Vivre sous l'état d'urgence?

Vivre sous l'état d'urgence

Babakar Gueye, jeune sénégalais de 27 ans a été tué par la BAC dans la nuit du 2 au 3 décembre. A 500 m de chez moi, dans le quartier de Maurepas à Rennes. Hébergé par un ami, il s'est réveillé dans la nuit pris d'une crise d'angoisse, son ami a réussi à le calmer une première fois. Après s'être rendormi, une nouvelle crise d'angoisse le réveille, il se saisi d'un couteau à pain, tente de se mutiler, blesse son ami qui avertit alors les pompiers.
C'est la BAC qui intervient, et face à cet homme armé d'un couteau à pain, les policiers n'ont pas hésité à lui tirer 5 balles dans le corps.
Une enquête est ouverte sur les conditions de l'usage des armes par les fonctionnaires de police.

Mercredi soir, j'étais au rassemblement de soutien aux assignés. 5 jeunes dont la participation à des manifestations où des heurts avec la police se sont déroulés n'est même pas prouvée, sont obligés de pointer au commissariat 3 fois par jour et sont assigné chez eux de 20h à 6h. Nous étions entre 200 et 300 personnes présentes. Pas moins de 13 cars cars de CRS étaient mobilisés.

Dans les collèges, des opérations de confinement des élèves se mettent en place. On demande aux profs de garder les élèves pendant deux heures non stop dans des salles de classe sans qu'ils puissent sortir. D'habitude on fait un exercice incendie, là c'est autre chose.

Nous faire vivre dans un climat de peur devient insupportable. L'exigence de la levée de l'état d'urgence doit prendre de la force. 130 personnes se sont réunies jeudi soir à Rennes à l'appel du PG, d'AL, d'Ensemble, de la FA, du Parti Pirate, du NPA, de Nouvelle Donne. Plusieurs associations ont participé à l'AG, Mouvement de la Paix, AFPS, Mrap, Acrimed...Un cadre collectif est mis en place et inscrit son action dans la durée. Des initiatives sont en cours de préparation.
Samedi on manifestera en soutien à la famille de Babakar. Puis on rejoindra la manifestation de soutien aux migrants, et aux demandeurs d'asile.
Au delà des appels d’organisations, il faut maintenant prendre l'initiative d'une pétition nationale demandant la levée de l'état d'urgence.

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Auteur: 
Sylvie Larue