenter de conserver un bout de pouvoir et surtout leur fric...

Vous pouvez compter vos sous, nous comptons nos morts...

Mais aussi pour que se révèlent le meilleur de l'être humain, les forces et les solidarités humaines, l'inventivité, l'imagination et la créativité de celles et ceux qui ne sont rien mais qui sont tout, essentiels à la vie.

 

Il a suffi de quelques jours pour que les hommes se reprennent à rêver, à penser, à réfléchir, à philosopher sur le sens de la vie, de leur vie...

Que fais-je donc sur cette Terre, la vie ça sert à quoi ?

Est-ce que ça vaut la peine de vivre comme ça... et si on vivait autrement, mieux...

Oui je ne suis que chair et poussières.

Je ne suis qu'un souffle de vent... Je ne suis juste que de passage sur cette Terre.

Écoute le bruit du vent dans les grands arbres,

Que pouvons-nous face à ce microbe, qui sommes-nous... ?

Que vaut une vie humaine sur un lit d'Hôpital, malgré les soins des médecins et des infirmières, malgré les technologies les plus récentes, les connaissances les plus larges et profondes ?

Que vaut un corps dans un cercueil...

Les survivants nous diront... et nous pleurerons nos morts.

A l'évidence, nous ne passerons pas plus de temps sur terre, et nous finirons tous par mourir... Six pieds sous terre ou incinérés... un dernier choix!

Nous n'avons qu'une Planète et la vie y est fragile...

Il est temps de s'interroger sur notre futur commun qui commence aujourd'hui...

Méditons, réfléchissons, imaginons, construisons ce nouvel avenir...

Nous sommes encore vivants...

Le Poète a écrit : «  Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

Nous sommes vivants : Luttons !

Ensemble Finistère !

9 avril 2020

Blog
Auteur: 
Dom-PenArBed-29