ZEP, on n'est pas des moins que rien !

A propos de la situation des Lycées ZEP, une lettre ouverte à la Ministre de l'Education de la part d'une élève de seconde, Miléna Arvois, élève de seconde, Marseille.

A Madame Najat Vallaud-Belkacem,

Madame la ministre de l'éducation nationale,

Je m'appelle Miléna Arvois, je suis en seconde à Marseille. Je me permets de vous contacter aujourd'hui à l'aide d'une lettre ouverte car je ne supportais plus mon impuissance face à la colère de ma mère, Emmanuelle Johsua, professeure au lycée professionnel de l'Estaque ainsi que celle de ses collègues.

En effet ma mère ainsi que de nombreux personnels des lycées ZEP marseillais sont en grève depuis le 3 janvier 2017, donc depuis la rentrée, en raison de la suppression dans toute la France du sigle ZEP pour tous les lycées de France. Depuis le 3 janvier des actions sont menées à Marseille mais aussi dans d'autres endroits de la France pour ne pas perdre le peu qu'il leur reste d'avenir. Aucune couverture médiatique nationale n'a été faite alors que c'est un mouvement fort. Ces lycées, et vous devez sûrement le savoir, sont des lycées durs et parfois violents. Les conditions sont extrêmement difficiles et il faut y être préparés. Pourtant les personnels et le corps enseignant de ces lycées continuent à travailler, à être là pour les élèves, à leur proposer des projets et à tout faire pour que ces élèves, souvent de milieux défavorisés, puissent progresser, avancer et réussir. Les personnels et le corps enseignant de ces lycées ont la force de croire en la jeunesse et en toutes les jeunesses de ce pays. Et les ZEP contribuent à cela. Les financements donnent à certains la chance de pouvoir voyager pour la première fois ou alors de créer des projets qui ouvrent l'esprit. Les demis-groupes permettent de travailler dans de biens meilleures conditions. Sans cela, les conditions de travail seraient beaucoup trop difficiles. Sans cela, ces élèves seraient totalement abandonnés.

C'est pourquoi aujourd'hui Madame la Ministre, moi, Miléna, fille de professeure d'un lycée des quartiers nord de Marseille, élève en lycée et ancienne élève de REP+, je vous prie de ne pas rendre les choses plus difficiles. Je vous demande de ne pas ajouter de la violence à la violence. Donnez une chance d'avenir à ces élèves comme vous le revendiquez. Peut-être que je ne mesure pas tout ce qui vous conduit à ce mépris, mais je sais et je le sais de tout mon cœur que ce refus de garantir le bon-vivre de ces Lycées rendra cet avenir bien trop incertain, qu'enseigner dans des classes de plus de trente élèves sera pour les professeurs et les personnels un parcours du combattant. Je vous demande de toute mon âme de contribuer à donner à ces élèves les meilleures chances de réussite et à ces enseignants le droit d'enseigner dans des conditions dignes et saines.

Je vous pris d'agréer Madame, mes salutations les plus distinguées.

Miléna Arvois, élève en classe de seconde, Marseille

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Auteur: 
Samy Johsua