Université d’automne : on discutera aussi des luttes et du syndicalisme !

Il faut s’inscrire à l’Université d’automne ! Elle commence le 28 octobre à la veille des vacances, jusqu’au 31.

Parmi les débats préparés, la question des grandes (ou moins grandes) luttes populaires et leurs effets historiques sera posée. Le centenaire d’Octobre 1917 est en effet l’occasion d’approfondir plusieurs interrogations sur la portée émancipatrice des mouvements sociaux. Sous plusieurs angles. Michèle Riot-Sarcey, historienne spécialisée sur les moments révolutionnaires du 19ème siècle et le féminisme, et qui a travaillé sur le rapport entre jaillissement populaire, moments de libertés et émancipation (cf : son livre : Le procès de la liberté, débattu l’an dernier), prévoit de prolonger cette réflexion au sujet du 20ème siècle. Il y a de quoi faire ! Et l’historienne Michèle Zancarini-Fournel viendra présenter son livre (Les luttes et les rêves, une Histoire populaire de la France), celle des classes populaires et des opprimé.e.s de tous ordres, « l’histoire des multiples vécus d’hommes et de femmes, de leurs résistances à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, l’histoire de leurs luttes et de leurs rêves ». Deux moments, deux regards d’historiennes donc !

Une question cruciale-disons stratégique- sera aussi posée dans un atelier : pourquoi les grands moments de mobilisations, y compris les grèves générales, les expériences d’auto-organisation parfois très avancées, buttent sur un problème : celui du pouvoir politique central. Ce problème n’est jamais posé en général par les mouvements eux-mêmes comme exigence. Il ne semble pas y avoir un désir de « prendre le pouvoir » par les classes populaires. Ce qui pose la question ô combien délicate du rôle des partis en rapport aux mouvements de luttes de tous types, qui expriment de grandes exigences hautement politiques, des aspirations et de riches inventions sociales, mais hésitent à franchir le fossé qui les séparent du pouvoir proprement dit. Et lorsque des révolutions ont quand même eu lieu, certains les traitent alors de « putsch » ! Ou de prise du pouvoir par des forces détachées du mouvement populaire. Octobre 17 n’échappe pas à cette dénonciation, on le sait...

Enfin, parler des luttes, c’est aussi s’interroger sur celles du temps présent. Et donc des organisations de luttes que sont les syndicats, qui se laissent parfois oublier quand ils sont passifs, quand ils agissent peu ou semblent décalés dans le débat public (exemple : le premier semestre de 2017, dans une présidentielle hors norme). Mais on a vu en 2016 que les syndicats unis sont encore capables d’occuper la scène centrale, de jouer un rôle d’opposition politique de fait, d’entrainer du monde, d’accepter les nouveautés qui dérangent  (Nuit Debout),  malgré d’énormes difficultés et une impression de décalage vis-à-vis de la jeunesse, des nouvelles couches salariées précarisées et parfois révoltées, mais plutôt branchées sur les réseaux sociaux que sur la pris de cartes syndicales. Quels sont donc les grands problèmes actuels du syndicalisme ? On peut lister : comment vaincre les divisions ? est-ce que le fossé entre syndicalisme de lutte et d’accompagnement est indépassable ? Ne voit-on pas un vent de fronde dans la CFDT ? Autre question : l’indépendances, la fameuse Charte d’Amiens de 1906 règle-t-elle pour l’éternité les rapports entre luttes sociales et partis politiques ? La séparation est-elle nécessaire ? Peut-on inventer des lieux et des formes d’échanges sans hiérarchie entre ce qu’apportent le syndicalisme, les associations, et le monde politique proprement dit ?

Voilà quelques-uns des sujets, ayant trait aux luttes sociales, qui seront abordées à la Colle sur Loup, dans les Alpes Maritimes, et dans la bonne humeur. Nous avons besoin de ces moments de recul sur l’actualité. Inscrivez-vous !

Jean-Claude Mamet

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