Voter contre Le Pen et reprendre l'initiative

J'ai regardé, samedi soir, le documentaire de Florence Joshua et Bernard Boespflug, "Nous vengerons nos pères" (horaires et bande annonce ici :https://www.publicsenat.fr/emission/nous-vengerons-nos-peres-58089 ), qui décrit les ressorts de l'engagement militant de quelques uns d'entre nous, au cours des années 60. Un peu plus jeune, mais guère, que les interviewés, je me reconnais parfaitement dans le fait que l'antifascisme a joué un rôle déterminant dans mon engagement et n'a jamais fait défaut, comme élément d'analyse, voire comme pierre de touche.
Ce que j'en retire aujourd'hui c'est que nous avons toujours compris qu'on luttait contre le fascisme, par tous les moyens, de la résistance armée au bulletin de vote, en passant par l'organisation des luttes politiques et sociales , au quotidien.
Que, comme l'écrit Umberto Eco, "on peut jouer au fascisme de 1000 façons, sans que jamais le nom du jeu ne change" et qu'ainsi, le FN de Marine Le Pen peut, entre autres qualificatifs, être décrit comme fasciste.
Que le rôle du fascisme a toujours été d'écraser le mouvement ouvrier, de le diviser, de promouvoir le racisme, l'anti-sémitisme etc, et donc, qu'il n'est pas indifférent de lutter et militer sous un gouvernement fasciste ou non.
Il en résulte, pour moi, que MLP doit être battue, le plus nettement possible, le plus massivement. Que le fait même qu'elle soit au second tour avec 21,5% des voix, plus que le FN de 2002 à l'issue du second tour, que l'ensemble de la presse puisse envisager sans trembler un score fasciste à 38/40% comme une banalité devrait nous engager dans la mobilisation la plus puissante.
A ceux de nos camarades, d'Ensemble ou d'ailleurs, qui pensent que Macron fera le lit du FN dans 5 ans, je répondrai : peut-être, mais dans 5 ans, pas demain matin. Nous avons alors 5 ans pour conjurer ce destin qui n'est pas fatal, pour lutter pour la reconquête de l'hégémonie et pour contribuer à créer les conditions d'un renouveau organisationnel de la gauche, si l'on veut garder ce mot, ou plus généralement de tous ceux qui se sont reconnus dans les thèmes de la campagne de JLM.
Alors oui, le mot d'ordre est simple (à dire, même si par bien des aspects il nous tord le nez) : nous voterons contre Marine Le Pen. Ni plus, ni moins.
Une fois dit ceci, clairement posé, nous commençons à mener campagne contre les projets et l'orientation de Macron, pied à pied, dès le 1er Mai, et en capitalisant sur toutes les expériences positives. La campagne de JLM est terminée, le cadre change, en avant !
No pasaran !

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Auteur: 
Dargel