Une journée de campagne dans l'Ouest...

En ce jour de grève de la fonction publique contre le gel du point d’indice, Myriam Martin et Xavier Compain, ont tout naturellement, pour commencer leur journée, trouvé place dans le cortège des 1500 manifestants qui ont défilé dans les rues ensoleillées de Saint-Nazaire.

A l’heure du déjeuner, les deux têtes de liste Front de gauche de la circonscription Ouest ont pu échanger avec une vingtaine de personnes, grévistes et/ou militants, à la Maison des associations. Plusieurs d’entre elles ont déploré l’abstention qui semble se dessiner, n’ayant plus foi dans aucun parti. Myriam a alors insisté sur la nécessité de poursuivre la construction de notre outil pour donner une perspective politique aux luttes sociales qui en manquent terriblement, cette perspective ne pouvant en aucun cas être incarnée par le FN, « qui n’appelait d’ailleurs pas à la grève aujourd’hui », a encore malicieusement souligné Myriam Martin.

L’après-midi, à Rezé dans la proche banlieue de Nantes, les deux têtes de liste rencontraient une délégation d’une dizaine d’intermittents du spectacle parfois organisés en collectif de survie, qu’ils soient syndiqués ou pas. Metteurs en scène, auteurs, comédiens, techniciens, artistes de cirque étaient venus exposer leurs difficultés à faire vivre la culture avec l’épée de Damoclès qui, en permanence, menace leur statut, dénonçant au passage la trahison du gouvernement dont les membres les avaient soutenus en 2003, lors de leur dernière grande lutte. Mais les obstacles sont aussi liés aux restrictions budgétaires constatées partout, y compris à Nantes où une résidence d’artistes vient encore de fermer.

Myriam Martin qui leur a apporté son soutien, a dénoncé cette « logique libérale qui fait que rien n’a d’importance si ce n’est pas immédiatement palpable, si ça ne rapporte pas d’argent ».

Pour lancer le meeting du soir à la Trocadière (Rezé) devant 500 personnes, Eric, Pascal et Michel, salariés de la Seita à Carquefou, tout près de là, sont venus exprimer leur totale indignation face à l’attitude des dirigeants de leur usine qui préfèrent verser 600 millions d’euros à leurs actionnaires (en 2013) plutôt que sauver leurs emplois qui ne seraient « pas assez rentables » pour les délocaliser en Pologne.

Tour à tour, ont ensuite pris la parole, Christian Piquet (Gauche unitaire), Marie-Claude Robin, Nazairienne, syndicaliste à la Poste (n° 5 sur la liste), Xavier Compain (PCF), Pascale Le Néouannic (Parti de gauche), Alain Bergeot (République et socialisme, 6e sur la liste), Eliane Assassi (sénatrice PCF) et enfin Myriam Martin qui a commencé son discours par saluer la lutte des salariés de la Seita ainsi que celle des intermittents et par un vibrant hommage aux mineurs turcs morts au travail deux jours plus tôt.

La n°1 de la liste a ensuite dénoncé les dirigeants socialistes européens qui, comme ceux de droite, « nous mentent, parce que se sont eux qui décident mais se cachent derrière la commission ». Myriam Martin a également une nouvelle fois tenté de démystifier le discours du FN « qui ne défend pas le camp des travailleurs », rappelant que ce parti d’extrême droite s’était par exemple prononcé contre un smic européen encourageant de fait la concurrence du tous contre tous. Pour le Front de gauche, une politique sociale, doit être concrète. « Nous ne voulons plus payer les dettes de nos pays sans au moins avoir obtenu un moratoire dont on connaît d’avance le résultat (…) Il faut refonder l’euro, qu’il soit une monnaie au service des peuples. La BCE ne doit plus être indépendante (...) 57 ans après le traité de Rome on en est encore à entendre qu’il faudrait construire l’Europe sociale. Oui, il serait temps en effet. Ceux qui ne mènent pas ce combat sont des capitulards », a lancé Myriam.

Elle n'a bien sûr pas non plus éludé les questions écologiques. « Leur Europe n’est pas écologique alors qu’il y urgence. Même si ça fait encore débat entre nous, au Front de gauche, je me prononce contre les grands projets inutiles comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et je suis pour engager, au plus vite, la sortie du nucléaire. » Positions largement applaudies même si elle n’ont pas fait l’unanimité.

A 23 h, le meeting pouvait s’achever comme il avait commencé, par un mini-concert de La Génisse dans le Maïs, un sympathique groupe nantais.

Bruno Jacer

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